27 Oct 2010

Stagiaire cherche école

Trouver un lieu de stage est souvent loin d’être une sinécure. Les étudiants, futurs enseignants, le savent bien, eux qui éprouvent de plus en plus de difficultés à dénicher un maître de stage : guerre des réseaux, impossibilité, parfois, d’être épaulés par un enseignant non-nommé, pénurie d’enseignants possédant le titre requis… L’étudiant ne peut plus vraiment être difficile. Cette situation ne peut que nuire à sa formation et ajoute un stress supplémentaire là où il pourrait déjà se concentrer sur la préparation de ses stages. Le député Ecolo Yves Reinkin s’en est ému ce mardi auprès du ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS).

Les chiffres sont alarmants. Dans certaines hautes écoles, 20 pour cent des étudiants auraient un problème pour trouver un stage après la Toussaint. Confirmez-vous ce nombre ? Comment les expliquez-vous ? Même s’ils ne sont pas encore en stage pratique, ces étudiants en observation ne sont pas pour autant passifs. Quelles formations sont-elles envisagées pour les enseignants ayant la difficile tâche d’accueillir les normaliens débutants ? De quelle reconnaissance statutaire jouissent-ils ? Le défraiement prévu dans le décret leur est-il versé dans un délai raisonnable ? Pourquoi les hautes écoles sont-elles obligées de négocier avec les directions alors que les responsables des agrégations universitaires traitent directement avec les maîtres de stage ? Par ailleurs, les professeurs de pédagogie des écoles normales consacrent parfois davantage de temps à trouver des stages qu’à donner cours.

1 étudiant sur 5 n’aurait pas de stage dans certaines écoles

« Je ne suis pas informé de la gravité de la situation ou encore de l’aggravation significative que vous dénoncez », a répondu le ministre. « Cependant, nous nous sommes penchés sur la question de manière plus attentive. »

Le manque de places est pour la plupart du temps le résultat de réflexes de protection. Il n’est pas rare que des pouvoirs organisateurs d’écoles fondamentales ou secondaires s’interdisent de signer des accords de collaboration avec les écoles supérieures d’un autre réseau et vice-versa. Cela va à contre-courant de notre époque. Il faut tenter de décloisonner nos institutions pédagogiques et éviter de générer une pénurie. La recherche d’une solution s’impose.

Halte à la concurrence stérile, selon M. Marcourt, qui pointe également des lacunes dans la formation des maîtres de stage : il s’agit d’un engament encore trop peu valorisé. Le défraiement, s’il est toujours à l’ordre du jour, est jugé trop faible par les enseignants et il est inexistant pour les stages des étudiants de 1ère année.

Le ministre cherchera une solution

Jean-Claude Marcourt s’engage à prendre en compte cette problématique lors de l’évaluation de la formation initiale des enseignants qui sera mise en place avec l’ensemble du gouvernement dans le cadre de la Déclaration de politique communautaire. ((Source : compte-rendu de la commission de l’enseignement supérieur du 26 octobre 2010))

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