21 Déc 2011

Examens : le retour des certificats de complaisance

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certificatLes examens se terminent doucement. C’est maintenant l’heure des corrections, des conseils de classe et de l’encodage des points. Pas question de tomber malade cette semaine… ou de faire semblant de l’être. Et si cette idée ne vous est même pas venue à l’esprit, pensez que ce n’est peut-être pas le cas de certains de vos élèves. C’est que depuis quelques années – nous en parlions déjà en 2008 – les certificats médicaux de complaisance sont en plein boum. C’est un peu normal… voilà une chouette combine pour brosser, en toute légalité, les cours… ou les examens. On se les échange sous le manteau… ou on trouve un médecin sympathique qui accepte de ne pas poser trop de questions.

Une collection plutôt insolite

Ce vendredi 16 décembre, les caméras de la RTBF se sont rendues à Forest, plus précisément à l’Athénée Royal Andrée Thomas. Marc Evard, le préfet, y collectionne les certificats médicaux. Depuis le début de la semaine, il a déjà collecté 51 certificats (contre  124 en dix jours l’année dernière). Est-ce beaucoup? Plutôt oui puisque, selon le chef d’établissement, 15% des élèves de l’école rentrent un certificat médical durant la période des examens.

Les précieux documents sont soigneusement triés par le préfet consciencieux puis rangés dans des classeurs. L’homme veille sur sa collection avec amour. C’est que certaines pièces valent leur pesant de cacahuètes. Ainsi, ce certificat – soupçonné d’être de complaisance –  qui atteste que l’élève est incapable de suivre les cours, ce mardi 13 décembre… entre 8h00 et 13h00 (photo). Alors, facétieux, nos élèves?

Les plus jeunes sont épargnés par les microbes

Si on se penche un peu sur les chiffres, on constate que la maladie ne touche pas tous les âges avec la même virulence. Mieux, les microbes et autres virus semblent favoriser certaines filières d’enseignement (mais rien ne dit s’ils préfèrent un réseau plutôt qu’un autre). La proportion d’élèves malades pendant les examens n’est que de 2% pour les élèves les plus jeunes… mais peut atteindre 30% chez les plus grands.

La maladie commence à partir de la 5e générale et la 5e technique. Avant, on ne sait par quel phénomène, les élèves sont beaucoup moins malades.

Interrogés, certains élèves avouent à la caméra qu’il leur suffit de simuler un état maladif pour obtenir deux ou trois jours de congé. Ce serait donc si simple? Et puis on se souvient de l’histoire de Karima, cette Verviétoise de 32 ans, auteure du livre « Insoumise et dévoilée » qui avait cherché à savoir, il y a déjà trois ans, si cette pratique des certificats médicaux était si répandue. Se présentant au téléphone comme musulmane, elle avait demandé à 10 médecins verviétois, sélectionnés au hasard, un certificat médical dispensant sa fille de 8 ans des cours de gymnastique et de natation jusqu’en juin 2009.  Six médecins avaient, à leur cabinet, accepté de rédiger un certificat médical, sans même avoir vu la fillette. Parmi les trois médecins qui avaient refusé d’entrer dans ce petit jeu, il y avait un praticien d’origine marocaine… qui avait répliqué à Karima que le sport était bon pour la santé. ((JT RTBF – 16.12.11))

Heureusement, ils sont encore très nombreux les médecins intègres qui refusent de délivrer des certificats à tour de bras. Comme ils sont nombreux ces élèves à avoir mis un point d’honneur à honorer leur session complète d’examens. Mais cela ne doit pas nous empêcher de rester vigilants…

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