La CSC-Enseignement dit « non » aux périodes de 45 minutes

CSCL’échec scolaire pèse lourd sur le budget de notre enseignement. Très lourd. Vous voulez quelques chiffres? Retenez que, en 2011, la Fédération Wallonie-Bruxelles a consacré 6,8 milliards d’euros à son système éducatif. Cette somme correspond à 75% de son budget total, qui dépassait les 9 milliards d’euros. Le coût du redoublement s’évalue, lui, à environ 49,6 millions d’euros dans le primaire et à 372,3 millions d’euros dans le secondaire, soit 11,4 % du budget strictement consacré à ces niveaux d’enseignement ordinaire. Une fois ceci posé, on comprend tout l’intérêt qu’il y aurait pour les finances de la Communauté française à limiter l’échec scolaire

Le 1er degré commun du secondaire est particulièrement dans le collimateur de notre Ministre de l’Enseignement. Et c’est fort logique puisqu’il constitue un moment glissant (c’est un euphémisme) de la scolarité de nos élèves. Le problème du redoublement – et de la réorientation « par défaut » dans l’enseignement technique et professionnel – est multifactoriel. Il n’y a donc pas une solution mais une série de mesures à prendre pour tenter de limiter la casse. Marie-Dominique Simonet a d’ailleurs fait avaliser par le gouvernement un texte détaillant les nouvelles stratégies à mettre en œuvre dans les deux premières années du secondaire (Enseignons.be – 14.06.13) et qui visent, on l’a compris, 1) à réduire le taux d’échecs et 2) à offrir aux élèves un tronc commun qui soit réellement… commun, entendez par là qu’il ne devrait plus être uniquement cette vitrine de l’enseignement général, snobant les filières qualifiantes tout juste bonnes à récupérer les exclus et dégoûtés de tout poil.

Parmi les mesures proposées par la Ministre, on retrouve le Plan individuel d’apprentissage (PIA), la disparition progressive de la 1ère complémentaire (ou 1ère S) – que Mme Simonet juge possible lorsque les enseignants seront mieux formés à la pédagogie différenciée, à la détection des troubles de l’apprentissage, aux différentes techniques de remédiation… – le recours aux « heures » de 45 minutes censées permettre la création de périodes nouvelles consacrées à la remédiation ou aux activités de dépassement, etc.

La CSC-Enseignement ne suivra pas la Ministre Simonet

Mais ce catalogue d’intentions du gouvernement a suscité l’ire de la CSC-Enseignement, qui a consulté ses affiliés. Dans un communiqué, le syndicat chrétien – bien que favorable à un tronc commun identique jusqu’à 14 ans au moins – dénonce cette réforme – « lancée hâtivement » – et qui ne permettra pas d’atteindre les « louables objectifs de renforcement du tronc commun » : acquisition des différents types de savoirs, une orientation positive ou une place significative accordée aux activités technico-manuelles, artistiques, sportives et citoyennes.

Pire, elle apporte une lourdeur administrative, une dérégulation du système et un surcroît de travail pour des équipes pédagogiques déjà au bord de la rupture. Le tout, sans moyens supplémentaires, en usant et en abusant de la politique des vases communicants.

On comprend ici que les fameuses périodes 45 minutes ont du mal à passer auprès de ces enseignants. Pour créer de nouvelles activités de remédiation, les écoles ne disposeront pas d’heures supplémentaires (encadrement NTPP). Elles devront rogner sur les plages existantes… et donc les cours de mathématiques, de français, de langues, etc.

La CSC-E  demande une véritable évaluation de l’organisation de premier degré du secondaire ; elle ne peut soutenir une politique de rustines qui  détériore  encore les conditions de travail des équipes pédagogiques.

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