17 Oct 2010

L’importance de l’école maternelle

Dans les pays en développement, le préscolaire est souvent considéré comme un luxe. Est-il cependant utile d’investir dans le primaire et le secondaire si les fondements éducatifs essentiels font défaut ?

Du 27 au 29 septembre dernier, les plus hautes instances mondiales étaient à Moscou pour participer à la première conférence internationale sur l’éducation et la protection de la petite enfance. L’objectif : placer l’enseignement maternel et la prise en charge des jeunes enfants à l’agenda international.

En Communauté française, l’obligation scolaire ne commence qu’à six ans. Pourtant, les enfants sont presque tous inscrits à l’école maternelle dès l’âge de trois ans. Il y a donc sans conteste un consensus social sur l’importance de cette première étape de la scolarité. A raison ! Les premières années de vie sont cruciales pour le développement physique, neurologique, cognitif et socio-affectif. Encadrés et stimulés, les enfants qui fréquentent l’école maternelle s’épanouissent davantage. Il est aussi plus rare qu’ils doublent ou abandonnent les cours en primaire. Plusieurs études scientifiques démontrent que les enfants les plus vulnérables ont le plus à y gagner. L’enseignement maternel est donc le meilleur moyen d’offrir des chances équitables à tous les enfants.

L’enseignement maternel est-il un luxe?

Tout le monde s’accorde à reconnaître l’importance du maternel, sauf quand il s’agit des pays en développement. Notamment sous la pression des Objectifs du millénaire pour le développement (dont le bilan peu glorieux, à cinq ans de l’échéance 2015, vient d’être dressé lors du récent sommet de New York), les Etats du Sud et nombre de bailleurs de fonds internationaux se concentrent sur l’enseignement primaire. Les autorités belges soutiennent largement le secondaire technique et supérieur dans les pays du Sud mais n’allouent pratiquement aucun moyen à l’enseignement maternel, qui doit se contenter de 0,18 % (1/500e) du budget « enseignement » de la coopération au développement.

Raison invoquée pour ce sous-financement : « Il faut définir des priorités. » Le maternel passe alors pour un luxe, un maillon dont il ne faut se soucier que quand le reste du système éducatif fonctionne bien. Est-il cependant utile d’investir dans le primaire et le secondaire si les fondements éducatifs essentiels font défaut ? Les enfants défavorisés des pays en développement n’ont-ils pas, eux aussi, intérêt à entamer leur scolarité sur des bases équitables ?

L’importance de l’enseignement maternel est loin d’être purement théorique. Dans le Sud comme ici, les parents veulent le meilleur pour leurs enfants et sont fiers de leurs progrès. Le principal problème est généralement l’absence de moyens pour construire des écoles maternelles, former du personnel compétent et fournir du matériel scolaire. L’augmentation des investissements destinés à l’enseignement maternel ne peut bien entendu se faire au détriment du primaire et du secondaire. Cependant, négliger l’enseignement maternel est aussi un mauvais choix, qui hypothèque un potentiel de développement considérable et compromet le résultat de tous les autres investissements alloués à l’enseignement dans les pays en développement. ((Source: La Libre du 14/10/2010))

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