Ils l’avaient dit. Ils l’ont fait. Marie-Eve Caprasse, maman de Justin, 14 ans, un jeune trisomique fréquentant l’école d’enseignement spécialisé de Geer (Liège), a réussi à, mobiliser une trentaine de personnes ce dimanche matin, à l’entrée du parc Plopsa Coo, à Stavelot. Pendant trois heures, bravant une météo capricieuse, les manifestants ont interpellé les visiteurs du parc en leur distribuant tracts et bracelets rouges (environ 500). Sur ces derniers, les organisateurs avaient ajouté la mention « Boycottons la différence ». L’histoire est connue : il y a quelques semaines, Justin et ses copains de l’école étaient partis vivre une journée d’aventures au parc d’attractions, comme le font des milliers d’enfants en cette période de l’année. Mais sur place, les animateurs du parc ont identifié trois enfants trisomiques au sein du groupe – dont Justin – à qui ils ont interdit l’accès à certaines attractions, pour des raisons de sécurité, via le port de ce fameux bracelet rouge. Une attitude que les enseignants, qui accompagnaient leurs élèves, n’ont pas compris, pointant que tous les autres enfants du groupe étaient aussi « différents » et qu’il n’était pas correct de les stigmatiser ainsi. A leurs yeux, il s’agissait donc d’un délit de faciès. « Les responsables évoquent une question de sécurité. Mais si tel est le cas, il en va de la sécurité de tous nos enfants, différents ou non. »
Juger les enfants sur leurs capacités… et non leur handicap
Marie-Eve Caprasse et ses amis ne souhaitent finalement qu’une seule chose : que les enfants soient jugés sur leurs capacités et non sur leur handicap, supposé ou non. Des capacités que les enseignants, parents et accompagnateurs devraient être les seuls à pouvoir évaluer. « Je suis enseignante et je pense à certains enfants « normaux » à qui je ferais moins confiance qu’a Justin et ses copines trisomiques. » Et de pointer que les autres parcs d’attractions ne pratiquent pas cette discrimination, offrant même parfois des pass et des facilités pour les personnes handicapées.
Le député Matthieu Daele était présent
Le dossier est maintenant entre les mains du Centre pour l’Égalité des chances – qui avait déjà reçu des dizaines de plaintes similaires – qui devra travailler avec les responsables de Plopsa Coo. Ces derniers se disent prêts à faire avancer les choses… mais pour l’heure, rien n’a encore été fait. L’affaire est aussi remonté jusqu’au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 12 juin dernier, la Ministre de l’Égalité des chances, la socialiste Fadila Laanan, était interrogée par Matthieu Daele (Ecolo) qui regrettait de devoir rappeler qu’il existe un « droit aux loisirs » pour les personnes handicapées et et que tous les gestionnaires de parcs doivent s’y conformer. Le député qui avait aussi fait le déplacement à Coo pour soutenir les parents et enseignants dans leur combat.
Enseignons.be était également présent. Parce que des valeurs comme l’ouverture à l’autre… et le respect de l’autre méritent bien cet engagement. Une pétition est aussi en ligne et qui sera bientôt envoyée à la Ministre de l’Égalité des chances. Plop et tes amis, prenez garde…
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