02 Mai 2008

Sainte Onkelinx, patronne des médecins

Elle doit certainement être bénie par le millier d’étudiants en médecine qu’elle a sauvés. On ne parle pas encore de canonisation dans les couloirs du Vatican mais dans les amphithéâtres, c’est comme si c’était déjà fait. Il faut dire que la ministre vient de procéder à une petite révolution. En bref, tous les médecins qui sortiront des universités cette année seront autorisés à pratiquer. Tous, sans exceptions. Et rien que cela, c’est déjà une sacrée nouvelle, ne serait-ce que pour les centaines d’étudiants « en trop » qui risquaient de se retrouver coincés après leurs études. La ministre a décidé de revoir les quotas ((Source : Le Soir-28.04.08)) qui limitaient pour l’instant à 700 le nombre de ces médecins autorisés à exercer leur métier. Il sera progressivement porté à hauteur de 1.230 d’ici 2015. La clé de répartition régionale (60% de médecins flamands pour 40% de médecins francophones) restera elle inchangée. Un arrêté royal devrait être publié dans les prochaines semaines après concertation avec les deux communautés.

Laurette Onkelinx prouve ainsi qu’elle a entendu le signal émis par une étude de l’ULB qui, en 2005, établissait que le nombre de médecins actifs en Belgique était largement surestimé. En cas de maintien des quotas actuels, et en tenant compte du vieillissement et de la féminisation du corps médical, l’université prédisait ni plus ni moins qu’une grave pénurie, source de nombreuses files d’attente dans les cabinets, de baisse de la qualité des soins, etc.

Ce numérus clausus avait été mis en place en 1997 avec pour objectif de contenir les dépenses de santé et de réduire la densité de médecins en Communauté française. Depuis, de nombreuses voix s’étaient régulièrement levées pour réclamer sa disparition pure et simple.

La FEF a salué cette décision. Son président, Mathias El Berhoumi, a félicité la ministre.

Nous sommes évidemment très contents, c’est une demande que nous avions depuis très longtemps. Cette décision va sauver les étudiants en plein cursus. Elle montre surtout toutes les limites d’un système. Nous espérons que ce geste va ouvrir le dialogue sur le contingentement des études de médecine.

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