22 Sep 2010

Formation des instituteurs : les réactions

Le ministre Jean-Claude Marcourt peut se targuer d’avoir fait un fameux pied de nez à sa collègue de l’enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet, qui confirmait il y a quelques jours encore que l’allongement de la durée des études pour les régents et les instituteurs n’était pas pour demain. Il est vrai que cette réforme – prévue dans la déclaration de politique communautaire – risque de coûter la bagatelle de 800 millions d’euros. Il semblerait que le montant de l’addition ne gêne pas outre mesure le ministre socialiste… qui n’a encore rien dévoilé de ses pistes pour dénicher une telle somme.

Mais les réactions ont, dans l’ensemble, été plutôt positives. Même dans l’opposition où le MR, par la voix de Françoise Bertieaux, s’est réjouit de cette initiative. La libérale a insisté sur le fait que le renforcement des apprentissages de base des élèves repose nécessairement sur une bonne formation des enseignants et que la meilleure réponse qui puisse être donnée à la pénurie croissante que nous sommes en train de vivre repose sur le bagage qui leur sera donné pour embrasser leur carrière. La Bruxelloise regrette seulement qu’il faille encore attendre au minimum deux années avant de voir cette idée se concrétiser.

Je déplore que ce débat s’organise « à la Marcourt » qui, une fois de plus, va créer un groupe de réflexion et ce, pour gagner une année supplémentaire. Car sa table ronde sur l’enseignement supérieur a déjà eu lieu. Pourquoi le ministre n’a-t-il dès lors pas intégré cette question aux réflexions de la table ronde?

Une pluie de réactions… positives

La majorité est, on l’imagine, franchement enthousiaste. Ecolo épingle que la Belgique est un des derniers pays européens où ces études sont encore limitées à un cycle de trois ans. Pour les Verts, l’allongement à cinq ans de la durée des études pédagogiques devrait à la fois servir à renforcer le bagage académique de départ des enseignants mais aussi à permettre une immersion plus forte dans le métier.

Encourager le va-et-vient entre la haute école et le terrain

Mais cette mesure ne risque-t-elle pas d’aggraver davantage la pénurie, puisque durant deux ans, aucun nouvel enseignant ne pourra prêter le serment de Socrate? Le député Yves Reinkin (Ecolo) avance sa solution : appliquer aux futurs profs ce qui se fait pour les médecins et les avocats, à savoir un va-et-vient entre le terrain et les études après trois ou quatre années de formation.

Les syndicats applaudissent également. La CGSP prévient cependant que cette professionnalisation accrue du métier devra s’accompagner de « l’attribution d’un barème correspondant à celle-ci ». La FEF, plus méfiante, craint un effet d’annonce. Elle n’en dira pas plus tant que les étudiants des écoles normales, les premiers intéressés, n’auront pas été consultés. La fédération des Étudiants francophones assure « qu’elle participera à la réflexion. Le sujet est trop important. » ((La Libre Belgique – 21.09.10))

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