06 Août 2009

Marie-Dominique Simonet : enthousiaste mais lucide

SimonetQuelques jours après sa désignation comme ministre de l’enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet (CDH) a accordé un long entretien au journal Le Soir. Elle avoue elle-même que ce poste n’est pas un cadeau en ces temps difficiles mais se dit satisfaite de pouvoir porter haut les valeurs de son parti pour qui le capital humain a toujours été une priorité. Elle reste néanmoins optimiste en dévoilant ses priorités pour la rentrée.

(…) Ce n’est pas facile. Même en période un peu prospère. Et là, on est en période d’austérité. Comment dire autrement les choses? (…) Me confier l’Enseignement, c’est une preuve de confiance de la part des trois partis. Et c’est une grande responsabilité – les demandes sont énormes. J’aborde la compétence avec modestie.

Alors, quid du décret Mixité dont les modalités, on le sait, doivent être repensées? La ministre jure que de nouvelles règles seront trouvées après avoir mis tous les acteurs autour de la table à la rentrée. Elle espère un système juste, transparent et qui atteigne l’objectif d’une plus grande mixité sociale dans les écoles. Quand sera-t-on fixé? Avant février 2010. Pour l’heure, Mme Simonet va se concentrer sur la bulle des inscriptions, histoire d’assurer à tous les enfants une place dans une école.

Côté formation des enseignants en 5 ans, la ministre ne semble pas particulièrement pressée de mettre en pratique le nouvel accord de gouvernement.

(…) Si on passe à 5 ans, des jeunes renonceront ou préfèreront faire le droit ou autre chose. Donc, on risque de perdre des jeunes et d’accentuer la pénurie. Dans la mesure où les normaliens auront fait des études en cinq ans, il faudra les payer en conséquence, comme des masters. Et l’on sait bien que les autres, ceux qui ont fait l’école normale en trois ans, réclameront ensuite une égalité de traitement.

Mme Simonet penserait plutôt développer la formation en alternance et/ou continuée. Amusant lorsque l’on sait que son parti, comme les autres partenaires de la majorité n’ont cessé de marteler que cette formation devait être revalorisées, histoire, notamment, de mieux armer les enseignants à la maîtrise de la langue, aux techniques de remédiation… Point essentiel si l’on veut, et cela aussi c’est dans l’accord du gouvernement, réduire le redoublement et redonner au métier de prof ses lettres de noblesse.

Et à ceux qui espéraient la survie des DPPR après 2011, tout espoir est vain. Simonet ouvrira bientôt le dossier et cherchera des alternatives pour garder les professeurs dans leurs classes (bonus salarial, horaires aménagés…). Elle est cependant convaincue (le contraire aurait été amusant) qu’une majorité d’enseignants ayant passé le cap des 55 ans seront ravis de rester pour accompagner les jeunes qui démarrent. Pas de problème donc. ((Le Soir – 23/07/09))

Enseignons.be a sollicité une interview avec Mme Simonet. N’hésitez pas à nous transmettre les questions que vous aimeriez lui poser.

S'abonner à notre newsletter

Recevez gratuitement les dernières actualités de l'enseignement dans votre boîte mail.