TIC
02 Juin 2010

Baromètre 2010 : l’usage pédagogique des TIC

Cet article consacré à l’usage pédagogique des TIC est le deuxième volet  d’un ensemble d’articles sur l’enquête de l’AWT  Baromètre 2010 : « Usages des TIC dans les écoles ».

Qu’est-ce que les TICE? Les TICE ou Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Éducation englobent les outils et produits numériques pouvant être utilisés dans le cadre de l’Education et de l’enseignement. Le baromètre réalisé par l’AWT est éclairant quant à leur usage dans les écoles et par les enseignants. Ainsi, un bon quart (seulement) des établissements déclarent avoir inscrit explicitement les TICE dans le projet pédagogique de l’établissement. : une école primaire sur cinq et une école secondaire sur deux, tous réseaux confondus. Ces chiffres ne sont pas meilleurs dans l’enseignement spécialisé et de promotion sociale où le taux d’écoles maîtrisant ces nouvelles technologie ne dépasse jamais 30%.

Animation TICE

De même qu’il devrait y avoir dans chaque établissement, une personne-ressource pour assurer la bonne gestion technique et logistique des équipements informatiques – ce qui n’est pas souvent le cas – il pourrait également exister ce que nous pourrions appeler un « animateur TICE« , pour coordonner la mise en œuvre d’applications et de projets TICE. Mais globalement, en Région wallonne, seuls 14% des établissements indiquent disposer d’un animateur TICE. Et dans 60% des cas, cet animateur est également la personne-ressource TIC. C’est dans le primaire qu’on trouve le moins d’enseignants capable de porter ce type de projets : 9% des écoles ont indiqué travailler avec un animateur TICE pour 31% des écoles du secondaire.

Formation aux TICE

Lorsque l’AWT demande aux école de spécifier « le nombre d’enseignants ayant bénéficié d’une formation aux usages pédagogiques des TICE au cours de l’année scolaire écoulée », le fossé est à nouveau assez creusé entre l’enseignement fondamental et secondaire : 8% des établissement primaires signalent avoir envoyé au moins un enseignant en formation pédagogique aux TICE en 2008-2009 pour 64% des établissements secondaires. Le taux ne dépasse pas 30% dans les autres formes d’enseignement.

Globalement, en Région wallonne, ce sont donc 21% des établissements qui ont envoyé un enseignant (au moins) en formation tandis que ce taux est de 24% à Bruxelles et de 28% en Région germanophone. Cela signifie aussi que près de 4 écoles sur 5 n’ont organisé ou envoyé des enseignants dans aucune formation relatives aux TICE au cours de l’année écoulée. Ce taux est même de plus de 9 sur 10 dans le primaire.

En nombre d’enseignant, le chiffre est encore plus frappant. A l’heure d’Internet, de Facebook, de twitter… seuls 1,8% des enseignants du fondamental seraient formés aux nouvelles technologies pour 6% des professeurs du secondaire.

Usage des TICE

Il est assez compliqué de quantifier l’usage des TICE dans les écoles. Chaque enseignant travaillant à sa manière, avec plus ou moins de motivation. L’AWT a cependant demandé aux chefs d’établissement  d’estimer « la part des enseignants qui utilisent les outils informatiques dans leurs cours, au sein de la classe ». Résultats : 67% d’écoles secondaires auraient entre 10 et 50% d’enseignants utilisant l’outil informatique en classe. Un chiffre a tempérer par la présence, spécialement dans les options techniques, de disciplines qui réclament impérativement l’usage de l’ordinateur: bureautique, comptabilité, dessin technique… Dans le fondamental, un directeur sur deux (42%) pense que moins de 10% de son équipe travaille avec un ordinateur.

Mais alors, quid des outils qui ont été lancé en fanfare par la Communauté française il y a quelques années, comme le Passeport Tic? Créé en 2003, le Passeport TIC a pour objectif d’éduquer les élèves à un ensemble de compétences significatives dans le domaine des technologies de l’information et de la communication et d’en attester la maîtrise. Une école sur vingt en primaire, seulement, a utilisé ce nouvel outil… comme 20% d’écoles secondaires, un établissement sur cinq. Ces chiffres ne sont évidemment pas positifs. Selon les chefs d’établissement, le nombre d’élèves ayant reçu le Passeport TIC en 2009 ne dépasse pas 3.300 en Région wallonne alors que le 1er degré du secondaire draine près de 100.000 élèves.

Freins à l’usage des TICE

Pour les directions d’école – et les enseignants – de nombreux obstacles expliquent pourquoi les TICE sont si peu enseignées et exploitées dans nos classes. Le manque d’ordinateurs dans les écoles serait le premier frein (46% des répondants) avant le manque de classes équipées avec ordinateur et projecteur (38%), le manque de culture TIC des enseignants (29%) et le manque de formation des enseignants à l’usage des TIC (25%).

Hélas, il ne suffit pas d’apporter demain dix ordinateurs à une école qui n’en possède pas pour la voir d’un coup entrer dans l’ère du numérique. Les écoles soulignent encore des problèmes de disponibilité de locaux adaptés, de manque de personnel et spécifiquement de personnes-ressources TIC et de manque d’intérêt de la part des enseignants.

La première condition à la diffusion des TICE consiste donc à disposer d’équipements en nombre suffisant et ce tant en équipement individuel pour les élèves qu’en équipement collectif (ordinateur et projecteur). Mais c’est l’enseignement fondamental qui souffrirait le plus de ce manque de locaux alors que le secondaire s’en préoccupe moins, pour regretter, lui, le manque de culture TIC des enseignants.

Priorité à l’équipement et à la formation des enseignants

L’équipement des écoles et la formation des enseignants devraient donc être une priorité pour le politique. 30% des répondants évoquent la nécessité d’intensifier l’effort de formation des enseignants en envisageant parfois de la rendre obligatoire. Ils rappellent souvent la nécessité de rassurer les enseignants vis-à-vis de ces technologies et de motiver les plus âgés.

Le défi est énorme ! Avec 8,5 ordinateurs pour 100 étudiants dans l’enseignement de plein exercice, la Communauté française est loin derrière les autres pays européens et même très loin derrière nos voisins flamands. Et même si nos jeunes jonglent avec ces nouvelles technologies, ils sont plus à même de surfer sur Facebook ou télécharger le dernier tube musical à la mode que de créer une bas de donnée avec une suite bureautique classique. D’où cette conclusion : les compétences « numériques » de la jeunesse ne sont pas celles qui sont attendues par la société. Pour y répondre, les enseignants devront faire le pas. Et le monde politique devra se faire un devoir de leur donner au plus vite les outils pour relever ce challenge. Sans quoi, le décalage entre les jeunes et l’école risque encore de s’accentuer. ((http://www.awt.be/web/dem/index.aspx?page=dem,fr,b09,edu,rec))

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