16 Août 2013

Ecolo plaide pour un renforcement de l’autonomie des équipes éducatives

EcoloL’information a fait le tour des médias francophones après avoir été mise en avant par Enseignons.be : pour la première fois, la Fédération Wallonie-Bruxelles dispose d’une cartographie de l’échec scolaire. Un outil que l’on doit à dix députés Ecolo qui ont tous demandé à la Ministre de l’Enseignement obligatoire de leur fournir les chiffres du redoublement, pour chacune des dix zones d’enseignement ((Bruxelles, Nivelles, Hainaut occidental, Mons-centre, Charleroi-Hainaut-sud, Namur, Huy-Waremme, Liège, Verviers et Luxembourg.)) (ou bassins scolaires), des élèves du primaire et du secondaire. Un taux qu’ils souhaitaient évidemment lier à l’indice socio-économique (ISE) de ces bassins scolaires, calculé sur la base de variables telles que le revenu moyen par habitant, le taux de chômage, le confort des logements, le niveau de diplôme…

Qu’a-t-on observé? 1) Que le nombre d’échecs augmente au secondaire (+1,7%) mais diminue un petit peu au primaire (-0,4%). 2) Que les élèves des milieux urbains et moins favorisés souffrent davantage de l’échec scolaire. Au secondaire, Bruxelles, Mons, Charleroi et Liège affichent un taux de redoublement de 15 à 18%. A l’inverse, les zones de Nivelles, Huy-Waremme et du Luxembourg s’en tirent un peu mieux avec un peu plus de 12%. Sans surprise, c’est aussi dans le Hainaut occidental (59%), les zones de Mons-centre (58%) et de Namur (56%) que l’on retrouvera la plus forte proportion d’élèves fréquentant l’enseignement qualifiant.

L’école n’est plus un ascenseur social

Le constat est donc le suivant : plus l’indice socio-économique d’une région est faible, plus les enfants qui en sont issus rencontrent des difficultés à l’école et souffrent de la relégation. Formulé autrement, on peut aussi dire que la réussite d’un élève dépend du milieu où il vit…

Si le travail des députés écologistes a le mérite de nous rappeler que l’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social, il faut noter que d’autres acteurs se sont déjà penchés sur la question. Ainsi, en mai 2012, l’IWEPS (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) publiait une étude qui révélait déjà que les élèves issus des quartiers à ISE inférieurs à la moyenne sont moins nombreux à choisir les filières de transition et plus nombreux à « sortir » sans diplôme de l’école.

Interrogé par notre rédaction, le député Yves Reinkin reconnait que la situation n’est pas simple. « S’il suffisait d’un décret pour supprimer le redoublement, les ministres de l’Enseignement successifs l’auraient déjà rédigé et fait voter depuis longtemps ». La lutte contre l’échec scolaire devra donc se gagner sur le terrain. Et sur ce point, les verts regrettent le peu d’ambition de la majorité, à laquelle ils participent pourtant. « Les bassins scolaires sont un outil pour renforcer l’autonomie pédagogique des équipes éducatives et le leadership de certaines directions. Pour Ecolo, il conviendrait de soutenir davantage – via le pilotage, les compétences, les moyens – les bassins scolaires dont les instances pourraient rassembler toutes les filières, tous les niveaux et tous les réseaux pour coopérer en matière d’enseignement sur une base territoriale ».

Faire fonctionner l’actuel tronc commun jusqu’à 14 ans

Les enseignants ont aussi un rôle à jouer « grâce à la remédiation immédiate et la détection précoce des difficultés, explique le Stavelotain. Dans cette optique, il serait particulièrement intéressant d’analyser pourquoi dans certains bassins – et principalement dans l’enseignement primaire – le redoublement n’augmente pas et diminue parfois de manière importante. Si des pratiques pédagogiques innovantes ont été mises en place avec succès dans les écoles, il serait dommage de ne pas en faire profiter d’autres établissements ». Ecolo plaide donc pour une amélioration de la formation initiale des enseignants – mieux outillés, mieux préparés à travailler avec des publics plus difficiles et/ou hétérogènes – mais aussi pour la mise en place d’une orientation positive via un véritable tronc commun. « Nous proposons de mettre en place une alternative aux attestations d’orientation qui obligent les élèves à changer de filières sous peine de redoubler : le fameux certificat B. Ces attestations instituent une hiérarchie entre les filières, incompatible avec l’idée d’un choix positif de l’élève. Orienter les élèves selon leurs résultats en fin d’année scolaire revient à agir beaucoup trop tard. Cette approche orientante s’inscrirait dans un tronc commun avec des apprentissages techniques, scientifiques, artistiques et créatifs qui permettent de toucher à tout et de poser des choix positifs et éclairés ».

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