La CSC pour le maintien du caractère obligatoire des cours philosophiques

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CSCLa CSC-Enseignement a également tenu à réagir au communiqué du Cedep qui revendique la suppression du caractère obligatoire des cours dits « philosophiques » et la création d’un cours de philosophie, d’histoire des religions et des mouvements de pensée non confessionnels pour tous les élèves et ce afin de leur permettre d’exercer librement leur esprit critique. Le syndicat chrétien rappelle que le Pacte scolaire de 1959 et l’article 24 de la Constitution confèrent aux cours dits «philosophiques» la légalité de leur insertion dans le monde scolaire.

Cette légalité concrétise et organise l’exercice réel des libertés proclamées dans la Déclaration des droits de l’homme (art. 20, § 2) et la  Convention internationale des droits de l’enfant (art. 29), et ce dans le respect des décrets du 31/03/1994 « définissant la neutralité de l’enseignement de la Communauté française » et du 17/12/2003 « organisant la neutralité inhérente à l’enseignement officiel subventionné ».

Pacte scolaire et décret « Missions »

De plus, la CSC signale que le décret « Missions » de 1997 a assigné quatre objectifs généraux à l’école: développer la personne de chaque élève, rendre les jeunes aptes à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle, les préparer à être citoyens responsables dans une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures, assurer à tous des chances égales d’émancipation sociale. « Ce décret a ouvert une dimension essentielle: éduquer à la citoyenneté démocratique en termes de compétences. Les programmes des cours de morale et de religion relèvent ce défi et apportent ainsi une contribution spécifique à la poursuite de ces missions. »

Qu’il se réfère à une expérience religieuse, à la mémoire d’un peuple ou à la culture laïque, l’être humain est toujours confronté aux mêmes questions fondamentales. La naissance, la vie, la mort posent toujours les mêmes grandes questions métaphysiques. Les inégalités sociales, les dénis de démocratie, les crimes contre l’humanité imposent de nouvelles exigences de justice. L’essor des techniques, de la médecine, de la chirurgie, de la génétique pose de nouvelles questions au plan de l’éthique.

Les cours de morale et de religion sont des lieux d’éducation qui, respectueux de toutes convictions particulières, favorisent l’intégration dans une société pluraliste. Par une action éducative cohérente, ils permettent de combattre l’indifférence, le fanatisme, le dogmatisme, l’intolérance, la violence, le négativisme et autres maux déshumanisants de notre temps.

Et de rappeler que le Conseil consultatif supérieur des cours philosophiques, qui n’a jamais recommandé la suppression des cours de religion et de morale, préconise plutôt de doter les maîtres et les professeurs des cours philosophiques d’un véritable outil professionnel (un référentiel/une nomenclature de compétences) comme le possèdent déjà les collègues des autres disciplines (français, math, sciences…).

Quid des emplois menacés?

Sans oublier que la suppression de ces cours – ou la disparition de leur caractère obligatoire – aurait des conséquences fâcheuses pour ses titulaires, régents et licenciés. De nombreux postes pourraient être menacés puisque le Cedep a clairement souhaité que le nouveau cours de philosophique qu’il appelle de ses vœux soit dispensé par des enseignants ayant reçu une formation toute spécifique. Faute de cette formation – ou d’un recyclage – de nombreux agents resteraient sur le carreau. Inadmissible!

La CSC craint également que la suppression du caractère obligatoire des cours de religion et de morale ne favorise l’émergence d’écoles confessionnelles susceptibles d’accueillir les élèves dont les parents n’accepteront pas le caractère optionnel des  cours philosophiques.

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