28 Déc 2009

L’école s’organise face au jeu du foulard

Cette année, en Communauté française, plusieurs jeunes enfants sont décédés d’avoir voulu jouer au « jeu du foulard« . Le principe est simple : un foulard serré autour du cou provoque l’étranglement, qui peut mener à l’évanouissement et procurer des sensations corporelles intenses et des hallucinations. Le ministère de l’Enseignement a décidé de réagir, tout en essayant d’éviter le piège de faire à cette pratique une trop grande publicité. Une brochure intitulée “Les jeux dangereux, ce n’est pas du jeu ! va prochainement être envoyée aux centres psycho-médico-sociaux (CPMS) puis aux enseignants.

Il est important de laisser le temps aux professionnels des CPMS de prendre connaissance du contenu de la brochure avant qu’ils ne doivent répondre aux questions des profs. ((Communiqué du cabinet de la ministre Simonet – La Libre – 28.12.09))

Les CPMS seront chargés de fournir une aide aux enseignants afin qu’ils puissent aborder de la meilleure façon possible le dialogue sur un sujet aussi délicat. Certains craignent que les débats qui pourraient avoir lieu en classe soient davantage incitatifs que préventifs. Aussi, la brochure qui sera diffusée n’est pas destinée aux ados mais bien aux adultes, de préférence encadrés par des professionnels.

D’une manière très pédagogique, elle définit ce que sont les jeux dangereux, quelles sont leurs conséquences et comment reconnaître les signes d’alertes. Une démarche éducative prudente là où d’autres pays comme les États-Unis ou le Canada préfèrent laisser parler les images « chocs », espérant ainsi effrayer les jeunes.

Le risque, c’est de donner ainsi le mode d’emploi du jeu, le goût, l’envie. (…) Nous n’avons pas la bonne solution. Nous la cherchons. En parler avec un jeune peut provoquer le comportement. (..) Mais aborder la question permettra peut-être aussi au jeune de s’exprimer plus facilement. Il est vraiment difficile d’évaluer l’impact d’une campagne de prévention. Par contre, ce qui est faisable, c’est de faire comprendre aux gens que cela arrive – et pas seulement aux autres – et de leur montrer comment on peut détecter les signes de telles pratiques. Il ne faut pas être alarmiste, mais éducatif, et renvoyer vers les professionnels. ((un conseiller de la ministre de l’Enseignement – idem.))

La brochure : une première étape

La diffusion de la brochure n’est qu’une première étape dans la démarche éducative. La suite naîtra des conclusions de la table ronde organisée par les ministère de l’Enseignement, de l’Aide à la jeunesse et de la Santé. Seront invités à y participer les professionnels des centres PMS, les pédopsychiatres ainsi que les parents d’enfants victimes ou témoins du jeu. Tous ensemble, ils essaieront de s’accorder sur les suites à donner à cette campagne et de répondre à ces questions : jusqu’où peut-on aller dans la prévention, sans aller trop loin?

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