19 Déc 2012

PIRLS 2011 : nos élèves déclassés en lecture

Lecture

LectureIl y a un mieux… mais ne tournons pas autour du pot, les performances en lecture de nos enfants restent médiocres. PISA nous avait déjà ouvert les yeux… Mais voilà que PIRLS le confirme. PIRLS? Kesako? Il s’agit du Programme international de recherche en lecture scolaire, lancé en 2001 par l’IEA (Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire), et qui évalue, vous l’avez compris, les enfants de primaire dans le domaine de la lecture. Une des différences avec les études PISA, c’est que PIRLS est ouvert à des pays non-OCDE.

En 2006 déjà, lorsque la Fédération Wallonie-Bruxelles avait rejoint le programme, la situation n’était pas rose. Avec un score de 500, elle se situait exactement au niveau de la moyenne internationale des 45 systèmes éducatifs participants. Il ressortait que nos petites têtes blondes de 4e primaire avaient quelques difficultés à comprendre et à utiliser les formes du langage écrit que requiert la société. Quatre compétences étaient alors définies: prélever des informations, faire des inférences directes, interpréter et assimiler et examiner et évaluer le contenu.

Un  retard de 3/4 d’année scolaire

Pire encore : la Communauté française se classait sensiblement en dessous de la moyenne quand on comparait sa performance à celle du sous-ensemble des pays de référence (au niveau développement OCDE). Et dans le groupe le plus comparable du point de vue de l’âge des élèves et du nombre d’années de scolarité, elle se classait en queue de peloton en compagnie de l’Islande et de la Norvège.

En 2011, on attendait une évolution. Et la Belgique francophone (506 points, soit 6 points de plus que le score médian de 500 points) arrive… en 32e position sur 45 pays. C’est donc mieux? Mouais! La France, elle, n’obtient que 520 points (-5)… et n’en est pas encore remise. Car 506 points, cela nous place très loin derrière la moyenne européenne (534) ou celle de l’OCDE (538). Si on regarde dans le rétroviseur, ils ne sont pas nombreux les pays que l’on peut encore snober : l’Iran, la Roumanie, la Colombie… ou le Maroc, lanterne rouge. Loin devant en haut du classement caracolent Hong-Kong (571 pts) et Singapour, la Russie (568 pts) et les États-Unis, la Finlande, la Croatie, le Danemark et l’Irlande du Nord.

Notez que 30 points d’écart avec la moyenne européenne, cela signifie un retard de près de trois quart d’année scolaire!

1 élève sur 3 ne dépasse pas le niveau « élémentaire »

Les élèves « bon lecteurs » ne seraient que 25% dans nos classes (contre 45% en moyenne). Ceux qui ne dépassent pas le niveau jugé « élémentaire » sont eux plus nombreux : 30% (moyenne : 19%). Par rapport à 2006, on observe tout de même une légère diminution de la proportion de lecteurs en grande difficulté (-4%), tandis que la proportion d’élèves bons lecteurs augmente à peine (+2 %).

Qu’est-ce qui expliquerait ces mauvais résultats? L’analyse des réponses de nos élèves a mis au jour toute une série de particularités de l’enseignement en Communauté française. Citons notamment le peu de temps consacré à l’enseignement formel de la lecture – et des stratégies de compréhension – en 4e année, l’occurrence peu régulière de lecture de livres longs, largement devancés par la lecture d’histoires courtes, les albums pour enfants qui ne sont que trop rarement considérés comme un matériel didactique essentiel, etc.

Il reste donc du pain sur la planche, même si, comme le souligne le rapport : « Comparativement à son groupe de référence, la FWB obtient en 2011 des résultats qui tendent à indiquer qu’en dépit d’une moyenne qui reste faible, une amélioration a commencé à s’amorcer. Le score global, de même que les scores relatifs à la lecture à visée littéraire présentent une tendance évolutive positive. » La Roumanie ou la Norvège, qui avaient aussi beaucoup de retard, ont pourtant progressé plus rapidement que nous… Et si la solution ne se trouvait pas uniquement à l’école? Les meilleurs lecteurs sont peut-être tout simplement ceux dont les parents lisent et/ou leur font lire des livres. Les résultats en lecture dépendraient davantage du milieu socio-culturel de l’enfant que de la méthode scolaire… Qu’en pensez-vous?

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