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fév  10
15

« L’école de la chance » : l’Ulg parle de plagiat !

Jeudi matin, sous le titre « L’ULg accuse l’UCL de « plagiat »« , le journal Le Soir relayait les accusation de plagiat de trois chercheurs liégeois de l’Université de Liège, dont Ariane Baye, la responsable scientifique de PISA pour la Communauté française, à l’encontre de Jean Hindriks, co-auteur de l’étude ‘L’école de la chance’ publiée dans la revue Regards économiques (UCL). Les chercheurs liégeois dénoncent également les erreurs réalisées par Hindricks et Verschelde dans leur comparaison sur l’autonomie des établissements en Communautés française et flamande.

Pour le dire simplement, cette étude est malhonnête: malhonnête intellectuellement car elle comporte manifestement des éléments de plagiat dans sa première partie, et malhonnête scientifiquement dans la mesure où elle tire des conclusions politiques erronées en raison de choix scientifiques inappropriés.1

L’ULg reproche à l’UCL d’avoir exploité des travaux liégeois sur la question de l’autonomie… mais de l’avoir fait de manière incomplète. Ainsi, si le professeur Hindriks avance qu’une des explications aux performances scolaires de la Flandre pourrait être la plus grande autonomie dont directeurs et enseignants flamands disent disposer, Ariane Baye souligne que, selon elle, il n’y a justement pas de différence notable, entre Flandre et Communauté française en cette matière. D’autres facteurs comme le PIB influencent de manière plus significative les résultats.

Travailler sur le fond

Contacté par nos soins, M. Hindriks nie tout plagiat. Il signale que les recherches menées par l’ULg sont citées dans son rapport aux notes de bas de page 14 et 15 ainsi que dans les références. Ne voyant là qu’une nouvelle « guerre » entre universités, il invite à se pencher plutôt sur les questions de fond.

La chercheuse Ariane Baye, que nous avons jointe aujourd’hui, regrette la polémique née dans la presse. Si elle reconnaît que le travail de l’ULg est cité par deux fois, elle estime que ce n’est pas suffisant, arguant que l’article, du moins dans sa 1ère partie, est fortement inspiré des analyses de l’université liégeoise. Les indicateurs ne seraient qu’eux aussi partiellement cités.

Il y a deux citations… et puis c’est tout. Les paragraphes qui précédent et ceux qui suivent ne sont pas référencés. Hors, ils sont également largement inspirés de nos travaux.

Une comparaison boiteuse?

Concernant la question de l’autonomie des établissements francophones et flamands, elle avance qu’il s’agit simplement d’une mauvaise utilisation de la base de données PISA. Pour Jean Hindriks, les différences de résultats des élèves entre le Nord et le Sud peuvent être expliquées par la question de l’autonomie. Faux, selon Mme Baye pour qui l’économiste, malgré une analyse très pointue, a comparé des pommes et des poires. Ainsi, si l’étude en arrive à conclure que nos voisins flamands se sentent davantage autonomes, c’est parce que les questionnaires proposés aux directions d’établissement en Communauté française et en Communauté flamande n’étaient pas tout à fait les mêmes. Ainsi, si le constat qu’« en Communauté française, l’autonomie des directeurs et enseignants est de 26 % dans l’officiel contre 34 % dans le libre et qu’en Communauté flamande, le degré d’autonomie est de 82 % dans l’officiel contre 89 % dans le libre« , a été établi, c’est parce que flamands et francophones n’auraient pas répondu aux même questions lors de l’enquête PISA. L’écart entre l’école flamande et l’école francophone resterait certainement important si l’étude s’était basée sur les différentes catégories de réponses possibles mais il n’aurait pas varié du simple au triple. La faible autonomie des écoles de la Communauté française ne serait donc pas telle qu’elle nous est présentée ici.

Enseignons.be joint à cet article l’étude complète de Jean Hindriks et rappelle qu’il sera à Technofutur Tic (Gosselies), le 17 avril prochain, lors de la 3e journée Enseignons.be, pour nous présenter ses recherches et nous expliquer pourquoi l’école flamande est plus performante que l’école francophone.

Article.

  1. Le Soir – 11.02.10 []
juil  09
8

Quand les enseignants ont le blues

image001C’est une première. Une étude internationale publiée par l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques) révèle que, dans le monde entier, les enseignants du secondaire inférieur sont confrontés aux même problèmes : reconnaissance insuffisante, problèmes de discipline, besoin de formations individualisées. Des enseignants et directeurs d’école de 23 pays ont été interrogés – mais pas en Allemagne, en France ni en Communauté française – y compris en Région flamande. Premier enseignement : il serait bon de penser à créer de meilleurs mécanismes pour évaluer et récompenser les meilleurs professeurs. Ils sont près de 75% à prétendre n’obtenir aucune reconnaissance quand ils améliorent leur travail, et  autant estiment que leur chef d’établissement ne sanctionne pas les mauvais enseignants.

En moyenne, 13% des professeurs disent n’avoir jamais de retour sur la façon dont ils travaillent. Un taux qui atteint 55% en Italie et 46% en Espagne. Mais lorsque (rare) retour il y a, il ne débouche que pour seulement 10% sur un avantage financier, et pour 16% sur de l’avancement.

Côté discipline, ce n’est pas plus brillant. Un enseignant sur quatre peut perdre jusqu’à 30% de son temps à faire de la discipline et des tâches administratives. Près de 6O% des directeurs pensent que la mauvaise conduite des élèves nuit à la qualité des cours dans leur établissement. Suit l’absentéisme (46%) ou les retards (39%) des élèves, la vulgarité et les injures (37%), l’intimidation ou les violences verbales contre d’autres élèves (35%), le vandalisme (27%).

L’étude suggère quelques pistes assez simples pour tenter d’apaiser le malaise des enseignants. Ainsi, il y a moins de problèmes de discipline quand les classes sont plus petites, l’enseignement plus structuré, les enseignants plus expérimentés. Et pour y parvenir, les formations individualisées semblent être « la » solution, à l’instar des formations continues (réclamées par 55% des profs) en vue d’améliorer les techniques d’enseignement, pour assurer la discipline ou gérer des classes hétérogènes, ou apprendre à mieux utiliser les outils informatiques.

Nos voisins flamands sont, avec les Norvégiens, ceux qui se disent les plus satisfaits de leur situation. Il faut dire qu’avec 17 élèves, en moyenne, dans les classes, ils sont assez privilégiés par rapport à leurs voisins.

Notre pays fait encore figure d’exception dans le paysage académique. Ainsi, en Flandre, 85% des enseignants ont une formation équivalente au niveau de bachelier professionnel, alors que dans la plupart des autres pays, le niveau atteint celui du bachelier académique ou du master. Une situation qui devrait évoluer avec le passage de 3 à 5 ans de la formation des régents et instituteurs.1

  1. Belga – 16.06.09 []
oct  08
28

2020 vu par les profs

Les éditions Van In, éditeur de manuels scolaires et outils pédagogiques, ont interrogé 2120 enseignants néerlandophones (980) et francophones (1140) par courriel en septembre dernier. L’objet de cette enquête : A quoi ressemblera l’enseignement en 2020?1

Voient-ils l’avenir en rose? Pas tellement. Les enseignants se feront plus rares et ceux qui resteront seront dorénavant classés en fonction de leurs résultats (le classement des écoles sera depuis longtemps devenu monnaie courante). Le métier évoluera progressivement pour passer du statut de « transmetteur de savoir » à celui de « coach« . Et ne parlons même pas de l’attractivité de la profession: huit enseignants francophones sur dix et six néerlandophones sur dix estiment qu’ils sera de plus en plus difficile de dénicher des candidats à l’enseignement. Une pénurie aiguë est donc fortement redoutée des deux côtés de la frontière linguistique.

Nos professeurs prévoient aussi que les TIC occuperont une grande place dans l’école du futur… et 66% s’en réjouissent. Les tableaux noirs, frotteurs, craies et autres manuels « papiers » vivent peut-être leurs dernières années.

Pour autant, ils restent critiques vis-à-vis des jeux vidéos éducatifs. Un enseignant sur deux redoute leur arrivée massive dans les établissements scolaires.

A noter que beaucoup de profs estiment que l’avenir de l’école devra passer par le plurilinguisme et les activités multidisciplinaires (étude du milieu, formation scientifique et technologique). L’école de demain sera aussi plus soucieuse des besoins du marché du travail. Qui s’en plaidra?

  1. Source : Le Soir-23.10.08 []
mai  08
25

Les jeunes incapables de s’informer sur le net

Les étudiants qui arrivent dans l’enseignement supérieur seraient incapables d’effectuer des recherches documentaires et informationnelles, y compris via Internet1. C’est à cette conclusion pour le moins amusante mais préoccupante que sont arrivées l’ASBL Edudoc et le Conseil inter-universitaire francophone (CIUF). Amusante parce que les 1.865 jeunes qui ont répondu à l’enquête sont pourtant des habitués de Google, MSN ou Wikipédia. Mais malgré qu’ils baignent dans l’univers du Net depuis déjà quelques années, ils n’obtiennent qu’une note moyenne de 7,67 sur 20. Pire encore, 93% d’entre eux ne décrochent pas la « satis ».

On pourrait penser que ce sont les étudiants qui disposent d’une connexion Internet à domicile qui réalisent le meilleur résultat. Tout faux! Ce sont eux qui se trompent le plus lourdement. Parmi les erreurs commises le plus souvent, citons le recours systématique à Internet aux dépens des ressources traditionnelles de la bibliothèque (ils ne sont que 1,2% à indiquer avoir recours aux bases de données bibliographiques). Et pourtant, ce ne serait pas très grave si ces jeunes ne prenaient pas pour argent comptant la première information relayée par les moteurs de recherches. Pour Paul Thirion, codirecteur de l’étude et président de la bibliothèque du CIUF :

Il existe des outils de très haut niveau sur Internet, mais il faut pouvoir les dénicher sans se laisser attirer par les fausses pistes.

Question éthique, c’est la catastrophe. Moins de 15% savent qu’ils doivent toujours identifier une source, même lorsque leurs informations proviennent d’une page web. Et on s’étonne que les universités et les Hautes Ecoles doivent s’équiper de logiciels anti-plagiats pour scanner les travaux de fin d’études.

Une information est de qualité? Elle sera jugée comme telle si le site est accessible rapidement. Vous avez dit manque d’esprit critique? Et on ne parle pas encore des « opérateurs booléens » ou des « mots clés« … c’est le désert total!

Les jeunes indiquent encore préférer la télévision aux livres pour trouver leurs informations. On croit rêver.

L’étude révèle encore que les résultats des jeunes s’améliorent en fonction du niveau d’enseignement de la mère. Celui du père est moins influent. Les étudiants dont la mère est universitaire connaissent des lacunes moins sévères que ceux dont la mère n’est pas universitaire.

Les étudiants qui affichent les résultats les plus élevés? Les étudiants en littérature ou en sciences exactes. Les plus mauvais? Les futurs instituteurs et régents.

Les responsables de l’étude vont informer les ministres en charge de l’enseignement.

Nous plaiderons pour le renforcement des cours de recherche documentaire dans l’enseignement supérieur alors que nous ne sommes pas sûrs, actuellement, qu’ils soient maintenus. Nous souhaitons la généralisation des formations à la recherche documentaire dans l’enseignement secondaire.

  1. Source : Le Soir-21.05.08 []