09 Déc 2010

Pisa : on note un mieux en lecture

Oui, la ministre Simonet est heureuse. Car pour une fois, le bilan n’est pas sombre partout. Le test de lecture est la bonne surprise de l’édition Pisa 2009. Nos élèves ont progressé de 14 pts quand on compare l’épreuve avec celle de 2000, qui portait aussi principalement sur la lecture. Rares sont les pays à réaliser une progression aussi importante. A l’inverse, les jeunes flamands ont eux perdu 13 pts et abandonnent leur 3e place. L’ULg, qui a coordonné le test en Communauté française, explique :

C’est la compréhension qui est visée, pas les compétences techniques de base (décodage), ni l’orthographe, ni la vitesse de lecture. Dans Pisa, la lecture se définit comme la capacité de comprendre et d’utiliser des textes écrits, de réfléchir à partir des textes, de s’engager dans l’écrit.

Au total, ce sont une douzaine de textes qui ont été soumis aux élèves francophones. Des extraits d’œuvres littéraires mais aussi des articles de journaux. Le questionnaire imposé devait tester leur capacité à repérer l’information, à relier plusieurs informations et à les interpréter et leur capacité à réfléchir et évaluer le texte. C’est cette troisième compétence qui était la moins maîtrisée en 2000. Mais nous avons, semble-t-il beaucoup progressé depuis. Ainsi, toujours selon l’ULg, il est certain que les élèves de la CF ont été conscientisés aux stratégies à utiliser pour comprendre, mémoriser ou résumer un texte. L’écart entre ceux qui connaissent ces stratégies et ceux qui les ignorent est énorme. Il correspond à 110 points, soit … 3 années de scolarité !

23% de lecteurs faibles !

Encore une fois, le caractère inégalitaire de nos écoles saute aux yeux. Si 8% des élèves testés se rangent dans la catégorie des « très bons lecteurs », 23% sont des lecteurs « très faibles ». Seul le Mexique fait pire avec 40% de mauvais lecteurs. L’ULg épingle, et c’est positif, que les élèves disent davantage aimer lire qu’en 2000. Ils disent aussi diversifier davantage les types de textes qu’ils lisent.

Annie Bourlard est inspectrice de français pour la province du Hainaut de puis quatre ans. Professeur de français pendant 30 ans, elle est bien placée pour apprécier les résultats de l’étude Pisa.

Ce serait malheureux avec tous les efforts qui ont été faits ces dernières années que nous ne remontions pas dans les classements. (…) On a compris qu’il fallait aussi s’adapter au nouveau public. Ma plus grande satisfaction, je l’ai connue lors de ma dernière année comme professeur. La meilleure élève de la classe était une Turque qui, quelques années auparavant, ne parlait pas un mot de français. Nous avons travaillé énormément sur le vocabulaire et beaucoup moins sur l’orthographe. Cela ne l’a pas empêchée de pouvoir écrire sans faute en quittant l’école.

Je pense que les bons résultats des pays nordiques ont été sources d’inspiration. Nous n’attendons pas Pisa. Nous sommes actuellement en train de terminer un test de lecture pour les 5e secondaires qui doit nous permettre de mieux apprécier les aptitudes de cette tranche d’âge et d’élaborer de nouvelles pistes pour les faire progresser. ((Le Soir – 8.12.10))

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