23 Avr 2012

Arboretum College : Marc Elsen en colère

Marc Elsen

Marc ElsenLa création d’une nouvelle école privée en Brabant flamand, à Crainhem, continue de faire des vagues. Cette fois, c’est le député et Chef de groupe CDH Marc Elsen qui est sorti de ses gonds au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le Verviétois a dénoncé le projet pédagogique de l’établissement qui, selon lui, ne semble pas promouvoir la mixité sociale. « Cette école prévoit de sélectionner les élèves selon les revenus des parents et leur maîtrise préalable des langues. »

« Quelle belle vision de la société! »

Et d’épingler les propos de sa directrice, Muriel de Bergeyck, qui avait indiqué que tendre vers la gratuité – mais l’obtention d’une bourse en vue de réduire un peu le coût sera possible – serait adopter une politique privilégiant le bon marché qui dévaloriserait l’excellence des professeurs et de l’école.

Quelle belle vision de la société ! Les nombreuses familles touchées par la crise économique apprécieront !

Marc Elsen regrette en outre que cette maman se permette de critiquer la qualité de notre enseignement et le manque de places. « Certaines personnes s’estiment suffisamment compétentes pour juger de la qualité de l’enseignement dans son ensemble et même pour remplacer la Ciri. Je déplore le peu de respect affiché par quelques parents à l’adresse des directions et des enseignants qui se dévouent pourtant à offrir un enseignement de qualité. Certes, tout n’est pas parfait mais les propos entendus étaient choquants. »

Marie-Dominique Simonet a indiqué partager le point de vue de son collègue humaniste, même si elle juge son interprétation des propos de la promotrice du projet sur l’enseignement caricaturale. « De tous temps, l’éducation des jeunes, puis l’école, ont fait l’objet de critiques. On demande en effet à l’école, instrument privilégié du progrès social, de réaliser ce que la société qui l’organise et qui la finance n’a pas su faire. Elle doit à la fois assurer la transmission du patrimoine intellectuel et préparer les jeunes pour un avenir dont personne ne cerne avec précision les contours et les exigences. »

Le minimum à tout le monde… et à chacun

La ministre a également balayé l’argument du « manque de places », rappelant un nouvelle fois que dans cette partie de Bruxelles, il reste des places dans bon nombre d’établissements. Tous les élèves de cette commune à facilités auraient également obtenu une place dans une école secondaire de leurs trois premiers choix. Pour le reste, l’Arboretum College étant une initiative privée, qui n’a introduit aucune demande de subventions, la Communauté française n’en assumera pas l’inspection et n’aura donc aucun droit de regard sur la qualité de l’enseignement qui y sera dispensé. Mais pour Simonet, les priorités sont ailleurs :  « Je m’emploie chaque jour à faire progresser la qualité de notre enseignement en veillant que ces améliorations soient au service de tous les jeunes. Je ne saurais donc trouver de grandes vertus à des établissements qui entendent sélectionner leur public sur des critères socioéconomiques ou culturels. Libres à eux de le faire mais cela n’a rien à voir avec l’idée que je me fais de l’école démocratique et à laquelle je crois. »

Depuis des années, nous nous efforçons de rendre l’école plus ouverte, plus efficace, plus équitable car la mixité sociale, même si elle est difficile à atteindre et qu’elle ne résout pas tout, est plus souhaitable que la ségrégation. Mon ambition est de donner le minimum à tout le monde et le minimum à chacun, en fonction de ses possibilités.

Le minimum… ou le maximum?

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