08 Déc 2010

Pisa : notre école progresse mais reste faible

Pour une fois que Pisa ne nous tue pas, on ne va pas bouder notre plaisir. Mais restons objectifs, les résultats ne sont pas fameux malgré tout. Et si « léger » progrès il y a, il reste du chemin à parcourir… L’OCDE a dévoilé hier matin les résultats du dernier test Pisa. Ces derniers ont été réalisés en 2009, dans 65 pays et ont touché 520.000 élèves dont un peu plus de 3.000 en Communauté française. Au programme cette année-là : la lecture, principalement, mais aussi les maths et les sciences.

On se souvient qu’en 2000, 2003 et 2006, nos ados avaient été laminés par le rapport de l’OCDE. Il y avait donc de quoi craindre le pire… Et bien non… Si les petits francophones continuent de battre le beurre en maths et en sciences, ils s’améliorent nettement en lecture. Par rapport à l’épreuve de 2000, nous avons progressé de 14 points, ce qui nous place au-dessus du score moyen des pays de l’Union européenne.

Mais qu’est-ce qui explique ce redressement? Selon l’Unité d’analyse des systèmes et des pratiques d’enseignement (Ulg), qui a coordonné le projet chez nous, ce sont surtout les élèves « faibles » qui ont remonté la pente et donc « poussé » la moyenne vers le haut. Les plus forts ont également progressé, ce qui fait dire à l’université liégeoise qu’il n’y a pas de nivellement par le bas et que, globalement, tout le monde progresse.

Simonet est satisfaite

Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement attribue ces « bons » résultats aux politiques menées dans l’enseignement depuis la fin des années 90. Et de citer le décret-missions de 1997 (fixant le cahier des charges de l’école), les nouveaux référentiels sans oublier la pratique des évaluations externes. Marie-Dominique Simonet :

Les élèves de 15 ans évalués en 2009, étant nés en 1994, sont entrés dans le cursus après le décret missions et ont pu bénéficier de plusieurs évolutions dont les effets se font maintenant ressentir : institution de l’école des fondements jusqu’à la fin du 1er degré, mise en œuvre des référentiels de compétences, instauration du pilotage de notre système, formation en cours de carrière, discriminations positives…

Stop, n’en jetez plus ! La ministre de l’enseignement note tout de même que ce sursaut n’aurait pas été possible sans le travail des « acteurs de terrain » (professeurs, inspecteurs, conseillers pédagogiques…) qui « ont eux-mêmes des réponses à la suite du choc Pisa 2000. »

Un enseignement très inégalitaire

La modestie doit cependant rester de mise. S’il est vrai que nous progressons en lecture, la chute continue en sciences et en maths. Notre école reste encore trop inégalitaire et, parmi tous les pays « analysés », l’écart séparant nos élèves forts de nos élèves faibles est, de loin, le plus important. Notons aussi que la proportion d’élèves « faibles », si elle un très légèrement diminué, reste tout de même à 23%… ce qui serait un record si le Mexique ne faisait pas pire que nous!

Pour l’ULg, le progrès en lecture « ne doit pas masquer le chantier prioritaire en termes de lecture, à savoir la réduction drastique de la proportion d’élèves très faibles. La Communauté française reste parmi les systèmes éducatifs des pays industrialisés qui comptent la plus grande proportion d’élèves faibles. »

La Flandre a la gueule de bois

Chez nos voisins, la surprise a été moins bonne ce mardi. La Flandre est tombée de son piédestal… mais reste dans le top mondial malgré tout. Le ministre Pascal Smet veut considérer ce test comme un clignotant qui doit les rendre vigilants. Priorité à l’enseignement technique, dont les résultats seraient à l’origine de la « mauvaise » performance de 2009.

Enfin, notons que l’écart entre les deux grandes communautés du pays reste important. Dix ans n’ont pas suffi à le résorber significativement. Selon Pascal Smet, c’est la large autonomie que la Flandre accorde à ses écoles qui les rend si compétitives et performantes.

Analyse à suivre… ((Le Soir – 8.12.10))

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