Pisa est une catastrophe pour l’Aped

L’Appel pour une école démocratique (Aped) ne comprend pas l’enthousiasme du gouvernement qui se réjouit des résultats de Pisa dévoilés la semaine dernière. Pour rappel, la Communauté française a progressé de 14 points en lecture (mais régressé en maths et en sciences) par rapport à 2000.

Que représente une hausse de 14 points sur une échelle dont la moyenne vaut 500 et l’écart type 100? Convertie en évaluation scolaire traditionnelle, ça correspond au passage de 9,5 à 9,8 sur 20. Pas de quoi pavoiser, surtout quand la note en maths chute de 10 à 9,8 et celle en science de 9,7 à 9,6.

Pour l’Aped, le sursaut en lecture serait dû à « une plus grande habitude des élèves face à ce type de tests, désormais omniprésents dans notre enseignement, non à une amélioration de leurs compétences. » ((Article complet sur http://www.skolo.org/spip.php?article1276))

Pisa ne mesure que les compétences de base dans les domaines chers à l’OCDE, ceux qui conditionnent la flexibilité des travailleurs dans la « nouvelle économie ». Ces moyennes ne disent rien sur les autres savoirs et compétences, parfois de plus haut niveau, qui n’intéressent pas les marchés du travail mais qui sont essentiels dans l’optique d’une école émancipatrice et porteuse de citoyenneté politique.

Notre enseignement inégalitaire : voilà le problème

Pour l’Aped, les scores en lecture, maths et sciences sont sans intérêts. La Communauté française ferait mieux de s’inquiéter des écarts entre nos élèves les plus forts et nos élèves les plus faibles. Car dans ce domaine, depuis 2000 (et bien avant), c’est toujours la catastrophe. ((Le Soir – 14.12.10))

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