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déc  09
20

Bientôt des profs de bouddhisme dans les écoles?

Le bouddhisme devrait être officiellement reconnu par le Parlement en 2011. Il rejoindra le catholicisme, le judaïsme, l’Islam, la laïcité organisée… Un sondage – effectué auprès de 1000 Belges – avance que près de six personnes sur dix seraient favorables à l’enseignement du bouddhisme à l’école. Celle qui sera bientôt la huitième conviction reconnue – le Vlaams Belang reste le seul à s’opposer à sa reconnaissance – pourrait donc faire son entrée bientôt dans les établissements scolaires. Le statut que lui confèrera le Parlement lui ouvre en effet l’accès au financement public des lamas, des professeurs de bouddhisme et des « aumôniers » officiant en hôpital et en prison.

Petit à petit, le bouddhisme trouve sa place dans notre société. Un lama tibétain encadre déjà une trentaine de détenus, à Lantin. Et une Haute école de Louvain, donne déjà l’opportunité à ses élèves d’opter pour des cours de bouddhisme. S’ils ne sont qu’une douzaine pour l’instant, la proportion d’étudiants intéressés pourraient atteindre 32.000 si toutes les Hautes Ecoles devaient proposer cette option.

Pour le sociologue Erik Stevens, le défi est très important :

Les autorités et la population belges attendent une présence du bouddhisme à moyen terme dans les écoles, les prisons et les hôpitaux… Des choix stratégiques s’imposent afin que des pools de personnes-ressources puissent se constituer, dans tout le pays ». Une formation qui passera par la cinquantaine de centres bouddhiques établis en Belgique, qu’il s’agisse de salles de méditation zen, de temples thaï ou d’instituts tibétains.1

Edel Maex, secrétaire général de l’UBB (Union bouddhique belge) :

Nous devons nous préparer dès aujourd’hui. Nos « consultants » ne devront pas transmettre la tradition dans laquelle ils se sont épanouis, mais bien les valeurs qui rassemblent les grandes écoles du bouddhisme. Notre sondage montre que ce sont nos valeurs communes – non-violence, compassion, bienveillance, écoute, respect de la nature… – qui touchent les Belges. Ce sont ces valeurs et pas une croyance qu’il nous revient de transmettre.2

  1. Le Soir – 19.12.09 []
  2. idem. []
déc  09
2

Les profs de maths, langues et sciences restent très recherchés

mathematiquesLes examens de Noël s’annoncent pour les étudiants du secondaire et, dans certains cas, l’évaluation sera limitée car des professeurs absents, pour raisons de maladies ou autres, n’ont pu être remplacés. La matière vue a donc forcément été réduite.

Cela est dû au fait que trop peu d’enseignants sortent des hautes écoles et des universités et que, dans bien des cas, les futurs professeurs “décrochent” en fin de formation pour se rediriger vers des secteurs socialement ou financièrement mieux valorisés. La pénurie touche principalement, selon le ministère, les professeurs de langues, de sciences et de mathématiques.

Pour remédier à cette pénurie, la ministre propose de revaloriser l’image de la profession. Comment?  En “mettant par exemple en valeur le travail de l’équipe pédagogique” ou encore en procédant à une revalorisation matérielle. Marie-Dominique Simonet signale que cette dernière a déjà commencé avec le maintien de l’augmentation de 1% prévue au budget 2010. Pour sûr, avec de telles mesures, la pénurie ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

Un autre piste vise le “tutorat” des jeunes enseignants par les professeurs en fin de carrière. Cette proposition a été avancée il y a quelques années (par Ecolo initialement, reprise ensuite par le MR) pour contrer les 33 pc de jeunes professeurs qui abandonnent en début de parcours.

La pénurie provoque parfois des situations pour le moins loufoques. Ainsi, dans certaines écoles, plus d’un tiers des enseignants ne possèdent pas le titre requis. Et dans d’autres, il n’est pas rare de voir un comptable assurer les cours de maths ou une assistance sociale reprendre le cours de français.1

  1. Belga – 2.12.09 []
sept  09
12

Simonet répond aux enseignants

Marie-Do SimonetElle se serait sûrement passé de cette polémique qui enfle, qui enfle… et qui va peut-être exploser. En moins de 24h, la ministre de l’Enseignement aura réussi à se mettre tous les enseignants à dos. Sa sortie sur les profs qui, demain, devront travailler plus (avec les mêmes moyens qu’aujourd’hui) rappelle un peu le projet qu’avait la candidate malheureuse à la présidentielle française, Ségolène Royal, d’instaurer les 35 heures dans les lycées.

Si elle n’ira pas jusque là, Marie-Dominique Simonet regrette que ses idées se soient retrouvées dans la presse. Elle explique avoir souhaité d’abord rencontrer les syndicats afin de leur soumettre des pistes de réflexion plutôt que de passer en force.

J’avais prévu de discuter de « pistes », pour avoir le temps d’en parler. On aurait pu ne rien dire, faire une joyeuse rentrée et puis, au conclave, faire des coupes sombres, réfléchies en chambre, et mettre les gens devant le fait accompli. J’ai voulu être franche, transparente, travailler en confiance.

Mais la ministre ne se décourage pas.

On est devant une difficulté. Peut-on discuter des dossiers, doit-on toujours vivre dans des tabous, peut-on parler ? Ce sont des pistes ; par définition, on peut les abandonner. Je ne suis pas naïve, je ne demande pas aux syndicats de se réjouir, ni de cautionner les mesures d’économies. C’est au politique d’assumer. Mais, souvent, les syndicats demandent à pouvoir partager l’information et intervenir.

Et lorsqu’on l’interroge sur les mesures coûteuses prises sous l’ancienne législatures et qui se trouvent être des problèmes budgétaires aujourd’hui, elle répond :

Il est vrai qu’on entend beaucoup parler d’économies, mais pas de la poursuite des investissements dans l’enseignement. Sous la législature écoulée, on a fait beaucoup d’efforts. On a engagé énormément d’enseignants. Sur la période 2004-2010, il y a eu + 6 % sur le salaire des enseignants.

(…) Mais personne ne savait, en 2004, 2005 ou 2006, qu’il allait y avoir cette crise. Nous avons voulu affecter des ressources nouvelles à l’enseignement et on ne peut pas nous le reprocher. Les enseignants ont donc eu une revalorisation supérieure à la moyenne, mais bien justifiée. On a connu un contexte global de revalorisation de l’enseignement, par toute une série de mesures – comme l’alignement du salaire des instituteurs sur celui des régents – et nous voulons continuer et immuniser ce contexte global. On a donc décidé de poursuivre, par exemple, la revalorisation salariale. Il reste 1 % à octroyer, nous allons le faire. Peu de secteurs auront 1 % d’augmentation en 2010. On a aussi travaillé sur les pécules de vacances. Par ailleurs, les DPPR à 55 ans (départs précédant la pension de retraite) sont garantis jusqu’en 2011. Mais il est quand même logique de discuter de ce qui va se passer après. Nos voisins flamands, beaucoup plus riches, ont changé de système, de même que la Communauté germanophone. Ce que je propose, c’est de réfléchir à une sortie de système intelligente. Lors de la dernière législature, on a octroyé une augmentation barémique à ceux qui continuent à travailler à 57 ans, et une autre à 58 ans, qui peut générer un salaire poche net de 150 euros. Ce n’est pas neutre, c’est motivant. Il y a donc moyen de trouver des mesures intelligentes. C’est de cela que je veux discuter. Et il pourra y avoir une certaine souplesse, par exemple via le tutorat (coaching des jeunes enseignants par des anciens, NdlR). Ce sont des pistes intéressantes. Il faut y réfléchir maintenant. Ce n’est pas à la veille de 2011 qu’il faudra le faire. Nous voulons poursuivre cette tendance à la revalorisation de l’enseignement et lancer de nouvelles politiques, comme l’encadrement différencié en faveur des écoles qui accueillent le public défavorisé.1

Marie-Dominique Simonet appelle donc au calme et au dialogue. Pour elles, les économies générées par ces sacrifices serviront à la fois à préserver l’emploi et à garantir le Contrat pour l’école.  Elle attend des syndicats qu’ils ne rajoutent pas de l’huile sur le feu et jouent correctement leur rôle de relais entre les enseignants et le monde politique.  Un vœu pieux? Pour cette semaine en tout cas, oui.

  1. La Libre – 12.09.09 []
juil  09
8

Quand les enseignants ont le blues

image001C’est une première. Une étude internationale publiée par l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques) révèle que, dans le monde entier, les enseignants du secondaire inférieur sont confrontés aux même problèmes : reconnaissance insuffisante, problèmes de discipline, besoin de formations individualisées. Des enseignants et directeurs d’école de 23 pays ont été interrogés – mais pas en Allemagne, en France ni en Communauté française – y compris en Région flamande. Premier enseignement : il serait bon de penser à créer de meilleurs mécanismes pour évaluer et récompenser les meilleurs professeurs. Ils sont près de 75% à prétendre n’obtenir aucune reconnaissance quand ils améliorent leur travail, et  autant estiment que leur chef d’établissement ne sanctionne pas les mauvais enseignants.

En moyenne, 13% des professeurs disent n’avoir jamais de retour sur la façon dont ils travaillent. Un taux qui atteint 55% en Italie et 46% en Espagne. Mais lorsque (rare) retour il y a, il ne débouche que pour seulement 10% sur un avantage financier, et pour 16% sur de l’avancement.

Côté discipline, ce n’est pas plus brillant. Un enseignant sur quatre peut perdre jusqu’à 30% de son temps à faire de la discipline et des tâches administratives. Près de 6O% des directeurs pensent que la mauvaise conduite des élèves nuit à la qualité des cours dans leur établissement. Suit l’absentéisme (46%) ou les retards (39%) des élèves, la vulgarité et les injures (37%), l’intimidation ou les violences verbales contre d’autres élèves (35%), le vandalisme (27%).

L’étude suggère quelques pistes assez simples pour tenter d’apaiser le malaise des enseignants. Ainsi, il y a moins de problèmes de discipline quand les classes sont plus petites, l’enseignement plus structuré, les enseignants plus expérimentés. Et pour y parvenir, les formations individualisées semblent être « la » solution, à l’instar des formations continues (réclamées par 55% des profs) en vue d’améliorer les techniques d’enseignement, pour assurer la discipline ou gérer des classes hétérogènes, ou apprendre à mieux utiliser les outils informatiques.

Nos voisins flamands sont, avec les Norvégiens, ceux qui se disent les plus satisfaits de leur situation. Il faut dire qu’avec 17 élèves, en moyenne, dans les classes, ils sont assez privilégiés par rapport à leurs voisins.

Notre pays fait encore figure d’exception dans le paysage académique. Ainsi, en Flandre, 85% des enseignants ont une formation équivalente au niveau de bachelier professionnel, alors que dans la plupart des autres pays, le niveau atteint celui du bachelier académique ou du master. Une situation qui devrait évoluer avec le passage de 3 à 5 ans de la formation des régents et instituteurs.1

  1. Belga – 16.06.09 []
juin  09
22

Mise au point : Dupont Vs Destexhe

destexhe1Au programme de ce « Mise au Point » dominical, les fameux « jours blancs ». Face au ministre de l’enseignement, Christian Dupont, le député libéral au Parlement de la Communauté française Alain Destexhe. D’entrée de jeu, le réformateur critique la politique menée par son adversaire du jour. Il ne se dit pas choqué par ces « jours blancs », qu’il estime même dans certains cas nécessaires pour de nombreux élèves et parents, impliqués dans des examens souvent difficiles, mais regrette que les directions et les enseignants soient obligés d’assumer des tâches administratives qu’il juge trop contraignantes.

Avant, on avait le traditionnel bulletin. Aujourd’hui, il y a le bulletin. Et puis dans certains degrés, il y a une attestation de compétences qu’il faut remplir pour chaque élève dans chaque matière. Et puis pour les élèves en difficulté, il y a encore un plan d’apprentissage et, en plus de cela, il y a une attestation d’orientation à donner à la fin de chaque degré.1

Pas question donc de jeter la pierre aux écoles qui ne peuvent rien mettre en place pour occuper ces journées d’oisiveté pour leurs élèves.

Le ministre contre-attaque. Les « jours blancs » ne sont pas des vacances anticipées. Il pointe différentes mesures adoptées destinées à les encadrer. D’abord, l’obligation de ne pas terminer les examens avant la date du 18 juin. Ensuite, cette enveloppe de 2 millions offerte aux écoles désireuses de mettre en place des activités sportives, culturelle ou tout simplement récréatives.

Christian Dupont réfute les accusations de M. Destexhe. Non, le travail administratif n’est pas plus lourd aujourd’hui.

Je ne pense pas qu’on ait alourdi les tâches administratives des enseignants. Il y a toujours eu délibérations, il y a toujours eu des attestations d’orientation à remettre aux élèves… et il y a toujours eu l’année scolaire prochaine à préparer… Je pense qu’on est dans une période un peu creuse pour les élèves, mais ils ont besoin de souffler, mais qui est très remplie pour les écoles.

Interrogé sur le fait que seulement 1 école sur 6 ait sollicité une aide de la Communauté française pour organiser ses activités, le ministre se refuse à parler d’échec, arguant qu’il s’agit de la première année et que 140 projets ont tout de même été déposés. Et puis, il y a ces écoles qui organisent chaque année des activités sans le concours de la CF et qui donc n’ont pas été comptabilisées.

Également questionné sur le déficit budgétaire attendu dans les entités fédérées, le ministre s’est voulu rassurant, affirmant ne pas voir comment on allait pouvoir toucher au budget de l’enseignement, alors que tous les partis se sont engagés à refinancer ce secteur et à porter de nombreuses réformes… coûteuses mais nécessaires selon Christian Dupont.

Je pense qu’on ne fera pas demain comme on faisait hier mais, sur l’enseignement, l’effort sera maintenu.

Alain Destexhe est sceptique. Évoquant le refinancement de la Communauté française en 2004 – 400 millions d’euros – il accuse la majorité sortante d’avoir vécu au-dessus de ses moyens.

Vous avez dépensé plus que le financement. Je crois que nous allons au devant de difficultés importantes. Je ne pense pas que le budget de l’enseignement soit menacé mais le problème, ce n’est pas le budget – un des plus importants consacré à l’enseignement dans le monde – c’est l’organisation. Nous continuons à avoir trois réseaux officiels, ça nous coûte très cher. Il nous faut une meilleure coordination et un P.O. unique pour ces réseaux. De même que nous avons une pénurie très importante de professeurs mais en même temps, nous avons le taux d’encadrement le plus important de toute l’Union européenne à l’exception du Portugal. Dans le secondaire, on arrive à un ratio de 10 élèves pour 1 professeur.

Rationalisation, réorganisation… les deux hommes sont en tout cas d’accord pour dire qu’il est temps de porter un projet fort pour l’école, sans mesures d’austérité. Interrogé par le journaliste Olivier Maroy, Christian Dupont ne nie pas être toujours intéressé par le poste de ministre de l’enseignement. Quant à savoir si ce portefeuille risque de filer dans les mains du CDH, on ne le saura pas cette semaine. Encore un peu de patience…

  1. RTBF – 21.06.09 []
juin  09
11

Le retour des jours blancs

permis-de-conduireIl est inutile de vous rappeler ce que sont les jours blancs, ces journées post-examens durant lesquelles les jeunes sont livrés à eux-mêmes, leurs professeurs, mobilisés par les corrections d’examens et les conseils de classe, n’étant ni en mesure de leur donner cours, ni de les occuper. Les ministres Arena et Dupont ont bien tenté, avec un certain succès, d’encadrer ces jours, fixant, par exemple, une date commune de fin des examens (cette année, le 18 juin). Il est vrai que, selon les établissements, les professeurs entraient en délibérations parfois 15 jours avant la fin de l’année…

Mais la question demeurait : « comment occuper les élèves après les examens? » Le ministre Dupont a alors inscrit une enveloppe de 2 millions d’euros au budget 2009. Son idée? Puisque les enseignants sont indisponibles, donnons-leur les moyens d’organiser des activités – en engageant des intervenants extérieurs ou des professionnels par exemple – en leur offrant un subside. Seule condition pour bénéficier de ce coup de pouce de la Communauté française : rentrer son projet avant la fin du mois d’avril.

Les activités possibles ne manquent pas : formations au permis de conduire, à la conduite à vélo, excursions à Londres ou à Paris, immersion en néerlandais… Activités sportives, culturelles, scientifiques ou citoyennes, les écoles avaient le choix. Terminé les jeunes qui traînent dans la rue? Pas si vite. Sur les 500 établissements de la Communauté française, 80 seulement ont demandé et obtenu le petit bonus du ministère de l’enseignement pour financer leurs activités extra-scolaires. Au final, ce dernier ne déboursera que 310.000 euros. On est très loin des 2 millions disponibles.

A l’Institut Notre-Dame de Chimay, on se dit « ravis » de l’aubaine que représente cette petite manne financière. L’école a obtenu 3000 euros pour organiser, entre autres, des journées de sensibilisation aux dangers de la circulation et des balades à vélo pour les plus jeunes avec l’asbl ProVelo, une formation aux premiers secours étalée sur 5 jours, une autres au permis de conduire théorique pour les rhétos avec une auto-école, etc. La formation au permis théorique sera d’ailleurs offerte aux étudiants dans un bon quart des écoles concernées…1

Au ministère, on ne comprend pas pourquoi les établissements n’ont pas davantage profité de l’occasion qui leur était donnée d’organiser des activités intéressantes pour leurs élèves. Certaines écoles ont même obtenu jusqu’à 25.000 euros pour financer plusieurs projets. Il y avait de la marge…

  1. Le Soir – 10.06.09 []
août  08
31

Nos écoliers ont des problèmes de lecture

C’est une récente enquête de la Communauté française qui l’affirme1. De plus en plus de jeunes éprouvent des difficultés à lire et surtout… à comprendre ce qu’ils lisent. Les résultats des dernières évaluations externes réalisées dans toutes les école de la Communauté sont éloquents.

En 2e primaire, quatre enfants sur cinq réussissent brillamment les tests de lecture. Mais trois ans plus tard, 30% des élèves rencontrent d’importantes difficultés.

En 2e secondaire, ils sont plus de 50% à avoir des problèmes de lecture. Un élève sur deux. Un chiffre pour le moins inquiétant.

Dominique Lafontaine, professeur en sciences de l’éducation à l’ULg :

On ne constate pas cet espèce de saut qualitatif qui est attendu par les instructions officielles et qui fait que les élèves seraient à même véritablement de comprendre et d’interpréter un texte au-delà de la surface de ce texte.

Pour expliquer ce phénomène, différentes causes sont avancées, parmi lesquelles une trop faible utilisation par les enseignants des outils didactiques mis à leur disposition. Et puis il y a ce constat troublant chez les étudiants qui entament des études pour devenir professeurs. Un examen réalisé dans une Haute école révèle que 79% d’entre eux échouent à l’épreuve de vocabulaire.

Dominique Lamotte, chargée de mission-Conseil de l’Education et de la Formation de la Communauté française, explique :

Les étudiants qui s’inscrivent dans les départements pédagogiques des Hautes écoles et qui se destinent donc à devenir enseignants sont en général ce qu’il est convenu d’appeler de piètres lecteurs. On a très peu d’étudiants qui sont de bons lecteurs!

Ceci explique donc cela. Il faudra donc avant tout réconciler les futurs professeurs avec la lecture et les former davantage aux stratégies de compréhension de textes… On ne peut pas s’étonner du faible niveau de nos élèves si leurs professeurs ne sont pas capables de mieux faire…

  1. Source : JT RTL – 30.08.08 []
août  08
30

On recherche des professeurs d’immersion linguistique

C’est une tendance qui ne fait que s’affirmer d’année en année, de plus en plus d’écoles ouvrent des classes d’immersion linguistique. Elles répondent ainsi à la demande sociale et au souhait de nombreux parents de voir leur progéniture maîtriser deux voire trois langues.

Cependant, il faut bien constater que les professeurs habilités à enseigner dans ces sections se font rares. Au point que de nombreux chefs d’établissement sont parfois obligés de revoir leurs exigences à la baisse.

Pierre Fourneau est directeur de l’Institut Saint-Laurent de Marche-en-Famenne. Son école propose des cours d’immersion en anglais et en néerlandais. Prudent, il sait qu’il faut parfois s’y prendre deux ans à l’avance pour dénicher la perle rare. Mais heureusement, son équipe est complète pour cette rentrée1.

Il faut trouver des personnes qui ont un profil particulier. Des gens qui soient, idéalement, « native speakers », qui aient un titre pédagogique, qui puissent enseigner les matières que l’on voudrait enseigner en immersion, qui puissent tenir des classes…

Pas facile de trouver un tel enseignant du premier coup. Et quand cela arrive, il faut encore le garder. Les professeurs néerlandophones étant mieux payés en Flandre…

A l’Institut Saint-Jospeh, Rose-Anne Castreman cherche encore. Elle n’a toujours pas trouvé d’enseignant pour assurer les cours d’Histoire-Géographie pour ses cours d’immersion2.

J’ai été jusqu’à téléphoner dans les casernes, de manière à voir si une épouse de soldat néerlandophone ne serait pas intéressée par donner des cours en immersion.

Pour aider ces écoles, la Communauté française a mis en place un système de dérogations. Si l’exigence de la langue est un point essentiel qui doit être respecté, les chefs d’établissement seront beaucoup plus coulants avec les néerlandophones qui ne possèdent pas le – ou un – titre pédagogique. On se pose immédiatement la question de la qualité de cet enseignement qui peut donc être dispensé par une personne n’ayant aucune connaissance de la matière qu’elle devra pourtant enseigner toute une année… De l’Histoire, même en néérlandais, reste de l’Histoire… avec ses exigences, ses méthodes et son programme.

Vous avez dit « enseignement bradé »?

  1. Source : JT RTBF – 28.08.08 []
  2. Source : JT RTBF – 28.08.08 []
juil  08
6

Bientôt un Note2be à la sauce belge?

Note2be. ce nom ne vous dit peut-être rien. Sachez pourtant qu’il a provoqué, il y a quelques mois, une mini-révolution chez nos voisins français. Né des oeuvres d’un certain Stéphane Cola, chef d’entreprise, Note2be est à l’élève ce que le bulletin est au professeur… Entendez que sur ce site Internet, les élèves peuvent évaluer à leur tour leurs professeurs, les gratifier d’un sévère zéro ou d’un élogieux vingt sur vingt… tout cela sur base de différents critères comme «intéressant», «clair», «disponible», «équitable», «respecté» ou «motivé». Les professeurs avaient également la possibilité d’entrer dans un top 5 et leur établissement dans un top 10.

Le succès avait été au rendez-vous. En mars dernier, le site enregistrait 100 000 connexions par jour, selon les responsables, et comptait près de 50 000 professeurs évalués.

La communauté enseignante s’était émue que l’on livre ainsi les professeurs en pâture.1 Claudie, enseignante de SVT (sciences de la vie et de la terre), avait été « surprise et agacée » de découvrir ses notes : «Un 14 en clarté» et «un 9 en disponibilité». Ajoutez à cela que les noms et les affectations des fonctionnaires étaient affichés sur le site et visibles par tous, qu’aucun droit de réponse n’était offert et vous comprendrez aisément le courroux de nos collègues français.

Voilà le type-même de décision irresponsable et démagogique. Un élève est un être en devenir. Sa fonction est d’apprendre. Par définition, il ne peut être en situation de juger celui qui lui enseigne ce savoir. Cette énième soumission au jeunisme est la porte ouverte à toutes les dérives. Un professeur n’est pas un « prof », il n’a pas à être « sympa », ni drôle, ni cool, et encore moins sexy. Et s’il doit être apprécié et respecté par ses élèves, c’est uniquement pour la maîtrise de sa matière, ses exigences et ses aptitudes pédagogiques.2

Patrice Wach est prof de maths. Cette histoire de site ne l’a pas perturbé.

Que les élèves n’aiment pas les profs, il n’y a rien de nouveau. Le seul aspect gênant, c’est la trace écrite. Tout le monde est d’accord pour évaluer les professeurs ; le problème c’est comment le faire. Le système d’inspection n’est pas au point. Quant à l’avis des élèves, il n’est pas nul, même s’il ne peut être un élément déterminant pour savoir si tel ou tel est un bon prof.

Et les élèves? A lire leurs réactions, le concept ne suscite pas chez eux un enthousiasme débordant. Certains font même preuve, sur la question, d’une maturité plutôt étonnante.

Un prof, ça ne se note pas. D’ailleurs, on ne voit pas trop l’intérêt. On sait qu’un prof est digne de l’être parce qu’il a passé un concours , l’a réussi et a donc déjà été évalué.3

C’est un peu lâche. Je ne vois pas trop à quoi cela va servir. C’est limite « débile » comme procédé. Les profs, on en parle assez entre-nous dans les couloirs, on va pas en plus les noter sur Internet. Lire la suite de cet article »

  1. Source : Libération – 4.03.08 []
  2. Source : http://blogs.alsapresse.com []
  3. Source : http://journal-lamarseillaise.net/new/index.php []
avr  08
13

Jeunes profs : le ras-le-bol

J’en ai marre !

Je n’en peux plus. Je pars! Mon cauchemar, c’est de retourner dans une classe en septembre. Je préférerais vendre des fringues ou des sandwichs!

Ces propos douloureux sont de Charlotte, 26 ans, qui enseigne « de tout sauf du français » depuis seulement quelques années. Pour elle, l’enseignement, c’est fini. Et elle n’est pas la seule. En Communauté française, après cinq ans, ils sont en moyenne deux sur cinq à abandonner le métier, souvent pour une nouvelle carrière dans le privé. Un taux de survie de 60% donc pour les jeunes profs, au bout de cinq ans. Ce chiffre n’est pas neuf, l’étude qui l’a révélé date déjà de 1999 mais pour de nombreux observateurs de notre enseignement, compte tenu que la formation des enseignants et les conditions d’entrée dans l’enseignement n’ont pas beaucoup bougé depuis, il y a fort à parier que ce chiffre n’a pas changé.

L’insertion reste toujours un moment difficile, comme nous l’explique Christelle Devos, doctorante à l’UCL.

Trop d’abandons…

Les jeunes profs sont souvent engagés très rapidement : « vous donnez huit heures de cours à partir de demain » … Ils héritent souvent des classes les plus difficiles et endossent dès le premier jour les mêmes responsabilités que des profs aguerris. Or, ils ont justement une plus grande charge de travail, puisqu’ils doivent préparer des cours qu’ils n’ont encore jamais donnés et apprendre à gérer une classe. Tout cela avec peu de soutien de collègues; c’est un métier où c’est souvent chacun pour soi.

En Communauté française, des groupes de travail devraient se réunir fin du mois pour plancher sur le sujet alors que la Flandre a déjà pris les choses en main avec un décret : durant les deux premières années, le jeune prof sera accompagné d’un tuteur, d’un parrain.

Mais si les débuts sont difficiles, il reste encore de nombreux points noirs qui rebutent les jeunes pédagogues. Quels sont-ils? Enseignons.be vous les présente et, grâce à Télé Moustique1, vous livre également le point de vue de notre nouveau ministre, M. Dupont.

  1. La solitude des débuts : Peu d’entraide, peu d’échanges, les jeunes profs sont amers et critiquent leurs collègues plus anciens. Selon eux, il est inutile et fastidieux de sans cesse devoir réinventer la poudre quand des formules existent déjà et ont fait leurs preuves. Christian Dupont est favorable au tutorat et à la formation continuée tout de suite après l’agrégation. De plus, il faut également informer les futurs profs que le métier n’est pas toujours rose, qu’il est exigeant et difficile.
  2. Absence de « kit de survie » : Quand un jeune prof débarque à l’improviste, pour un remplacement par exemple, il est souvent un peu démuni. Pourquoi ne pas créer des syllabus, des manuels pour chaque branche? Pour le ministre, la réintroduction des manuels va dans ce sens. Il cite également les documents-programmes et les socles de compétences comme canevas.
  3. La coordination : Une heure de coordination prévue obligatoirement dans l’horaire? Les jeunes sont pour. L’occasion de se retrouver entre profs enseignants la même matière et assurer le suivi. Christian Dupont est d’accord. Mais il revient aux directeurs d’aménager de tels moment dans son horaire…
  4. La reconnaissance : « Si on est prof, c’est qu’on a raté quelque chose ». Qui n’a jamais entendu cela? L’image des enseignants n’est pas toujours celle qu’ils méritent. Pour le ministre, les campagnes de pubs, comme celles qui ont été faites dans le passé, n’y changeront rien. Cependant, une récente étude du journal Vers l’Avenir montrait que 80% des parents se disent satisfaits de l’école de leur(s) enfant(s). Et puis, les valeurs défendues par l’école ne sont pas celles véhiculées par notre société, obsédée par l’argent et l’immédiateté.

… mais beaucoup de jeunes profs

Après le creux des années 90, les aspirants professeurs n’ont jamais été aussi nombreux dans les filières pédagogiques. Depuis quelques années, c’est un véritable boom ! En 2005, on enregistrait, tous degrés confondus, 17.000 inscriptions et 4.000 diplômés. Et les chiffres2 sont à la hausse… dans toutes les filières.

Du sang frais attendu, mais qui ne comble pas les départs massifs de pensionnés entre 1995 et 2000. De plus, certaines matières sont davantage exposées à la pénurie : les langues, les maths, les sciences, la philo et les cours techniques.

A la rentrée 2009, le gouvernement débloquera 40 millions d’euros pour lutter contre l’échec scolaire. 1.200 professeurs seront engagés. En espérant qu’ils ne prendront pas tous la poudre d’escampette après quelques heures passées dans leurs classes…

  1. source : Télé Moustique-9/04/08 []
  2. Source : Indicateurs de l’enseignement 2007 []
mar  08
19

Le Vif le dit : on manque de profs!

feu-vert2.jpgCette semaine, la magazine « Le Vif/L’express » proposait à ses lecteurs un dossier complet sur « Les diplômes qui marchent » : les formations gagnantes, les études à éviter, les salaires de départ, les emplois du futur…

Et là, en feuilletant… Ô joie ! A côté des métiers comme bio-ingénieur, infirmier, informaticien, expert comptable… on retrouve les professeurs et les instituteurs primaires.

Les profs ! Ces fameux profs dont des contingents partent en ce moment à la pension… et qu’il faut remplacer. Les postes les plus en vue sont, ce n’est pas une surprise, ceux relevant des disciplines scientifiques : profs de mathématiques et de sciences. Mais les régents ou les licenciés en langues sont aussi demandés, de même que les titulaires d’un diplôme technique, prêts à enseigner dans les filières professionnelles.

Seul secteur « bouché » : l’éducation physique. Si vous êtes prof de gym, il faudra mordre sur votre chique…

Voilà qui motivera peut-être les étudiants hésitants… et tous les autres.

Source : Le Vif/L’express – 14-20/03/08