09 Août 2010

Les soins médicaux sont en péril selon la FEF

Notre pays se dirige vers une grave pénurie de médecins selon la FEF, la Fédération des étudiants francophones. Ce constat rejoint les conclusions du cadastre réalisé en 2009 par la ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) et du Forem, l’office wallon de formation et de placement des sans-emploi. Nicolas Görtz, secrétaire général de la fédération : « La pénurie était déjà reconnue dans le paramédical, elle l’est désormais pour les médecins. Et ce constat du Forem correspond en fait à ce que la FEF annonçait depuis 1997. Et à ce que la population ressent déjà – ses besoins en soins ne sont plus suffisamment rencontrés. Pour l’instant, la Belgique est en train de mépriser les besoins de la population. »

La FEF dénonce les quotas d’agréations Inami qui limitent le nombre de praticiens en Belgique depuis 1997. C’est depuis cette époque que le gouvernement fédéral, poussé dans le dos par les spécialistes et la région flamande – qui invoquaient une surconsommation médicale – filtre massivement l’accès à la profession.

La FEF plaide pour la fin des restrictions à l’accès

Flandre et Wallonie ont donc dû s’adapter et limiter en conséquence le nombre d’étudiants à prétendre à ces fameux numéros INAMI. La Flandre a opté pour un examen d’entrée tandis que la Communauté française a préféré faire le tri en fin de 1re année. Avec les conséquences que l’on sait. Il y a trois ans, la ministre Simonet, qui gérait alors l’enseignement supérieur, a frappé cette mesure d’un moratoire. Un geste positif mais qui ne règle rien selon Nicolas Görtz, qui attend que le politique prenne enfin position.

C’est bien. Mais insuffisant. Le moratoire doit être confirmé chaque année et chaque année, l’étudiant doit attendre juin pour savoir si le ministre – de l’enseignement supérieur – applique ou non le moratoire. Quel stress ! L’étudiant est en pleine session, sans savoir si le moratoire sera renouvelé ou non, sans savoir si le fait d’avoir réussi son année sur le plan académique suffira à le faire passer en deuxième. Inhumain. Il faut aller plus loin et tout desserrer. Plus aucune restriction à l’accès.

Dans le système actuel, les étudiants ont bien compris que pour avoir une chance de décrocher le précieux sésame, il valait mieux, tout en essayant d’obtenir les meilleurs résultats possibles, tenter de limiter la présences d’autres candidats à la pratique de la médecine.

On ressent un climat de compétition détestable dans les facultés. Des étudiants distribuent de faux cours. C’est avéré.

La fédération des étudiants invite le monde politique et universitaire à débattre des conditions de travail des médecins et futurs médecins.

Le stagiaire en médecine peut désormais prester 70 h/semaine. C’est tenable quand on a des vies dans ses mains ? Dans les hôpitaux, il manque des maîtres de stage. Qui se retrouvent avec 4, 5 ou 6 internes. Ou qui chargent un interne de former d’autres internes – où va-t-on ? La pénurie crée un problème au niveau de l’accès des gens aux soins. Elle crée aussi un problème pour la formation des futurs médecins.

Vers une médecine à deux vitesses?

Le secrétaire général de la FEF note encore que les conditions de travail sont si mauvaises dans le secteur public que les jeunes médecins préfèrent se tourner rapidement vers le privé où ils profitent de meilleurs horaires et salaires. Ce qui fait dire aux jeunes que la Belgique se dirige doucement vers un système où, comme en Angleterre, cohabitent une offre privée, de qualité mais onéreuse et un service public de second choix. ((Le Soir – 27.07.10))

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