09 Août 2011

France : l’homosexualité « enseignée » à l’école

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homosexualiteDans quelques jours, les élèves de 1ère ES et L (équivalent de la 5e secondaire chez nous) découvriront un nouveau point au programme de certains manuels de SVT (sciences de la vie et de la Terre): la question du genre. Dans un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme », les étudiants seront sensibilisés à la question de l’orientation sexuelle.

Ce chapitre (quelques paragraphes sur plus de 200 pages) expliquera aux élèves que si l’on naît homme ou femme, l’orientation sexuelle des individus peut varier au cours de la vie, et que si la majorité des personnes sont héterosexuelles, une partie de la population est homosexuelle ou bi. De plus, il est rappelé que la question de l’orientation sexuelle appartient à la « sphère privée ». Voici exactement ce que l’on peut lire dans le manuel édité par Bordas :

L’identité sexuelle est le fait de se sentir totalement homme ou femme. Et ce n’est pas si simple que cela peut en avoir l’air! Cette identité dépend d’une part du genre conféré à la naissance, d’autre part du “conditionnement social”. En effet, chacun apprend à devenir homme ou femme selon son environnement, car on ne s’occupe pas d’un petit garçon comme d’une petite fille, on ne les habille pas de la même façon, on ne leur donne pas les mêmes jouets.

Un peu plus loin, il est ajouté que «l’orientation sexuelle c’est-à-dire le fait d’être hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel, relève totalement de l’intimité des personnes».

Un appel au boycott de ces manuels scolaires

Si certaines associations se réjouissent que l’on ose enfin briser un tabou à l’école, la pilule ne passe pas chez tout le monde, notamment du côté de la droite catholique et conservatrice, qui appelle au boycott de ces manuels scolaires. L’Association Familles de France a même initié une pétition pour exiger le retrait du « chapitre tendancieux » des manuels de biologie. Certains parents n’hésitent pas à affirmer que la question de la dualité féminin-masculin relève du « crime contre l’Esprit », d’une « idéologie diabolique », du « nihilisme absolu » et, n’ayons pas peur des mots d’une « nouvelle guerre contre la chrétienté ». Même Nicolas Sarkozy aurait reçu un courrier l’invitant à prendre position dans ce débat.

Vous connaissez parfaitement la théorie du genre. Cette idée philosophique, contestable s’il en est, nous revient des milieux féministes d’outre-Atlantique. Les familles ont parfaitement compris les objectifs des concepteurs : orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique.

« Contaminer les élèves »

D’autres associations tiennent des propos plus tranchés encore. Ainsi, ProVieFrance n’hésite pas à avancer que « parler de l’homosexualité en classe, c’est prendre le risque de contaminer les élèves… à partir du moment où l’on cesse de dire que l’homosexualité, c’est mal. » Parler d’homosexualité, ce serait désacraliser la sexualité humaine.

Catherine Allais, directrice éditoriale scientifique chez Belin, ne cache pas son étonnement. Cela fait déjà un petit temps que les élèves de 1ère S (les scientifiques) abordent ce genre de questions avec leurs manuels. En biologie, quelques paragraphes sont déjà consacrés au plaisir sexuel et à l’homosexualité. Et personne n’avait crié au scandale à l’époque.

Les livres ne sont que le reflet des programmes. On se contente de dire que l’orientation sexuelle peut être variée.

Catherine Vidal, neurobiologiste et féministe, est du même avis.

Nous parlons de la sexualité des humains, pas de celle des animaux. L’homosexualité n’est plus, heureusement, considérée comme une maladie mentale. On peut en parler, et c’est ça que certains cathos ne supportent pas! ((Libération – 09.08.11))

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