La grève est terminée… et demain?

Fragnee

FragneeLa grève nationale est désormais derrière nous. Et les syndicats se disent satisfaits. Le mot d’ordre aurait été très bien suivi dans les écoles où de nombreux professeurs ont débrayé, particulièrement dans les établissements situés dans les centres urbains. En zone rurale, on a compté davantage de professeurs à leur poste ce lundi. A noter que la grève a été une nouvelle fois bien suivie dans l’enseignement fondamental même si la plupart des écoles ont veillé à assurer un service d’accueil pour les élèves dont les parents travaillaient.

Un matin dans la neige

Ce matin, dès 7 heures, des piquets de grève avaient pris place aux entrées de nombreux établissements. Objectif : inciter, tout en les informant, les enseignants – et les élèves – à rebrousser chemin. Enseignons.be avait choisi de rejoindre le piquet de l’Athénée de Fragnée à Liège. A 7h30, nous garons notre petite voiture devant les grilles de l’école. Cinq enseignants sont déjà là, qui se sont levés de bonne heure. Dans la cour de récréation, quelques élèves se roulent dans la poudreuse. Le parking est désert… et le restera. Trois véhicules seulement se présenteront à l’entrée… et seront gentiment refoulés. L’un d’eux essayera tout de même de forcer le passage en nous roulant sur le pied. C’est sûr, la grève ne plait pas à tout le monde. Les grévistes essayent malgré tout de faire passer la pilule : « Ce que nous essayons d’obtenir aujourd’hui en perdant une journée de travail, et donc une journée de salaire, cela profitera aussi à ceux qui ne suivent pas le mouvement… et donc à vous. » Mais rien à faire… tous repartent furieux, les pneus patinant dans la neige.

A 9h30, direction l’Athénée Charles Rogier, à Liège toujours. Quelques professeurs profitent d’une salle des profs particulièrement silencieuse. Les couloirs aussi sont déserts et, ici et là, on croise l’un ou l’autre élève venu pour profiter de la disponibilité de leur(s) professeur(s). « L’an dernier, je n’ai jamais raté un jour d’école. Ce n’est pas maintenant que je vais commencer » nous dira cette jeune fille de 2e année.

Un mouvement inutile?

Chez les non grévistes, on juge ce mouvement inutile… et tardif. « Les syndicats appellent à faire la grève alors que la concertation est en cours. Leurs revendications sont aussi trop floues. Personne ne peut croire qu’on fera machine arrière… ni en Belgique ni ailleurs en Europe. De plus, c’est avant qu’il aurait fallu bouger. »

Mais les syndicats sont convaincus d’avoir adressé un signal fort au gouvernement. Ils ne souhaitent plus être mis devant le fait accompli. Et la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, appelle la population à ne pas se résigner.

Certaines personnes ont peur ou sont résignées et pensent que les mesures imposées sont le seul moyen de sortir du tunnel. Or, nos alternatives, telles que les euro-obligations ou des mesures visant une fiscalité plus juste, vont au-delà des slogans et sont porteuses de justice sociale.

La semaine dernière encore, le CD&V estimait que le saut de l’index restait une mesure à envisager dans le cadre du débat sur la compétitivité des entreprises. Cette idée est enterrée!

On ne reviendra pas sur l’index… et nous avons ce soir tous les éléments pour poursuivre une véritable concertation.

Et demain? Il est peu probable que le gouvernement revienne sur l’accord de majorité. Tout au plus prendra-t-il un peu plus de temps pour faire passer les réformes qu’il juge indispensables. Dans un communiqué envoyé ce soir à tous les médias, le premier ministre réaffirme sa volonté de mettre le dialogue social à l’ordre du jour. « Le Gouvernement comprend l’inquiétude exprimée aujourd’hui par une partie de la population. La poursuite de la concertation sociale entre syndicats et organisations patronales est la priorité. Le Premier Ministre s’engage avec le Gouvernement pour soutenir ce dialogue social dans l’espoir de le faire réussir. »

Pour l’heure, de nouvelles actions ne sont pas prévues. Mais le front commun syndical indique qu’il restera vigilant.

S'abonner à notre newsletter

Recevez gratuitement les dernières actualités de l'enseignement dans votre boîte mail.