Cantines scolaires : vers une alimentation saine, durable et équilibrée

cantineLa Ministre de l’Enseignement obligatoire l’avait promis, en avril dernier : elle allait bannir les sucreries, sodas et autres burgers de toutes les écoles d’ici 2015. Bon, l’idée n’était pas vraiment neuve puisque Marie Arena l’avait déjà défendue à l’époque. La pression des limonadiers et des chefs d’établissement – qui tirent aussi de juteux bénéfices de la vente de sucreries – avait cependant eu raison des ambitions ministérielles. Mais qu’à cela ne tienne, Marie-Dominique Simonet, surfant sur la publicité faite autour du rapport de l’ONU défendu par le Belge Olivier De Schutter (UCL), allait enfin s’attaquer à la malbouffe dans les écoles.

Ne pas stigmatiser… mais encourager

Pas question cependant de jouer les Don Quichotte, au risque de s’y casser les dents. Prudente, la Liégeoise prévoyait alors une disparition graduelle des aliments trop gras ou trop sucrés dans nos écoles. Avec ses collègues du Gouvernement, Fadila Laanan (PS), en charge de la santé et Jean-Marc Nollet (Ecolo) Ministre de l’Enfance et du Développement durable à la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle allait s’attaquer à l’élaboration d’un cahier des charges pour les opérateurs de cantines scolaires. Objectif : encourager les bonnes pratiques et inciter les cantines à privilégier une alimentation équilibrée, saine et durable, en favorisant les circuits courts notamment.

Ce cahier des charges est à présent disponible et a été envoyé à toutes les écoles, tous réseaux confondus, et à toutes les structures accueillant des enfants. Non contraignant, il vise à donner des pistes, des astuces… pour cuisiner des repas équilibrée, proposer une présentation attirante, etc.

Bien sûr, les fruits et légumes sont mis à l’honneur. Il est également conseillé de privilégier des préparations peu sucrées et peu salées et/ou moins grasses. Le cahier suggère de proposer des légumineuses au moins deux fois par mois.  Les produits locaux et issus de l’agriculture biologique ne sont pas oubliés, et ce dans la perspective d’une alimentation durable. Les responsables de nos cantines sont aussi invités à respecter les apports nutritionnels recommandés par jour pour nos élèves, garçons et filles.

Les formations ne sont pas oubliées

Bon point : un accompagnement personnalisé et des formations sont proposés tant aux membres du personnel de cuisine des structures qui préparent elles-mêmes les repas de midi qu’à ceux qui font appel à des fournisseurs.

Ce document est un outil précieux pour tous ceux qui cherchent à améliorer les menus proposés aux enfants. Et il y a du travail! Souvenez-vous : un rapport sur « l’état des lieux des pratiques et de l’organisation des cantines scolaires » en 2006 nous apprenait que 8 écoles sur 10 proposent un service de repas chauds à l’école. Mais que seulement 20% des élèves en profitent. C’est peu… et beaucoup à la fois, car cela représente tout de même 160.000 enfants…

Et après la promotion d’une nourriture saine, il faudra s’attaquer au problème de l’hygiène. Selon l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), une cantine scolaire sur trois ne répond pas aux exigences en matière d’hygiène. Mais ça, c’est un autre combat…