« L’école de la chance » : l’Ulg parle de plagiat !
Jeudi matin, sous le titre « L’ULg accuse l’UCL de « plagiat »« , le journal Le Soir relayait les accusation de plagiat de trois chercheurs liégeois de l’Université de Liège, dont Ariane Baye, la responsable scientifique de PISA pour la Communauté française, à l’encontre de Jean Hindriks, co-auteur de l’étude ‘L’école de la chance’ publiée dans la revue Regards économiques (UCL). Les chercheurs liégeois dénoncent également les erreurs réalisées par Hindricks et Verschelde dans leur comparaison sur l’autonomie des établissements en Communautés française et flamande.
Pour le dire simplement, cette étude est malhonnête: malhonnête intellectuellement car elle comporte manifestement des éléments de plagiat dans sa première partie, et malhonnête scientifiquement dans la mesure où elle tire des conclusions politiques erronées en raison de choix scientifiques inappropriés.1
L’ULg reproche à l’UCL d’avoir exploité des travaux liégeois sur la question de l’autonomie… mais de l’avoir fait de manière incomplète. Ainsi, si le professeur Hindriks avance qu’une des explications aux performances scolaires de la Flandre pourrait être la plus grande autonomie dont directeurs et enseignants flamands disent disposer, Ariane Baye souligne que, selon elle, il n’y a justement pas de différence notable, entre Flandre et Communauté française en cette matière. D’autres facteurs comme le PIB influencent de manière plus significative les résultats.
Travailler sur le fond
Contacté par nos soins, M. Hindriks nie tout plagiat. Il signale que les recherches menées par l’ULg sont citées dans son rapport aux notes de bas de page 14 et 15 ainsi que dans les références. Ne voyant là qu’une nouvelle « guerre » entre universités, il invite à se pencher plutôt sur les questions de fond.
La chercheuse Ariane Baye, que nous avons jointe aujourd’hui, regrette la polémique née dans la presse. Si elle reconnaît que le travail de l’ULg est cité par deux fois, elle estime que ce n’est pas suffisant, arguant que l’article, du moins dans sa 1ère partie, est fortement inspiré des analyses de l’université liégeoise. Les indicateurs ne seraient qu’eux aussi partiellement cités.
Il y a deux citations… et puis c’est tout. Les paragraphes qui précédent et ceux qui suivent ne sont pas référencés. Hors, ils sont également largement inspirés de nos travaux.
Une comparaison boiteuse?
Concernant la question de l’autonomie des établissements francophones et flamands, elle avance qu’il s’agit simplement d’une mauvaise utilisation de la base de données PISA. Pour Jean Hindriks, les différences de résultats des élèves entre le Nord et le Sud peuvent être expliquées par la question de l’autonomie. Faux, selon Mme Baye pour qui l’économiste, malgré une analyse très pointue, a comparé des pommes et des poires. Ainsi, si l’étude en arrive à conclure que nos voisins flamands se sentent davantage autonomes, c’est parce que les questionnaires proposés aux directions d’établissement en Communauté française et en Communauté flamande n’étaient pas tout à fait les mêmes. Ainsi, si le constat qu’« en Communauté française, l’autonomie des directeurs et enseignants est de 26 % dans l’officiel contre 34 % dans le libre et qu’en Communauté flamande, le degré d’autonomie est de 82 % dans l’officiel contre 89 % dans le libre« , a été établi, c’est parce que flamands et francophones n’auraient pas répondu aux même questions lors de l’enquête PISA. L’écart entre l’école flamande et l’école francophone resterait certainement important si l’étude s’était basée sur les différentes catégories de réponses possibles mais il n’aurait pas varié du simple au triple. La faible autonomie des écoles de la Communauté française ne serait donc pas telle qu’elle nous est présentée ici.
Enseignons.be joint à cet article l’étude complète de Jean Hindriks et rappelle qu’il sera à Technofutur Tic (Gosselies), le 17 avril prochain, lors de la 3e journée Enseignons.be, pour nous présenter ses recherches et nous expliquer pourquoi l’école flamande est plus performante que l’école francophone.
- Le Soir – 11.02.10 [↩]


Les éditions Van In, éditeur de manuels scolaires et outils pédagogiques, ont interrogé 2120 enseignants néerlandophones (980) et francophones (1140) par courriel en septembre dernier. L’objet de cette enquête : A quoi ressemblera l’enseignement en 2020?
Les étudiants qui arrivent dans l’enseignement supérieur seraient incapables d’effectuer des recherches documentaires et informationnelles, y compris via Internet