On le sait, pour fêter la fin de l’année scolaire, il n’est pas rare que les écoles organisent l’une ou l’autre activité extra-scolaire après les examens. Il y a quelques jours, nous apprenions que le Lycée de Namur avait proposé un voyage à Disneyland-Paris à ses élèves de 6e année primaire. Coût : 175 euros pour deux jours.
Se priver peut-être de l’essentiel
Certains parents s’étaient alors offusqués de ce montant dans la presse régionale, ne comprenant pas pourquoi l’école n’avait pas opté pour une sortie plus pédagogique… mais surtout plus démocratique : des parents n’avaient tout simplement pas les moyens d’offrir ce plaisir à leur enfant. La directrice de l’école avait alors expliqué que ce petit voyage avait été promis aux enfants par son prédécesseur et qu’elle n’avait pas eu le cœur de les décevoir.
Interpellé par cette malheureusement initiative, le député namurois Stéphane Hazée a souhaité interroger la Ministre de l’Enseignement obligatoire en Commission de l’Éducation. « Si la décision d’organiser un voyage de ce type et à ce prix relève bien évidemment du choix d’une école et donc de l’autonomie de son équipe pédagogique et de direction, je suis néanmoins très étonné qu’une telle demande de contribution soit tout simplement possible et je souhaite vous entendre à ce propos. Je pourrais m’interroger sur l’intérêt pédagogique d’une telle excursion, mais je m’en tiendrai au prix demandé. Une série de parents seront évidemment dans l’impossibilité de donner une telle somme. D’autres n’oseront pas décliner la proposition et devront peut-être se priver de l’essentiel pour y répondre. »
Et Stéphane Hazée de s’interroger : « Quelles sont les règles en la matière ? Pourquoi ne pas fixer un plafond pour l’ensemble des frais autorisés, non seulement les frais obligatoires mais aussi les frais liés à des activités facultatives ? Au-delà des règles, n’y aurait-t-il pas des limites de bon sens à faire respecter par les directions des établissements scolaires afin que les excursions soient motivées à l’aune d’objectifs pédagogiques mais également dans certaines limites financières ? »
La ministre réfléchit à une piste…
Pour Marie-Dominique Simonet, l’école n’était pas tenue de respecter les 90% de participants ni de justifier un éventuel objectif pédagogique… puisque l’excursion ne dépassait pas cinq jours. Elle a néanmoins affirmé comprendre le malaise de son collègue, ayant elle-même été interpellée par la somme demandée à ces enfants. A ses yeux, une solution serait peut-être de faire appliquer la circulaire même pour une durée inférieure à cinq jours. « La circulaire sur les classes de dépaysement ne s’applique pas au cas présent ni à ce type de situation. Je trouve néanmoins que des activités même d’une seule journée devraient respecter le taux minimal de participation dès lors qu’elles ont lieu durant le temps scolaire. »
Mais pour ce qui est des montants réclamés, la ministre se sait impuissante.
Même si ce montant est exagéré, il me semble difficile de préciser un plafond par décret ou circulaire. Chaque cas est particulier, certains projets portés par des équipes pédagogiques sont excellents. Je pense à des voyages lointains et structurants organisés dans l’enseignement secondaire, qui mettent l’accent sur les liens entre pays du Sud et du Nord. Il serait inutilement contraignant de fixer des limites. En outre, ce serait empiéter sur la liberté pédagogique et l’autonomie des pouvoirs organisateurs.
Une circulaire sera cependant envoyée à la rentrée, qui précisera à nouveau aux écoles leurs obligations en matière d’organisation de voyages scolaires et clarifiera les frais autorisés, qu’ils soient facultatifs ou obligatoires. « Je mandaterai aussi expressément les vérificateurs et les inspecteurs des activités auxiliaires d’éducation pour contrôler le respect de cette circulaire. »
Une balade en vélo et ensuite un barbecue avec les élèves, c’est sympa ! Surtout dans mon cas où je travaille dans un milieu défavorisé !
Dans la deuxième école de mon PO, les élèves et leurs institutrices partent également 2 jours à Disneyland à la fin de l’année scolaire… Mais durant l’année, ils prévoient divers projets avec leurs élèves pour récolter l’argent nécessaire à ce voyage. Les parents sont toujours aux anges, les enfants aussi et les institutrices heureuses d’avoir pu partager ce moment de détente et de plaisir avec les élèves qui passeront dans le secondaire l’année suivante… C’est l’aboutissement d’un projet qui a duré toute une année… Et c’est également de merveilleux souvenirs pour tous je pense…
Rectification, ils partent 1 jour et paient 30€ par enfant… C’est vrai que pour 2 jours, 175€ cela me paraît un peu exagéré…
Je pense que dans certaines écoles avec une population plus aisée, il n’y aurait jamais eu de problèmes. On doit donc se poser la question : « Pourquoi certains élèves peuvent se permettre de partir en excursion n’importe où et pour de plus longues durées alors que dans certaines écoles, les parents d’élèves demandent pour payer les 5€ de la sortie le mois suivant ? » C’est injuste et c’est à l’état de lutter contre ces inégalités en répartissant mieux l’argent.
Dans l’école où j’étais, il y avait 150 élèves et seulement 1000€ de budget sortie pour toute l’école et toute l’année. Faites les comptes : pas beaucoup d’argent pour des voyages, des sorties, des excursions ou des visites.
J’ai trouvé plus fort : mon fils de 5eme primaire est parti 2 jours à Londres pour la modique somme de 200 € sans qu’aucun detail des frais nous soit donné, ni le prix du bus, ni le prix de l’hôtel ou des sorties… si ça ce n’est pas de l’abus!
à Jocelyne Delbart,
Personnellement, je trouverais anormal que les profs paient alors qu’ils travaillent durant ces excursions. Apparemment, ma direction partage cet avis : c’est l’école qui prend en charge les frais pour les enseignants, pas les élèves (ce que je trouve normal aussi.)
A Cindy M : je travaille dans une école à population majoritairement aisée. Autrefois, nous organisions une journée à Eurodisney : les parents ont trouvé, à juste titre, que c’était trop cher et qu’ils ne pouvaient assurer cette somme élevée quand ils avaient plusieurs enfants. Ce prix est définitivement trop élevé selon moi.
Dans une école de ma commune, ce sont les 3e maternelles qui partent à Disneyland 3 jours pour 195€.
Je ne vois pas d’intérêt pédagogique dans cette démarche.
Pour ces petits, 3 jours à la ferme à quelques km seraient aussi dépaysants et agréables.
Quant à l’intervention financière des profs pour les activités, elle est très discutable. D’une part ceux-ci sont 24h/24 au boulot et d’autre part c’est dans le cadre du travail.