Liège : les élèves du CEF en colère contre les TEC

CEFUne petite cinquantaine d’élèves (du secondaire) et d’étudiants (du supérieur) ont manifesté ce vendredi à Liège contre l’augmentation des tarifs des TEC, effective depuis ce 1er février. Bravant la pluie, ils ont sillonné, dans la bonne humeur, le centre-ville de la Cité ardente en scandant « Henry, si tu savais, l’augmentation, où on s’la met… » A l’initiative du mouvement, le CEF (Comité des élèves francophones) et ses cellules des Athénées Charles Rogier et Léonie de Waha. « Nous sommes ici pour dire « non » à l’augmentation des prix des tickets de bus explique Erin, élève en 4e année à l’athénée de liège 1. Par exemple, le tarif pour un petit trajet passe de 1,70 € à 1,90 €. Même les abonnements « écoliers » passent de 112 € à 120 €. » Solidaires de leurs aînés, les jeunes n’oublient pas de rappeler que tous les seniors devront maintenant payer s’ils souhaitent prendre le bus. Les TEC passent en effet de la gratuité à une redevance annuelle de 36€. « Ce qui est moche puisqu’on revient sur quelques chose qui était acquis » poursuit la jeune fille.

Des hausses de 30 à 42%

L’augmentation des tarifs est quasi-générale dans les transports en commun. Tant la SNCB que la STIB et bien sûr les TEC ont procédé hier à quelques adaptations tarifaires. Objectif avoué : simplifier les tarifs et les harmoniser. C’est tout? Peut-être pas… « Le but est de mettre en place, d’ici 2014, le projet « TEC It Easy » qui permettrait grâce à une carte à puce de se déplacer sur tous les réseaux de transports en Belgique (TEC, De Lijn et La Stib). Le CEF n’est pas totalement contre cette idée, même si ce système de carte à puce pose le débat de la confidentialité des données privées, au même titre que MOBIB à Bruxelles il y a quelques années. Par contre nous nous interrogeons sur le réel lien de cause à effet entre l’uniformisation et augmentation des tarifs, mais surtout sur les raisons qui poussent cette uniformisation majoritairement vers le haut? »

De 168 titres de transports différents, la société n’en propose plus maintenant qu’une trentaine. Mais si les trajets longs baissent, les trajets courts augmentent. Ainsi, les tickets de 4 à 6 zones voient leurs prix baisser, de 3,4 € (4 zones), 4,25 € (5 zones) ou 5,1 € (6 zones) à 2,9 € (4 et 5 zones) et 5 € (6 zones) tandis que le coût du reste de l’offre augmente méchamment.

Le CEF réclame un gel des tarifs

Les TEC jurent pourtant que la hausse totale des prix (1,8%) se situe en-dessous de l’indexation, qui est de 2,21%. Mais certaines offres (pour les jeunes, particulièrement) sont (très) à la hausse : les réductions pour les abonnements de bus des 12-24 ans passent ainsi de 50 % à 40 %. Ailleurs, certains produits disparaissent, comme l’abonnement « Alto » qui, pour le prix de 28 euros/mois, permettait de circuler sur deux zones. Il est aujourd’hui remplacé par le « Next » (pourtant le moins cher) qui propose le même service pour… 36 euros/mois, soit une augmentation de 30%! L’abonnement « Lynx » (12-24 ans) à 152 €/an pour les longs trajets est aussi enterré… et à la place, il faudra s’offrir l’abonnement « Horizon » au prix minimum de 216 €. Le surcoût est alors de 42%.

Pour le CEF, augmenter sans cesse le prix des transports des étudiants, va contre l’idée d’un enseignement accessible à tous. Une large partie des élèves et étudiants utilisent de manière quotidienne les transports en commun pour se rendre à l’école.

Le Comité des élèves francophones réclame ni plus ni moins que le gel du prix des tickets, avant d’envisager un retour progressif à 1,2 €, le maintien de la réduction pour les étudiants à moins 50 % et le retour à la gratuité pour les plus de 65 ans. S’ils ne sont pas entendus, la permanente du CEF, Laura Leon Fanjul, promet qu’il y aura d’autres actions. « Nous avons marqué le coup ici le 1er février. Mais nous n’en resterons pas là. Nous aurons une assemblée pendant les vacances de carnaval pour voir comment nous pouvons travailler avec nos antennes de Wallonie et Bruxelles… et élargir le mouvement à d’autres écoles, pour protester contre l’augmentation des tarifs du TEC, mais aussi de la Stib, par exemple. » Il faut donc s’attendre à d’autres mouvements d’humeur dans les prochaines semaines. Une pétition en ligne sera bientôt lancée, la version papier ayant déjà recueilli 350 signatures. Les élèves ne désespérèrent pas de pouvoir rencontrer le Ministre des Transports, l’Ecolo Philippe Henry.

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