Le Ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) l’avait promis : il allait enfin entamer cette réforme de la formation initiale des enseignants que toutes les études – nationales et internationales – et les observations des acteurs de l’enseignement estiment nécessaire. Le ministre socialiste avait même, l’an dernier, commandé une vaste enquête au Centre d’études sociologiques des Facultés Saint-Louis, qui était chargé de mener une évaluation sur le terrain, en allant à la rencontre de tous les acteurs de la formation initiale des enseignants (maîtres-assistants en HE, maîtres des stage, étudiants, enseignants, inspecteurs, etc.). Objectif : dessiner un panorama des principales perceptions de la formation initiale par les personnes directement concernées. Les conclusions étaient attendues avec impatience… mais n’ont hélas pas surpris grand monde : la formation actuelle est jugée insuffisante, certaines compétences indispensables sur le terrain (pédagogie différenciée, techniques de remédiation, détection des troubles de l’apprentissage, etc.) ne sont qu’effleurées, le programme actuel est lourd et mal réparti, les stages trop rares… Il fallait agir! Mais cinq mois plus tard, plus personne ne parle de l’allongement progressif de la formation initiale des enseignants… et ce malgré qu’elle soit inscrite noir sur blanc dans la déclaration de politique Communautaire. Partenaire du PS et du CDH à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ecolo tire la sonnette d’alarme. Pour les Verts, il est déjà possible d’avancer sans tarder sur quatre priorités mises en évidence par le rapport des Facultés Saint-Louis. Et ces dernières ont en plus l’avantage d’être peu coûteuses.
Le tutorat ne se décrétera pas
1. Accompagner les jeunes profs : le métier d’enseignant est une des rares professions où il faut être opérationnel du jour au lendemain, sans entrée en fonction progressive et accompagnée. Souvent seuls et mal outillés en début de carrière, les jeunes profs sont nombreux à tout plaquer avant d’avoir fêté leurs cinq ans de carrière. Ecolo sait que le tutorat ne pourra se décréter et s’imposer sur le terrain. Mais le gouvernement doit créer les conditions pour que des initiatives d’accompagnement des jeunes enseignants puissent se développer dans les écoles. Comment? En proposant des formations d’enseignants-relais, outillés pour développer dans leur école un dispositif d’accompagnement adapté, par exemple… ou en offrant une information et un soutien aux directions d’établissement pour mettre sur pied des projets.
2. Favoriser l’émergence d’un vivier de formateurs : point de bonne formation initiale sans formateurs de qualité… D’où l’importance de veiller à ce que leur formation s’ancre davantage dans l’expérience du terrain. Ecolo suggère également de former et de reconnaître le statut des maîtres de stage.
Valoriser l’expérience des enseignants sur le terrain
3. Renforcer la recherche : les verts souhaitent favoriser la rencontre entre tous les acteurs de l’enseignement : chercheurs, enseignants, étudiants. L’expertise des uns serait complémentaire à l’expérience des autres.
4. Articuler à la réforme de la formation initiale celle de la formation en cours de carrière : penser aux enseignants de demain est positif. Ne pas oublier ceux qui sont déjà devant leurs classes est encore mieux. Ecolo ne peut concevoir qu’on attente de boucler la réforme de la formation initiale avant de réfléchir à une refonte de la formation continuée. Le parti propose de favoriser les modules intégrés plutôt que les formations à la journée, d’organiser des formations longues (remboursées) durant les grandes vacances, de diversifier et différencier l’offre en fonction des différentes étapes de la carrière et des différentes « portes d’entrée » dans le métier, de valoriser davantage l’expérience des enseignants de terrain…
Venez sur les terrains s.v.p. ! Ces propositions n’apporteront rien comme résultat, sauf celles concernant la formation continuée.
De nombreux enseignants vont à ces 3 jours (de M.Nollet) avec des pieds de plomb.
En maternelle (ancienne gardienne lol) et primaire, ce sont les parents qui ont des soucis de garde pendant ces 3 jours.
Bien d’accord : des gesticulations de politiques, juste avant des élections…
Etonnant ce que vous dites, quand on lit le rapport de l’IFC, les participants ont l’air très contents.
http://www.ifc.cfwb.be/default.asp?pagetg=docref