Négociations sectorielles : le contexte de crise a joué

SyndicatsC’était attendu : les syndicats (SLFP et Appel exceptés) ont accepté, cette semaine, les propositions mises sur la table par les Ministres Simonet (Enseignement obligatoire) et Marcourt (Enseignement supérieur) dans le cadre des négociations pour l’accord social 2013-2014.  On le sait, le contexte budgétaire est difficile. Et l’actualité de ces dernières semaines (ArcelorMittal, Caterpillar…) aura cette fois joué en faveur du Gouvernement, qui avait, dès l’ouverture des débats, prévenu qu’il ne pouvait être question de discuter de mesures coûtantes. Pour la première fois, les Ministres avouaient ainsi ne disposer d’aucune marge budgétaire pour satisfaire les demandes des enseignants… et des pouvoirs organisateurs, également associés aux discussions, et qui avaient eux aussi déposé leur liste de revendications.

Priorité aux mesures techniques et peu coûteuses

Qu’on obtenu les profs cette année? Pas grand chose. Le congé de circonstances lié au décès du conjoint ou assimilé devrait passer à 5 jours et la mobilité des agents au sein d’un même réseau pourrait être facilitée. L’accompagnement des jeunes pousses par leur direction sera encouragé. On ne parle plus du tutorat, hélas. Mais c’est malgré tout une avancée. Après trois mois de tractations, syndicats et P.O. ont compris qu’ils ne pourraient rien obtenir de plus… et ont décidé d’accepter l’offre ministérielle… à deux conditions : 1) Que les accords de 2008 et 2011 soient enfin concrétisés… et ce avant la fin de l’année 2013. « Normalement, ces mesures ont été budgétées à l’époque » nous explique Joan Lismont, Président du SEL-Setca, contacté par Enseignons.be. 2) Que le débat se poursuive encore sur 4 thèmes bien précis : l’accueil des jeunes enseignants, la formation initiale et continuée, les fins de carrière et la taille des classes. Des groupes de travail se réuniront très bientôt.

Les profs n’ont rien gagné… Mais n’ont rien perdu non plus

Déception toutefois pour le syndicat des enseignants de l’enseignement libre subventionné : cette fois, les petits barèmes n’ont pas été améliorés. « Le Gouvernement, depuis 2008, essayait d’augmenter tous les petits salaires. Nous, on avait fixé un objectif à atteindre qui était de 15.000 euros bruts annuels, non indexés. On n’y sera pas. Il y a encore des agents qui touchent des revenus annuels de 13.500 euros bruts par an. » L’engagement de corriger les anomalies barémiques est cependant toujours valable. « Le problème, c’est que budgétairement, l’épure devait être de zéro euro! Les entités fédérées vont devoir faire de gros efforts d’ici 2015 dans le cadre de la réforme de l’État. Il faut donc se préparer à ne rien obtenir, à nouveau, pour le prochain accord sectoriel ». 

Du côté des pouvoirs organisateurs, le SeGEC (Secrétariat général de l’enseignement catholique) a également accepté de signer le protocole d’accord… mais uniquement pour le volet « enseignement obligatoire ». En échange, un groupe de travail relatif à l’aide aux directions du fondamental verra le jour.

SLFP et Appel ne veulent plus croire le Gouvernement

Le SLFP-Enseignement, lui, n’a pas suivi ses camarades, expliquant qu’il ne fait plus confiance au Gouvernement : « Des revendications vieilles de 5 ans, et accordées, n’ont toujours pas été réalisées. Les lignes du protocole prévoient la mise sur pied de nouveaux groupes de travail en vue de leur finalisation. Le gouvernement a-t-il réellement l’intention de tenir ses engagements antérieurs ou est-ce une nouvelle démarche pour gagner du temps? » 

La question est posée. Et on l’aura compris, il y a beaucoup de promesses dans cet accord… mais rien qui n’engage vraiment l’exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les élections régionales ne sont plus si loin. Et il y a fort à parier que la patate chaude sera refilée aux prochain patrons de l’Éducation. Mais que les enseignants se consolent malgré tout, s’ils n’ont rien obtenu cette fois-ci, ils n’ont rien concédé non plus… du moins, à condition que les accords signés antérieurement soient respectés. Les syndicats ont promis d’y veiller.

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