26 Mai 2011

Jeholet interroge Marcourt à propos de la FEF

Ce 24 mai, en Commission de l’Enseignement supérieur du Parlement de la Communauté française, le député libéral Pierre-Yves Jeholet a interrogé le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), sur l’influence du PTB au sein de la Fédération des étudiants francophones (FEF).

Pierre-Yves Jeholet : La Fédération des étudiants francophones a choisi son nouveau bureau. Cette élection a relancé la polémique sur la position dominante du PTB et de son mouvement de jeunesse, le Comac, au sein de l’équipe dirigeante de la FEF. Je fais référence à un article de presse intitulé « Le PTB a-t-il pris le pouvoir à la FEF ? ». Beaucoup d’étudiants constatent une forme de confiscation du pouvoir mais également une absence de débat avec la base et les étudiants en général et ce, sous l’autorité d’une équipe manifestement dominée par le PTB, parti d’extrême gauche.

Le décret définissant et organisant la participation des étudiants dans les institutions universitaires et instaurant la participation des étudiants au niveau communautaire assigne aux représentants des étudiants la mission de « représenter tous les étudiants de l’institution universitaire ». Or l’influence du PTB et du Comac au sein de la FEF et la dérive idéologique qui en découle me semblent en opposition avec l’objectif de neutralité de cette mission. La FEF est reconnue en qualité d’organisation représentative des étudiants et bénéficie, à ce titre, de subsides de la Communauté française. Elle est également financée par les établissements d’enseignement supérieur dans lesquels elle dispose de représentants. La Communauté française a donc un droit de regard sur la juste utilisation de cette contribution publique.

Monsieur le ministre, quelle est votre réaction face aux voix de plus en plus nombreuses qui s’élèvent pour dénoncer cette dérive idéologique de la FEF ? Quelles mesures peuvent être prises pour assurer plus de neutralité et de pluralisme dans les mouvements représentant des étudiants ? Des contrôles peuvent-ils être envisagés, notamment sur le fonctionnement du bureau et du conseil fédéral de la FEF, par exemple via une obligation de publication de rapports d’activités ?

Le droit à la liberté d’association

Jean-Claude Marcourt : J’ai comme vous pris connaissance de l’article de presse qui s’interrogerait sur une prise de pouvoir possible d’un parti politique, en l’occurrence le PTB+, au sein du bureau de la FEF. J’ai également pris connaissance du communiqué de presse de la FEF qui dément cette information et revendique son pluralisme, tout en reconnaissant que certains de ses membres sont militants au sein du PTB.

Notre démocratie est basée sur le principe fondamental de la liberté d’association. Il n’est pas du ressort du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’empêcher qui que ce soit d’être membre d’une association en fonction de son engagement politique ou philosophique. Par contre, il importe à mes yeux, par souci de garantir le pluralisme des idées, de faire en sorte que ces associations répondent au principe global de neutralité. Mais l’addition d’idées contraires permet-elle d’aboutir à cette neutralité ?

Dans le projet de décret relatif à la participation et à la représentation étudiante dans l’enseignement supérieur aujourd’hui en discussion avec les étudiants, il est prévu que les organisations représentatives des étudiants ne pourront plus se prévaloir d’un parti politique ou mouvement philosophique quel qu’il soit. Cet aspect du projet répond donc à votre préoccupation.

Vers davantage de pluralisme

Je tiens à préciser que les organisations représentatives des étudiants ne reçoivent pas de subventions des universités ou des hautes écoles, mais qu’elles perçoivent éventuellement une cotisation auprès de leurs membres ; il s’agit alors de conseils d’étudiants constitués au niveau local. Lors de chaque demande de reconnaissance, l’organisation doit adresser un rapport d’activités au gouvernement. Il a ainsi pu être constaté lors de la dernière demande de la FEF que ses activités étaient en conformité avec ses missions, comme énoncé dans le décret du 12 juin 2003. Ses statuts et règlements nous sont transmis chaque année, sauf s’ils n’ont pas été modifiés. Par ailleurs, à ma connaissance, aucun ancien président de la FEF n’a jamais figuré sur les listes électorales du PTB, contrairement à d’autres partis politiques.

Pierre-Yves Jeholet : Je tiens également à la liberté de chacun, quelles que soient ses opinions politiques, de faire partie d’une association. Par contre, ce qui est dérangeant pour la démocratie participative dans l’enseignement supérieur, c’est la mainmise d’une formation politique sur une organisation de représentants d’étudiants, d’autant plus si cette formation est d’extrême gauche. Je mesure aussi les limites d’intervention et de prise de position du gouvernement dans ce genre de problématique.

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