18 Fév 2011

IVG : « une initiative malheureuse » selon Simonet

La circulaire envoyée à toutes les écoles secondaires par la Direction générale de l’enseignement et invitant les enseignants intéressés à commander gratuitement un dossier pédagogique – qui sensibilise au « droit à l’avortement » – produit par le Centre d’action laïque (CAL) continue de susciter étonnement et/ou indignation. La ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet, a jugé l’initiative « malheureuse ».

Chacun a le droit de construire des outils de sensibilisation, mais l’administration, elle, a le devoir de veiller au respect de la neutralité. L’IVG est un sujet sensible et complexe. Il doit être abordé de façon transversale. Or, ici, il s’agit d’une grille de lecture partielle qui élude la complexité de la question des grossesses non désirées.

Pour la ministre, il serait judicieux de renforcer l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dans les écoles. Des cellules « bien-être » associant PMS, médecine scolaire, centres de Planning… devraient bientôt être mises sur pied.

On devra bien sûr aborder la question de l’avortement, mais dans une démarche éducative plus large.

La polémique continue

Cette sortie de Mme Simonet fera-t-elle taire les critiques? Rien n’est moins sûr. L’opposition libérale parle de « cafouillage » et invite l’administration à réfléchir à l’intérêt d’inonder les directions d’école de circulaires en tous genres. Le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), lui, n’hésite pas à parler de violation du Pacte scolaire ((Pour rappel, en Belgique, l’enseignement est neutre.)), dans la mesure où il serait question ici de propagande politique. Son directeur, Etienne Michel, compte interpeller la Direction générale de l’enseignement. Une plainte pourrait également être déposée auprès de la Commission « Pacte scolaire ».

Le CAL a pleinement le droit d’avoir ses opinions. La liberté d’expression est d’ailleurs un principe fondamental de l’État de droit. Non, ce qui pose problème ici, c’est le fait que l’administration, qui exerce en principe une forme d’autorité, puisse servir d’instrument pour diffuser les idées du CAL. Nous sommes en plein dans le militantisme proprement politique. Avec une certaine lecture de l’histoire, une mise en évidence flatteuse du rôle joué par le Parti socialiste dans la loi IVG, un dénigrement des partis chrétiens, etc.

Le CAL se défend de plébisciter l’avortement à travers ses outils. Son dossier se veut « le plus objectif possible sur une disposition légale votée démocratiquement au terme d’un combat mené par la société civile pour modifier une loi datant de 1867. »

Bien sûr, l’intention est louable… Et nous savons que le CAL réalise toujours ses outils avec beaucoup de soin. On peut aussi regretter que le sujet ne soit que rarement abordé à l’école. Mais en diffusant un dossier idéologiquement orienté, l’administration vient d’ouvrir la boîte de Pandore : les autres cultes sont, logiquement, en droit de diffuser également leur vision de l’IVG à l’école. ((Le Soir – 17.02.11))

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