24 Sep 2008

Le décret « inscriptions multiples » entre en piste

Non, il ne s’agit pas d’un nouveau décret. Le texte rédigé par Christian Dupont puis voté en juillet dernier sera bien d’application pour toutes les écoles de la Communauté française. Pour autant, le décret « mixité sociale » ne rassure pas grand monde. S’il est presque acquis que les files interminables de parents devant quelques établissements cotés ne se reproduiront plus, les chefs d’établissement redoutent encore d’autres effets pervers. ((Source : Le Soir – 24.09.08))

Ces chefs d’établissements qui ont reçu cette semaine la circulaire n°2448 qui fixe les « modalités relatives à l’inscription des élèves en première année de l’enseignement secondaire ordinaire« . Une circulaire… épaisse : 38 pages, petits caractères, aucune image. Et plutôt indigeste… certains préfets et directeurs s’arrachent parfois les cheveux devant la complexité du texte. Quant ce ne sont pas les parents qui, paniqués, harcèlent les secrétariats au téléphone. Le directeur du Collège St-Pierre de Jette, M. Thierry Vanderijst, dit ainsi avoir reçu près d’une centaine de demandes d’informations de la part de parents inquiets.

L’homme s’attend d’ailleurs à ce que les parents, préférant jouer la prudence, inscrivent leur(s) enfant(s) dans plusieurs établissements. En effet, les écoles qui n’auront pas assez de places devront procéder à un tirage au sort pour les demandes excédentaires. Et plus on achète de billets, plus on augmente ses chances de tirer le gros lot. CQFD.

Pour les directions, cette situation est impossible. Imaginez un parent qui multiplie les inscriptions (un simple document envoyé à l’école suffit) sans se soucier du projet éducatif des établissements qu’il convoite pour son enfant et qui ne prendra pas la peine (c’est presque certain) de prévenir les établissements où ce dernier sera reçu mais qu’il ne retiendra finalement pas. Un cas classique mais qui posera de gros problèmes dans les écoles. Jusqu’au moment de la rentrée, il sera impossible de connaître le nombre réel d’élèves dans une école.

Mais pour Christian Dupont, les problèmes ne concerneront que vingt-neuf écoles. Le ministre parle de « phénomène marginal« .

Cela n’a pas de sens de multiplier les inscriptions et de se précipiter comme s’il n’y avait pas de place alors qu’il y en a plus que ce qu’on croit.

Il reste quand même que ces établissements « cotés », où se bousculent les parents, en pénaliseront indirectement beaucoup d’autres… essentiellement à Bruxelles où on en retrouve 19. Au Collège St-Pierre, il reste encore 90 places pour de nouveaux élèves… mais le directeur parie une bouteille de champagne avec le ministre qu’il enregistrera au moins 600 demandes. S’il le dit, on veut bien le croire…

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