16 Avr 2011

Test d’aptitude à l’université en projet

Le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt planche avec les universités sur la mise en place d’un « test d’aptitude » pour les étudiants entamant des études universitaires, écrivait vendredi La Libre Belgique qui a pu lire le contenu d’un avant-projet de décret en cours de préparation.

Le test d’aptitude serait obligatoire. Il pourrait être introduit dès l’année académique 2013-14. L’objectif est d’aider les étudiants qui présentent certaines faiblesses en leur proposant des remédiations.

Il est également question d’un examen d’entrée en médecine, obligatoire et potentiellement contraignant, mais il ne s’agit là que d’une piste dont il a déjà été question dans la presse. Cet examen serait toutefois envisagé dès 2012. ((Belga – 15.04.11))

Les associations d’étudiants ont réagi de manière contrastée. L’Union des étudiants de la Communauté française (Unécof) se réjouit, tandis que la Fédération des étudiants francophones (FEF) craint un « massacre social ».

L’Unécof se réjouit de cette mesure, qui va dans le sens du Manifeste qu’elle défend, mais elle souhaite que l’examen soit généralisé à l’ensemble de l’enseignement supérieur, universités et hautes écoles.

Elle rappelle que ce test devrait être obligatoire et anonyme, mais non contraignant, c’est-à-dire qu’il ne servirait pas à sélectionner les meilleurs étudiants. Les faiblesses éventuelles mises en lumière par le test d’aptitude seraient alors palliées lors de remédiations les weekends* et pendant les vacances.

Vers une ségrégation sociale?

Du côté de la FEF, on se dit « très critique ». « Un examen d’entrée, c’est un massacre social, puisque notre enseignement secondaire est l’un des plus inégalitaires de l’OCDE », s’indigne Michaël Verbauwhede, président de la Fédération. Ce test créerait de facto une ségrégation sociale, selon lui, car « des études ont prouvé que le simple fait de passer un test décourage certains parmi les défavorisés ».

La FEF craint aussi qu’à terme, le système se transforme en examen d’entrée classique.

Les hautes écoles deviendront aussi un enseignement de seconde zone parce que les personnes qui auront échoué au test seront directement réorientées vers l’enseignement supérieur non universitaire.

La FEF conseille plutôt de travailler en amont, dans l’enseignement primaire et secondaire, afin d’estomper les inégalités.

Un jeune sur deux rate sa 1ère année

Le ministre Marcourt jure que l’objectif n’est pas de décourager les élèves « les plus faibles ».

C’est plutôt un incitant qu’un découragement. ((JT RTL-TVI – 15.04.11))

Un avis partagé par de nombreux universitaires qui ont bien noté qu’un étudiant sur deux loupait sa première année. Un test obligatoire pourrait, à leurs yeux, aider les jeunes à éviter des accidents qui constituent un problème pour les finances publiques et sur le plan humain. Cela les aiderait à choisir en connaissance de cause, une fois qu’ils sauront s’ils maitrisent* les prérequis identifiés pour la filière qu’ils souhaitent rejoindre. Entre partisans et détracteurs, le ministre devra se faire sa propre religion. ((La Libre – 15.04.11))

* week-ends, maîtrise

Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.

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