TIC
14 Juin 2009

Et si Facebook menaçait l’école?

facebookIl y a quelques mois, nous vous parlions de « l’affaire Facebook » de l’Institut  St-Jacques à Liège, qui avait décidé de sanctionner 70 élèves, coupables d’avoir publié un groupe appelant à la démission de l’une de leurs éducatrices. Cette histoire mettait en lumière les difficultés que rencontrent de nombreux établissements à faire face aux nouvelles technologies de l’information et en particulier les réseaux sociaux. Il apparaissait que beaucoup d’écoles n’avaient encore jamais pensé à sensibiliser leurs élèves aux dangers d’Internet et au respect de la vie privée.

Le magazine de la RTBF « Questions à la Une » est récemment revenu sur ce phénomène qu’est Facebook. Alors que le site fait un carton dans les entreprises (ils seraient des milliers d’employés à s’y connecter chaque jour), assiste même la police dans sa recherches d’indices, il aurait été stupide de penser que la « Facebookmania » puisse s’arrêter aux portes de nos écoles. Élèves et professeurs n’hésitent pas à se rejoindre sur la toile, devenant, pour l’occasion, les meilleurs amis virtuels du monde. Mais cette nouvelle relation ne risque-t-elle pas de poser problème? ((Source : Questions à la Une – RTBF – 3.06.09))

Thomas Rorive, journaliste : C’est courant les contacts entre profs et élèves sur Facebook?

Une élève : Oui, c’est courant.

Quel est l’intérêt, d’après toi, d’avoir un ami « prof » sur Facebook?

On peut voir ses activités récentes, on peut voir les amis qu’il a rajoutés, lui. Ça me permet de voir ce que le professeur fait en dehors de l’école, si c’est une autre personne.

question à la uneMais attention, Facebook ne fait pas forcément l’unanimité au sein de la salle des profs.

Un enseignant se doit en principe, lorsqu’il est dans son climat de classe, d’accepter tous les élèves. Il ne doit pas faire de différences donc d’un point de vue éthique et déontologique, moi j’estime qu’à la base, ça pose un certain problème. Quid de l’enseignant qui accepte seulement quatre ou cinq étudiants alors que d’autres lui ont proposé et qu’il a refusés? C’est d’une certaine manière avoir des chouchous. ((Nicolas François, professeur de français – Institut Notre-Dame))

Les préfets et les directeurs sont, eux aussi, obligés de s’adapter… Il suffit parfois d’un rien pour que le réseau ait des répercussions sur la réputation d’une école.

On lit sur Facebook « oh, demain, c’est l’école, j’ai pas envie d’y aller… » et ce sont des profs qui écrivent… Alors imaginez les « contacts élèves » qui peuvent lire cela mais aussi les parents… qui vont dire « ben ton prof, il est pas très motivé, qu’est-ce que c’est que pour une école? ». Ca peut paraître tout à fait banal mais c’est lourd de sens. Et comment motiver les enfants s’ils voient que le prof n’a déjà pas envie d’avoir cours? ((Carine Vandewiele, directrice de l’Ecole du Futur à Mons))

J’estime qu’il y a certaines profession comme celles liées à la médecine, à la Justice mais aussi à l’enseignement qui méritent un devoir de discrétion. Or, en autorisant que des professeurs établissent des relations « soi-disant » amicales avec des élèves mineurs d’âge, des relations qui passent par l’échange de courriers, de photographies, etc… je dis que le professeur se fragilise et qu’on désacralise encore un peu plus la profession qui n’en a certainement pas besoin. ((Michel Meuret, coordinateur pédagogique))

Il revient à chaque enseignant de s’interroger sur la relation qu’il entretient avec Facebook… tout en gardant à l’esprit qu’il est l’ambassadeur de son école et qu’il lui appartient, en toutes circonstances, de donner une bonne image de son établissement et de sa profession.

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