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Archive pour la catégorie ‘TIC’

mar  10
10

Cyberclasses : Marcourt dément tout retard

Le ministre wallon en charge des Technologies Nouvelles, Jean-Claude Marcourt, nie avoir pris du retard dans le dossier Cyberclasses. Il rappelle à la presse que le gouvernement précédent avait annoncé qu’il fallait deux ans pour équiper toutes les écoles et qu’on a réellement démarré l’équipement il y a moins d’un an. Entre 2005 et 2009, le projet a fait l’objet de 12 marchés publics et de pratiquement autant de recours. Les premiers ordinateurs n’ont donc finalement été livrés qu’en avril 2009. Le ministre signale avoir mis en place des groupes de travail afin de savoir pourquoi toutes les écoles n’adhéraient pas au projet. Sur 3.350 écoles concernées, seules 1.213 ont introduit une demande.

Des rencontres avec les directions d’écoles ont été organisées afin de mettre l’accent sur les enjeux pédagogiques de la démarche. Les procédures d’introduction et de gestion des dossiers ont été simplifiées et sept conseillers Cyberclasse ont été chargés d’aller sur le terrain.

Ces mesures ont permis d’accélérer le développement du projet et de contenter les différents acteurs, a indiqué Jean-Claude Marcourt. Un nouveau site et une nouvelle interface entre l’école et le SPW pour simplifier les procédures et raccourcir les délais seront prochainement lancés.

De toute évidence, le ministre n’est pas sur la même longueur d’onde que la plupart des directions d’école. Cyberclasses n’a en tout cas pas fini de faire jaser…1

  1. Le Soir – 10.03.10 []
mar  10
8

Cyberclasses : seulement 10% d’écoles équipées

Les chiffres sont implacables : en vingt mois, moins d’une école wallonne sur dix a reçu les ordinateurs promis par la région. C’est ce qu’affirme Alain Jennotte dans Le Soir de ce jour. Et de se demander si les écoles ne vont pas bientôt devoir ouvrir leur propre musée de l’informatique, certains ordinateurs n’ayant plus été renouvelés depuis dix ans. Depuis juin 2008, on ne compte en effet que 300 écoles (sur 3.350) qui seraient véritablement opérationnelles. C’est sûr, les 40.000 ordinateurs prévus ne seront pas installés demain. C’est peu dire qu’on est bien loin des six installations quotidiennes prévues initialement dans le calendrier.

La cause de ce honteux retard, on la connait bien : l’élaboration du cahier des charges par l’administration wallonne. Ainsi, les gestionnaires du projets auraient posé des choix technologiques complètement déconnectés de la réalité. Exemples? La volonté d’installer dans chaque école un serveur, des équipements de réseaux que certains jugent surdimensionnés et une alarme sophistiquée. Un souci de sécurité compréhensible pour les gros établissements dont le parc informatique sera supérieur à 50 ordinateurs. Mais quid des petites écoles qui recevront au mieux deux ou trois PC? Et le souci d’uniformisation les oblige à être toutes logées à la même enseigne.

Des aménagements trop coûteux

Ces aménagements sont très coûteux pour les écoles. Et que penser de l’obligation d’installer un serveur pour deux ou trois ordinateurs, ce qui sera le cas de plus de mille écoles? Cela n’apporte rien et s’avère très compliqué. Par ailleurs, le coût en électricité de ces serveur pourra atteindre 230 euros par an, selon Priminfo. Et, cerise sur le gâteau, ces serveurs fournis par Apple sont, pour l’instant, incompatible avec Windows7, le système d’exploitation de Microsoft, qui devra être installé sur les PC. Épargner les petites écoles pourraient pourtant faire économiser 3 à 4 millions d’euros à la Région. Mais cette dernière refuse de revoir le cahier des charges, sans doute obligée de respecter les contrats conclus avec les fournisseurs.

Résultats, les écoles sont nombreuses à acheter elles-mêmes leur matériel informatique (un comble!), évitant du même coup des procédures administratives d’une complexité rare.

Au cabinet Marcourt (PS), on rassure :

On est à plus de 1.200 dossiers introduits, dont un tiers avalisé par l’administration. Pour simplifier la tâche des directeurs, une équipe de conseillers se rendra dans chaque école. Et l’on permettra aux petites écoles de mutualiser les coûts chaque fois que ce sera possible. Nous avons retenu les erreurs de communication du passé : on a trop parlé de technologie et pas assez d’enjeux pédagogiques.

Les visites d’écoles dont il est questions risquent cependant de s’étaler sur deux ou trois ans. Trop long pour la majorité des établissements scolaires qui se décident enfin à faire le deuil des cyberclasses de la Région. Ce responsable d’école ne mâche pas ses mots :

Nous n’avons ni le temps ni les compétences pour transformer un local et le mettre en conformité à nos frais. C’est pour cela que, comme d’autres petites écoles, nous avons fait une croix sur la cyberclasse. Ça nous coûtera moins cher et nous donnera moins de tracas d’acheter nous-mêmes quelques portables dans une grande surface.

L’exemple bruxellois

Cet témoignage est ahurissant ! Et dire qu’à Bruxelles, la Région investit chaque année la somme de 2,5 millions d’euros (contre 26 millions pour le cyberclasse wallon) pour offrir à ses 600 écoles un renouvellement complet de leur parc informatique tous les quatre ans ! Chaque année, une école primaire recevrait de quoi s’offrir neuf postes et une école secondaire, dix-huit.  Et on ne parle même pas de l’idée d’offrir, en plus, à chaque école, un projecteur et des ordinateurs portables. Bruxelles encourage également ses écoles à choisir les logiciels libres. Ainsi, si les ordinateurs choisis sont équipés de la suite bureautique Openoffice au lieu d’Office de Microsoft, un PC supplémentaire est alors offert.

Au Grand-Duché de Luxembourg, les élèves ont reçu un lot d’ordinateurs portables, facilement transportables d’une classe à l’autre et qui peuvent être rangés dans des casiers spécifiques. Simple et économique, sans prise de tête. Si seulement la Région wallonne pouvait s’en inspirer…1

  1. Le Soir – 8.03.10 []
jan  10
28

Cyberclasse continue à équiper les écoles

Le projet Cyberclasse passe à la vitesse supérieure. Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon en charge des nouvelles technologies se dit satisfait et espère que le rythme des 100 ordinateurs installés par jour puisse être atteint avant la fin du 1er semestre 2010.  Du personnel serait en cours de recrutement et des séances d’informations dans les écoles sont prévues. Il faut dire que le projet reviens de loin. En août dernier, on ne comptait que 30 écoles équipées sur 3.300. 947 établissements avaient introduit un dossier et 86 étaient prêts pour l’installation. Un échec ! Équiper les salles destinées à accueillir le matériel informatique coûte cher et, de plus, les formalités administratives étaient jugées trop complexes. La Région wallonne pointait, elle, le manque de zèle des écoles.

Mais le nouveau ministre socialiste en charge du dossier a revu les contraintes imposées aux établissements scolaires et considérablement allégé la paperasse que les directions d’école devaient assumer. Ces dernières ont également bénéficié de l’aide de spécialistes attachés au ministère.

Jean-Claude Marcourt annonce qu’une campagne d’information va être mise en place. Des témoignages d’enseignants et élèves seront diffusés sous forme de miniclips et intégrés dans un nouveau site Cyberclasse.

Aujourd’hui, 120 écoles ont été équipées alors que 1.152 ont rentré un dossier. Le Liégeois se félicite :

Nous approchons donc des 6.000 postes commandés pour finaliser ces dossiers, ce qui correspond à 15% des 40.000 ordinateurs prévus dans le dossier Cyberclasse.1

  1. Sud Presse – 20.01.10 []
déc  09
29

Le web est-il plus efficace que la classe?

L’été dernier, le très sérieux New York Times publiait une étude éloquente sur l’influence du Web dans la réussite des étudiants. Titrée « L’éducation en ligne bat la salle de classe » et commandée par le ministère de l’Éducation américain auprès du Centre pour la technologie dans l’éducation, l’analyse a été réalisée de 1996 à 2008 auprès de milliers d’élèves de plus de 12 ans… sans oublier les formations professionnelles d’adultes. Les conclusions sont intéressantes : pour les élèves ayant simplement suivi un cursus en ligne, la réussite est « modestement plus efficace ». Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque les cours combinent l’apprentissage en ligne et les cours en face à face. Pour les chercheurs, « profiter des outils offerts par le Web permettrait d’adapter les besoins à chaque étudiant et de les rendre plus actifs dans leurs apprentissages ».1

Les bénéfices seraient, en revanche, moins significatifs si l’enseignant se contente de compléter ses cours avec quelques vidéos ou exercices en ligne.

Barbara Means, qui a dirigé cette recherche, espère maintenant approfondir ses résultats après des enfants plus jeunes. Selon elle, l’intérêt majeur de l’étude est qu’il révèle que l’enseignement en ligne ne peut plus être considéré comme un pis-aller mais comme une alternative crédible – et complémentaire – de l’éducation traditionnelle.

  1. Sciences Humaines – janvier 2010 []
août  09
25

Cyberclasses : les écoles attendent toujours les ordinateurs

Ordinateur-casséTrente écoles équipées sur 3.300. Les chiffres sont éloquents. Le parc informatique des écoles wallonnes n’a pas bougé d’un poil, quinze mois après l’attribution du marché à la société Priminfo en juin 2008. Un marché de 26 millions d’euros… pour 40.000 PC. Alors quoi? Chez Priminfo, on se dit prêt à équiper une école par jour. Bien… Mais le calendrier initial en prévoyait six quotidiennement. A ce rythme là, il faudra dix ans avant que toutes les écoles ne soient équipées.

Il y a eu de nombreux blocages où les écoles ont aussi leur part de responsabilité, même s’il faut reconnaître que les procédures administratives sont bien trop complexes.1

Les écoles, justement, parlons-en. Elles ne sont que 947 à avoir introduit un dossier et, selon l’administration, ne seraient que 86 à être prêtes pour l’installation des ordinateurs. Mauvaise volonté? Certainement pas. Car, si les dossiers à compléter sont une chose… la mise aux normes des salles qui accueilleront – peut-être – ces fameux nouveaux PC en est une autre. Le cahier des charges est très clair… et très exigeant. Ainsi à Ohain, dans une petite école communale, il a fallu réaliser de coûteuses transformations.

Quand on voit l’énergie nécessaire pour faire aboutir ce dossier, je comprends que des écoles laissent tomber et préfèrent trouver un petit budget pour acheter quelques ordinateurs portables bon marché.2

Et ce n’est pas les responsables de l’Institut Sainte-Marie de Rèves qui vont le contredire, eux qui ont dû, à prix d’or, mettre à jour leur système d’alarme.

Selon les fournisseurs qui nous ont remis des devis, le cahier des charges imposé par la Région wallonne est digne de la sécurisation de la Banque nationale.3

A tout cela s’ajoute le fait que le marché avait été réparti entre différents fournisseurs :  un fournisseur pour les PC (Priminfo), un fournisseur pour les serveurs, un autre pour les câblages et enfin, le mobilier. Pour Jean-Marie Bodart, patron de Priminfo, tout n’a pas été parfaitement coordonné, le marché du mobilier n’ayant été attribué que début 2009. Et, il aurait été impossible d’installer des ordinateurs tant que le mobilier n’avait pas été livré.

Certains professeurs d’informatique bientôt à la retraite ne verront donc jamais leur nouveau matériel.

Le ministre Marcourt s’engage à débloquer le dossier au plus vite. Il a demandé récemment un état des lieux complet et proposera bientôt des mesures concrètes, en mobilisant aussi l’Agence wallonne des télécoms et Easi-Wal, la cellule de simplification administrative.

  1. Jean-Marie Bodart, patron de Priminfo – Le Soir – 25.08.09 []
  2. Ghislain Maron, directeur – Le Soir – 25.08.09 []
  3. Gérard Laloux, secrétaire de direction de l’institut – idem []
juin  09
14

Et si Facebook menaçait l’école?

facebookIl y a quelques mois, nous vous parlions de « l’affaire Facebook » de l’Institut  St-Jacques à Liège, qui avait décidé de sanctionner 70 élèves, coupables d’avoir publié un groupe appelant à la démission de l’une de leurs éducatrices. Cette histoire mettait en lumière les difficultés que rencontrent de nombreux établissements à faire face aux nouvelles technologies de l’information et en particulier les réseaux sociaux. Il apparaissait que beaucoup d’écoles n’avaient encore jamais pensé à sensibiliser leurs élèves aux dangers d’Internet et au respect de la vie privée.

Le magazine de la RTBF « Questions à la Une » est récemment revenu sur ce phénomène qu’est Facebook. Alors que le site fait un carton dans les entreprises (ils seraient des milliers d’employés à s’y connecter chaque jour), assiste même la police dans sa recherches d’indices, il aurait été stupide de penser que la « Facebookmania » puisse s’arrêter aux portes de nos écoles. Élèves et professeurs n’hésitent pas à se rejoindre sur la toile, devenant, pour l’occasion, les meilleurs amis virtuels du monde. Mais cette nouvelle relation ne risque-t-elle pas de poser problème?1

Thomas Rorive, journaliste : C’est courant les contacts entre profs et élèves sur Facebook?

Une élève : Oui, c’est courant.

Quel est l’intérêt, d’après toi, d’avoir un ami « prof » sur Facebook?

On peut voir ses activités récentes, on peut voir les amis qu’il a rajoutés, lui. Ça me permet de voir ce que le professeur fait en dehors de l’école, si c’est une autre personne.

question à la uneMais attention, Facebook ne fait pas forcément l’unanimité au sein de la salle des profs.

Un enseignant se doit en principe, lorsqu’il est dans son climat de classe, d’accepter tous les élèves. Il ne doit pas faire de différences donc d’un point de vue éthique et déontologique, moi j’estime qu’à la base, ça pose un certain problème. Quid de l’enseignant qui accepte seulement quatre ou cinq étudiants alors que d’autres lui ont proposé et qu’il a refusés? C’est d’une certaine manière avoir des chouchous.2

Les préfets et les directeurs sont, eux aussi, obligés de s’adapter… Il suffit parfois d’un rien pour que le réseau ait des répercussions sur la réputation d’une école.

On lit sur Facebook « oh, demain, c’est l’école, j’ai pas envie d’y aller… » et ce sont des profs qui écrivent… Alors imaginez les « contacts élèves » qui peuvent lire cela mais aussi les parents… qui vont dire « ben ton prof, il est pas très motivé, qu’est-ce que c’est que pour une école? ». Ca peut paraître tout à fait banal mais c’est lourd de sens. Et comment motiver les enfants s’ils voient que le prof n’a déjà pas envie d’avoir cours?3

J’estime qu’il y a certaines profession comme celles liées à la médecine, à la Justice mais aussi à l’enseignement qui méritent un devoir de discrétion. Or, en autorisant que des professeurs établissent des relations « soi-disant » amicales avec des élèves mineurs d’âge, des relations qui passent par l’échange de courriers, de photographies, etc… je dis que le professeur se fragilise et qu’on désacralise encore un peu plus la profession qui n’en a certainement pas besoin.4

Il revient à chaque enseignant de s’interroger sur la relation qu’il entretient avec Facebook… tout en gardant à l’esprit qu’il est l’ambassadeur de son école et qu’il lui appartient, en toutes circonstances, de donner une bonne image de son établissement et de sa profession.

  1. Source : Questions à la Une – RTBF – 3.06.09 []
  2. Nicolas François, professeur de français – Institut Notre-Dame []
  3. Carine Vandewiele, directrice de l’Ecole du Futur à Mons []
  4. Michel Meuret, coordinateur pédagogique []
fév  09
3

Quand Facebook s’invite à l’école

facebookUne fois n’est pas coutume, épinglons deux faits divers qui ont secoué le petit monde de l’enseignement à Liège mais aussi à Mons. Ils témoignent du malaise grandissant des autorités éducatives vis-à-vis des nouvelles technologies en général, des blogs et des réseaux sociaux en particulier.

Ce matin, sur les ondes de Bel RTL, on apprenait que la direction de l’Institut  St-Jacques à Liège avait décidé de sanctionner près de 70 élèves, coupables d’avoir publié un groupe sur Facebook appelant à la démission de l’une de leurs éducatrices.

Nous avons découvert que des élèves avaient créé un groupe sur Facebook appelant à la démission d’une éducatrice et assorti de propos blessants pour cette éducatrice. Donc nous avons tout de suite demandé au créateur de ce groupe de le supprimer et nous avons voulu amener tous les élèves faisant partie du groupe à réfléchir à la portée de leurs actes.1

Selon la directrice de l’établissement, Françoise Neuray, les jeunes n’avaient pas bien réalisé ce qu’ils faisaient. La sanction? Deux heures de colle et la remise d’un travail de rédaction sur les dangers d’internet et ses dérives pour tous les membres du groupe que la direction n’a eu aucun mal à identifier…

Un travail sans doute très utile, quelques élèves ne comprenant pas que l’on « bride » ainsi leur « liberté d’expression ». Un nouveau groupe est ainsi né (voir illustration) sur Facebook, révélateur de l’état d’esprit de ces potaches pour qui dire tout et n’importe quoi, risquant ainsi de blesser et de porter atteinte à autrui, est un droit fondamental. Grossière erreur puisque tout écrit, même sur Internet, engage la responsabilité de son auteur. Qui pourrait être poursuivi s’il s’avérait que sa prose porte atteinte à la vie privée.

A Mons aussi on a parlé de Facebook. C’était  il y a quelques semaines, l’effort de la rentrée enfin digéré. La direction de l’École du futur avait fait parvenir à tous ses enseignants une note interne dans laquelle elle leur interdisait de compter des élèves (les anciens excepté) parmi leurs « amis » sur le réseau. Cette décision était, semble-t-il, essentiellement motivée par le souci de respecter le code déontologique des enseignants. Pour les profs « coupables » de s’acoquiner ainsi avec leurs élèves, la direction n’hésitait pas à parler de « démarche déontologique inadmissible ».

Très décus, les élèves ne comprenaient pas ce qu’ils ressentaient pour beaucoup comme une sanction injustifiée. Car à l’École du futur, les nouvelles technologies font partie de l’apprentissage, un apprentissage où l’ordinateur est pour eux ce que le stylo est pour d’autres, un simple outil… comme ces réseaux sociaux qu’ils apprennent à apprivoiser avec plus ou moins de prudence.

Mais le texte n’aura pas vécu longtemps. Aussitôt publié, il fut cassé par le pouvoir organisateur provincial qui estima que la direction de l’École du futur avait outrepassé ses droits. La députée provinciale (PS), Annie Taulet, a souhaité remettre les pendules à l’heure :

On ne peut interdire, légalement, aux profs d’avoir comme amis certains de leurs élèves sur Facebook. Tout au plus peut-on leur rappeler les règles déontologiques inhérentes à leur profession. Chaque enseignant est donc libre d’agir en son âme et conscience. Facebook relève de la sphère privée et il ne nous appartient pas d’intervenir.2

Ces deux faits divers, à la fois si proches et pourtant différents, rappellent en tout cas que tout n’est pas permis sur la toile. Nos élèves sont-ils assez informés? Et les professeurs? Si discuter avec un(e) élève sur Facebook est autorisé, comme le fait d’aller boire un verre avec ce(tte) même élève après les cours, cela reste-t-il acceptable déontologiquement? Faudra-t-il un jour légiférer? Ou bien chaque école devra-t-elle s’adapter et revoir son réglement d’ordre intérieur?

Pour l’instant, c’est à chaque enseignant de poser ses limites et faire ses expériences…

  1. Source : RTL – Françoise Neuray – 3.02.09 []
  2. Source : Le Soir – 15.01.09 []
fév  09
2

Cyberclasses : ces PC que les écoles attendent

Ordinateur-casséL’été dernier, la Région wallonne avait financé près de 40 000 ordinateurs dans le but d’équiper 3 300 écoles primaires et secondaires. On croyait le dossier enfin clos. Mais non ! Alors que ces milliers de nouvelles machines doivent être installées dans les deux ans, le projet patine sec. Sur les huit cents écoles contactées pour recevoir les premiers ordinateurs, seules six ont finalement reçu leur matériel, fourni par la firme namuroise Priminfo. Cette dernière avait remporté cet important marché de 26 millions d’euros.

A ce train-là, toutes les machines ne seront pas livrées à temps. Le ministre Tarabella espérait pouvoir en fournir une centaine par jour… Mais ce sont les écoles qui semblent cette fois peu pressées. Aujourd’hui, seulement 30 établissements ont rentré le dossier réclamé par l’administration.

Devant le parlement wallon, le ministre s’est étonné de cette attitude des directions d’écoles. Est-ce la faute des directeurs? Une sortie qui les a fait bondir… Pour eux, c’est le dossier réclamé par l’administration qui est beaucoup trop complexe. De plus, il semble que de nombreuses écoles doivent réaliser des travaux d’aménagement dans leurs locaux avant de pouvoir accueillir les fameux ordinateurs. Aménagements qui exigent des budgets parfois conséquents.

Marc Tarabella ne compte pas laisser les choses s’enliser. Il prévoit d’organiser au plus vite des réunions d’information avec les directeurs de toutes les écoles et ce dans chaque province. Le phasage des installations serait aussi abandonné, ce qui permettrait à toutes les écoles de rentrer, dès qu’elles le souhaitent, leur dossier à l’administration. Le ministre espère que le retard sera ainsi rapidement comblé.

Priminfo se dit prêt à répondre aux demande des établissements scolaires. Les stocks informatiques ont été payés et la petite société namuroise espère ne pas enregistrer un retard trop important, synonyme de surcoûts financiers.1

  1. Source : Le Soir – 2.02.09 []
jan  09
2

Ces parents « bien nés » qui ont gagné

mixite-noelUn an après les célèbres files de parents devant les écoles secondaires, conséquence dramatique du décret « inscriptions » de Marie Arena, certains parents ont remis le couvert il y a quelques jours à l’intérieur de quelques établissements de Bruxelles et du Brabant wallon. Ils entendaient ainsi manifester leur soutien à ceux qu’ils appellent les « sans écoles« , ces enfants qui terminent cette année leurs études fondamentales et qui, pour l’instant, ne sont inscrits dans aucune école secondaire, faute d’avoir été tirés au sort… ou de n’avoir pas obtenu une place dans l’école de leur (premier) choix.

Cette nuit-là, ces parents ont réaffirmé avec force leur satisfaction de voir le décret Dupont enfin enterré mais aussi leur colère d’assister impuissants au sacrifice de toute cette génération d’écoliers, victimes de ce que le ministre a qualifié lui-même de système « grillé ». Pour eux, il est impératif que le système soit abandonné dès cette année!

Mais ces pères et mères ne sont pas les seuls à avoir leur avis sur le décret mixité. Moins médiatisées, certes, certaines associations continuent à défendre le décret du ministre de l’enseignement. La Ligue des familles en fait partie… Et sa plume n’hésite pas à défendre « l’indéfendable » :

Le ministre a cédé, des parents ont gagné. Tous les parents? On assiste aujourd’hui à un véritable conflit entre l’intérêt personnel et l’intérêt collectif. En tant que parent, je veux ce qui est le mieux pour mon enfant. C’est légitime, mais pas à n’importe quel prix! Si le prix à payer, c’est de nier ce droit « au meilleur » pour tous les enfants, c’est non! Devoir inscrire son enfant cinq ans à l’avance ou n’être admis qu’en fonction des résultats antérieurs, cela doit être définitivement du passé.1

Du coté des pro-décret, on retrouve  également le syndicat SEL-Setca ou la Ligue des droits de l’enfant. Ils plaident pour le maintien du système actuel mais avec de légères corrections comme la mise en place d’un dispositif de gestion des inscriptions centralisé et neutre.2

Christian Dupont, lui, a reçu à son cabinet, avant les vacances, de nombreuses associations de parents et directions. Ensemble, ils cherchent une solution visant à « dégonfler » au plus vite la bulle des inscriptions multiples. Et ce n’est pas gagné puisque la semaine dernière, la presse nous apprenait qu’un nouveau recours allait être déposé contre le décret mixité et cette fois au conseil d’État. Ce recours viserait la ville De Bruxelles. Notons que le décret mixité est déjà l’objet de recours auprès de la Cour constitutionnelle et du tribunal des référés de Bruxelles.

Bruxelles où la situation est des plus compliquée. La ville ne semble pas pouvoir gérer le tirage au sort imposé par le décret. Après les erreurs d’encodages à l’athénée Robert Catteau, d’autres erreurs ont été découvertes par l’administration bruxelloise. Ayant été incapable de transmettre dans les temps les listes des élèves inscrits dans ses écoles, la ville bénéficie de quelques jours supplémentaires pour se mettre en ordre. Le tribunal des référés a fixé une nouvelle audience le 9 janvier prochain.3

La bulle des inscriptions n’est donc pas prête de se dégonfler puisque d’ici là, la procédure d’inscription reste suspendue pour tous les établissements dépendant de la capitale.

Côté politique, le CDH commence à s’impatienter. Un sondage lui promet une fameuse facture à payer cash aux prochaines élections. Et même si l’addition devra être partagée, elle n’en sera pas moins salée pour la coalition rouge-romaine au pouvoir à la Communauté française. En coulisse, il se murmure que la Ministre de l’Emploi ferait pression auprès du président du PS, Elio Di Rupo, pour que la procédure soit abandonnée dès cette année, quitte à recommencer tout le processus selon d’autres modalités encore à définir. Mais jusqu’ici, le PS résiste. Jusqu’à quand?

  1. Source : Le Ligueur []
  2. Source : La Libre  – 27.12.08 []
  3. Source : Le Soir – 27.12.08 []
juil  08
8

Cyberclasse : marché débloqué

en attendant godot samuel beckettLa saga Cyberclasse semble enfin terminée. Le Conseil d’Etat a en effet débouté le recours de Computerland, concrétisant du même coup le choix de Priminfo comme société qui équipera les écoles wallonnes d’ordinateurs.

Il confirme ainsi la décision du Ministre Tarabella du 9 juin, pour qui :

cette décision du Conseil d’Etat est importante car elle va permettre la mise en œuvre concrète du programme d’équipement des écoles qui attendent ces ordinateurs. Ce projet a un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre la fracture numérique et dans l’accès de tous à l’outil informatique.

Les chiffres de Cyberclasse

 

  1. 580.000 élèves de l’enseignement primaire, secondaire et de promotion sociale sont concernés par le plan d’équipement Cyberclasse.
  2. L’objectif visé est d’atteindre la norme d’un ordinateur pour 15 élèves.
  3. Ce projet représente un budget global de 85.000.000 d’euros ce qui représente, entre autres,
  4. l’acquisition de plus de 40.000 ordinateurs, 3.300 serveurs et le câblage de plus de 7.000 locaux
  5. Pour rappel, le marché « câblage » a été attribué le 18 mars 2008 à la société Fabricom GTI pour un montant de 21.235.337 euros et le marché « matériel actif » (commutateurs, switchs, hubs,…) a été attribué le 27 mars 2008 à la société Computerland pour un montant de 3.399.456 euros.
  6. Le marché des serveurs (3 300 serveurs) avait été attribué en mars 2007 à la société Apple pour un montant de 14.132.606 euros.

 

juin  08
23

Cyberclasses : recours de Computerland

On s’y attendait quelque peu. Vendredi, un des concurrents écartés, Computerland, a introduit un recours en extrême urgence auprès du conseil d’État1.

Pour rappel, c’est Priminfo qui avait remporté le super contrat pour 40.000 nouveaux ordinateurs pour les écoles de la Communauté française. Il avait pourtant veillé à ne pas se réjouir trop vite, se doutant peut-être que la décision des experts de la région Wallonne allait être l’objet de contestations vu le montant colossal en jeu : 26 millions d’euros.

En attendant, ce sont les écoles qui sont les grandes perdantes dans cette histoire. Les ordinateurs ne seront sans doute pas dans les classes avant un bon moment…

  1. Source : Le Soir – 21.06.08 []
juin  08
12

Cyberlasses : le dénouement..enfin!

Les enseignants n’y croyaient plus. Pour rappel, après que le conseil d’État ait annulé le premier appel d’offres, le ministre de la formation Marc Tarabella (PS) avait décidé de lancer un nouvel appel avec procédure négociée. Cinq sociétés (Priminfo, Systemat, Econocom, Getronics et Computerland) devaient donc remettre une nouvelle offre pour fin janvier.

Les experts de la région wallonne ont tranché1. On sait aujourd’hui que c’est Priminfo qui a emporté le marché. Un marché important puisqu’il est question de 40.000 ordinateurs qui coûteront la bagatelle de 26 millions d’euros. Prévu sur trois ans, l’équipement des écoles devrait se faire rapidement, peut-être même en l’espace de deux années scolaires. Avec déjà des ordinateurs dans les classes pour la prochaine rentrée scolaire.

En clair, les écoles auront le choix entre des PC ou des Mac (Apple). La suite bureautique de Microsoft, Office, est exclue de l’offre et c’est son alternative du libre Openoffice qui sera proposée à la place. Les PC seront tout de même équipé du logiciel d’exploitation Windows Vista.

Pour les uns, c’est une bonne nouvelle. La promotion des logiciels libres (gratuits) devient le fer de lance de nombreux enseignants qui supportent de moins en moins le monopole de Microsoft. Pour les autres, c’est une erreur monumentale.

Quel est l’intérêt de former nos jeunes à Openoffice? Microsoft et sa suite bureautique dominent le marché. Ne devrait-on pas initier les élèves aux logiciels qu’ils rencontreront plus tard sur le marché du travail?

Les réactions

Chez Priminfo, on se réjouit de la décision de l’administration wallonne. On se veut tout de même prudent car les concurrents malheureux disposent de dix jours pour faire appel. Il faudra attendre encore quelques jours avant de sortir le champagne…

Du côté des autres sociétés, on doute que Priminfo soit en mesure d’honorer son contrat.

Le chiffre d’affaires annuel de Priminfo est inférieur au montant de l’appel d’offres. Cela pose le risque de la solidité financière de cette entreprise. D’autant que la vitesse d’exécution du déploiement à laquelle elle s’est engagée semble particulièrement ambitieuse.

Par la voix de sa porte-parole, Aurélie Couvreur, Microsoft a indiqué regretter l’absence d’Office sur les ordinateurs, d’autant qu’il était fourni avec l’encyclopédie Encarta.

Pour l’administration, le matériel était sans doute plus important que les logiciels. Bien vu? Les enseignants jugeront…

  1. Source : Le Soir – 12/06/08 []
mar  08
28

Le fil de Cyberclasse ?

Ecoles câblées au lieu du wifi

Dans l’épopée Cyberclasse, deux nouveaux marchés viennent de tomber et permettront de lancer les travaux de câblage des écoles avant la fin de cette année scolaire. La mise en réseau des ordinateurs mis à disposition s’élèvera respectivement à 21,2 millions d’euros pour le câblage ( Fabricom GTI ) et 3,4 millions d’euros pour le « matériel actif » (Computerland). A l’heure du tout sans-fil, les dents grincent chez les enseignants … Un article du Soir ce matin signale également que certains soumissionnaires (sans plus de précisions) parmi les quatre encore en lice auraient opté pour la solution Openoffice au lieu de Microsoft Office.

Cyberclasse ?

Petite piqûre de rappel pour ceux qui se seraient endormis : Le projet Cyberclasse, initialement géré par Marie Arena et désormais mené par le Ministre Wallon Marc Tarabella, vise le rééquipement progressif des écoles de la Région wallonne (la région bruxelloise dispose de son propre plan multimédia). Ce projet représente un budget global de 85.000.000 d’euros qui va permettre, entre autres, l’acquisition de plus de 40.000 ordinateurs, 3.300 serveurs et le câblage de plus de 7.000 locaux. 

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L’objectif visé est d’atteindre la norme d’un ordinateur pour 15 élèves, précise encore le communiqué de presse. Mais une fois cette norme atteinte, ces ordinateurs vont-t-ils permettre une implantation réelle des TIC dans les pratiques enseignantes ? Quand pensera-t-on à demain (sans-fil, portables, équipement des enseignants d’abord, classes équipées de 2-3 ordinateurs et d’un projecteur, financement accordé directement à l’école) au lieu de continuer un plan d’hier qui prend déjà la poussière ? Et si on laissait le choix aux écoles, comme en Flandre,  de décider librement de leur équipement informatique ?

Cyberclasse ? Une histoire belge …

fév  08
16

Cyberprof : bon bulletin pour Enseignons.be

capture01.jpgEnseignons.be n’a pas pour habitude d’écrire sur ses activités. Mais une fois n’est pas coutume. Nos lecteurs nous pardonneront de nous écarter un moment des sentier balisés de l’actualité nationale et internationale pour « zoomer » sur l’une de nos dernières initiatives : la journée Cyberprof du 9 février.

Près de 130 enseignants avaient répondu à l’appel d’Enseignons et s’étaient déplacé pour échanger sur leur pratique, rencontrer des collègues, participer aux ateliers – nous en proposions une quinzaine sur toute la journée – et conférences offertes par nos partenaires.
Une journée qui, a bien des égards, fut couronnée de succès. Le graphique qui vous est proposé en illustration témoigne de la satisfaction générale. Les participants étaient invités à apprécier sur une échelle de 10 points, l’organisation générale de la journée. Soixante et un bulletins ont été rentrés. Douze participants donnaient la cote maximum, quinze nous gratifiaient d’un joli neuf sur dix alors que vingt-huit rendaient la note de huit sur dix. Bilan flatteur n’est-il pas?

Au moment d’accueillir les participants, Benjamin Nizet ne cachait pas sa joie.

Vous savez, hier on était en train d’étouffer dans les salles d’ordinateurs. On s’est dit « Aïe, aïe, aïe… la journée Cyberprof, ça ne va pas marcher ». On est très contents que vous soyez venus.

Dans la salle, les enseignants ont la banane. Le soleil brille et il fait chaud.

Cyberprof, c’est l’idée de rassembler en un seul endroit différents ateliers, différentes sessions, sur l’utilisation dans les écoles de l’outil informatique. L’objectif de notre ASBL, c’est d’améliorer la qualité de l’enseignement et de favoriser l’utilisation des nouvelles technologies.

Le mot de bienvenue terminé. Les participants se rendent à leurs premiers ateliers. Blogs pour les uns, logiciels libres pour les autres… il y en a pour tous les goûts, pour tous les projets. A midi, un rapide lunch est proposé. Sandwichs, jus d’orange, sodas… Les batteries se rechargent doucement. Les gens papotent, serrés les uns contre les autres parfois. On partage, on rigole. Clic, une photo est prise devant l’entrée où plusieurs petits groupes sont sortis profiter du bon air. Un T-shirt noir avance, le pas pressé. Les Men in Black vont et viennent entre deux salles, échangeant en se croisant un sourire complice.

Deux ateliers plus tard, la chaude voix de Vanessa – envoutante Marie-Noire – accompagne les enseignants qui rentrent chez eux, fatigués… un peu… satisfaits… beaucoup par cette journée pas comme les autres. Chargés de documentation et la tête pleine d’idées nouvelles, ils s’en retournent convertir leurs collègues aux atouts de l’informatique, raconter à leur conjoint cette expérience nouvelle.

C’est sûr. Pour une première fois, Enseignons a frappé fort. Il reste encore du chemin mais le signal est positif. La demande existe.

Laissons le président de l’ASBL remercier tous les acteurs de cette splendide journée.

Je tiens à remercier, en premier lieu, les Ateliers des FUCaM… Nos partenaires sans qui cette journée n’aurait pas pu être possible… Je remercie également tous les participants pour être venus un samedi… matin… pour suivre des formations. Je tiens également à remercier du plus profond de mon cœur les gens qui ont des cernes, ceux avec un T-shirt noir, les gens d’Enseignons.be qui ont bossé très dur pour qu’un maximum de personnes aient un ordinateur devant elles…

marie-noire.mp3

Oui, le soleil a bien brillé sur Cyberprof ce samedi-là.