08 Déc 2010

Le MR analyse Pisa 2009

La ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet et le ministre-président de la Communauté française Rudy Demotte n’ont pas caché leur satisfaction mardi, après la publication des résultats de l’enquête PISA 2009 sur l’éducation. Mais ils s’interdisent tout triomphalisme devant les progrès relevés pour les élèves de la Communauté française, soulignant que les différences de résultats entre les meilleurs élèves et les moins bons restent préoccupantes.

Au test de lecture (compréhension, commentaires, interprétation d’un texte), principale épreuve du test PISA imposé l’an passé à 3.000 élèves du secondaire âgés de 15 ans, les résultats montrent qu’avec une cote de 490, la Communauté française se situe juste en-dessous de la moyenne OCDE (493), mais au-dessus de la moyenne des pays de l’Union européenne (486) alors que la Communauté flamande reste bien devant (519) malgré des résultats moins bons cette année. En mathématiques, les élèves francophones de Belgique ont réussi 488, pour une moyenne OCDE de 496. En sciences, le tableau est un peu plus sombre, la Communauté figurant parmi les moins bons avec 487, loin de la moyenne OCDE de 501. ((Titre de cet article : Le Soir, P. Bouillon, 8.12.10))

Le MR très critique

Pour la chef de groupe MR au parlement de la Communauté française Françoise Bertieaux, les résultats de l’enquête PISA 2009 sur l’enseignement montrent qu’une fois de plus, la Communauté française affiche une moyenne en-deçà des Communautés flamande et germanophone et de la moyenne OCDE. Il semble dès lors évident que la ligne politique définie par le gouvernement de la Communauté française ne répond en rien aux grands paramètres définissant la qualité de l’enseignement des pays de l’OCDE, affirme-t-elle, approuvée par les étudiants libéraux.

Mme Bertieaux relève que selon PISA, plus le statut socio-économique du personnel enseignant est élevé, plus les résultats des élèves sont bons. Par contre, l’écart socio-économique entre les élèves serait nettement moins déterminant. Ceci plaide donc en faveur d’une revalorisation du statut des enseignants et, notamment, de leur formation (passage à 5 ans) estime-t-elle.

Priorité à l’autonomie, pas à l’argent

Affirmant que l’enseignement secondaire de la Communauté française est le plus financé de l’OCDE, la députée réformatrice relève que selon l’OCDE, les systèmes d’éducation les plus performants ne sont apparemment pas ceux qui reçoivent le plus de moyens, mais bien ceux qui accordent de l’importance à d’autres critères, comme plus d’autonomie des écoles et la mise en place de réelles stratégies d’apprentissage.

Elle dénonce dès lors les politiques mises en place par le gouvernement de la Communauté française qui tendent surtout, selon elle, à limiter l’autonomie des chefs d’établissement. Les stratégies d’apprentissage sont loin d’être en tête des préoccupations de la ministre, comme la remédiation immédiate, l’évaluation des apprentissages par compétences, les apprentissages de base ou encore apprendre à apprendre en français, affirme Mme Bertieaux.

Elle accuse encore le gouvernement de la Communauté de ne pas remédier à la dualisation de l’enseignement qui sévit dans nos grandes villes et épingle au passage le décret Inscriptions, tant décrié par son parti.

Les étudiants libéraux lui ont emboîté le pas, soulignant que si la Belgique recueille une 10e place pour ce qui concerne les mathématiques, ce n’est pas grâce à la Communauté française.

Malgré un redressement noté dans le domaine de la lecture, la Communauté flamande semble, une fois de plus, être l’arbre qui cache la forêt. Comme toujours pour l’enseignement, nous devons compter sur nos voisins, tant néerlandophones que germanophones, pour éviter de friser le ridicule, affirme la Fédération des étudiants libéraux dans un communiqué.

Un enseignement inéquitable et inégalitaire

Pointant du doigt l’écart de 151 points constaté entre les meilleures et les moins bonnes écoles de la Communauté française, ils dénoncent encore le manque d’équité de son enseignement et, à leur tour, le décret Mixité (Inscriptions).

Quant à l’Internationale de l’Education, une organisation qui dit représenter 30 millions d’enseignants et de travailleurs de l’éducation et compter 402 organisations syndicales du secteur, elle affirme que le rapport PISA ne prend pas en compte la voix des enseignants, qui sont les premiers acteurs concernés lors de la mise en place des politiques d’éducation au sein des écoles.

L’organisation estime qu’en transmettant également un questionnaire aux enseignants des écoles faisant partie de l’échantillon de l’enquête, d’autres informations pourraient venir compléter le point de vue des élèves et des parents. Ceci apporterait une connaissance plus approfondie du contexte d’apprentissage au sein duquel les conclusions de l’enquête peuvent être interprétées, affirme l’Internationale. ((Belga – 8.12.10))

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