12 Juin 2010

La FEF critique les promesses de Marcourt

La Fédération des étudiants francophones (FEF) a de nouveau demandé au ministre de l’Enseignement supérieur de tenir ses engagements. Selon Michaël Verbauwhede, son président, il y a des différences flagrantes entre l’avant-projet signé la semaine dernière par le gouvernement de la Communauté française, qui a pour but de démocratiser l’enseignement supérieur, et la communication médiatique du ministre socialiste. Ainsi, Jean-Claude Marcourt annonçait le gel des minervals pendant cinq ans. Faux ! La FEF rectifie :

Il ne s’agit pas du gel des minervals mais bien du plafond des minervals. Le montant du minerval ne sera pas gelé. Le montant du minerval, maximum 837 euros, restera identique pour les cinq prochaines années académiques. Or, cela change tout : pas pour les universités, déjà au plafond, mais pour les Hautes Écoles et les écoles d’Art, qui, pour la plupart, ne le sont pas et peuvent donc augmenter le montant du minerval.

La FEF demande donc que le ministre impose un « réel » gel du montant du minerval – et non du montant maximal – et qu’il fixe un montant maximal, inexistant, pour certaines filières des Hautes Écoles et pour les écoles d’Art.

Accès gratuit à l’enseignement supérieur? Oui mais les syllabus?

Le ministre s’était également engagé à offrir un accès totalement gratuit à l’enseignement supérieur aux étudiants boursiers. Le hic, c’est que là la mesure pénaliserait plutôt les étudiants universitaires pour qui le minerval ne comprend pas – au contraire des étudiants des Hautes Écoles – le matériel et les syllabus. Une forme de discrimination, selon la FEF.

Michaël Verbauwhede continue :

Le ministre annonce de plus qu’il va imposer aux établissements d’enseignement supérieur la mise à disposition, au moins de manière électronique, de l’ensemble des supports de cours obligatoires pour l’étudiant. Mais la seule obligation concerne l’accès au contenu. Sauf qu’elle n’est assortie d’aucune sanction si elle n’est pas respectée.

Quand on sait que beaucoup d’enseignants publient leurs cours via des maisons d’édition privée, et que ceux-ci ne sont donc pas libres de droits, on s’interroge sur l’impact d’une telle mesure pour le portefeuille des étudiants. D’autant que pour pouvoir profiter d’un accès aux ressources pédagogiques en ligne, il faut disposer d’un ordinateur, d’une imprimante et d’une connexion à Internet… Et ça, c’est loin d’être gratuit!

La route est encore longue…

Des réunions de concertation vont maintenant être organisées avec les différents partenaires de l’Enseignement supérieur dont une avec les organisations représentatives des étudiants (FEF, Unecof…). Le Conseil d’État se penchera ensuite sur cet avant-projet de décret avant de le rendre au gouvernement qui, après d’éventuelles modifications, le soumettra alors au vote du parlement. Le temps presse… Pour rappel, la rentrée, c’est dans moins de trois mois. ((Le Soir -8.06.10))

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