01 Sep 2013

L’enseignement au coeur du plan Marshall 2022

EnseignementIls jureront la main sur le cœur qu’il n’en est rien. Qu’il y a du travail et que le temps n’est pas encore aux discours. Mais les partis politiques sont bien entrés en campagne à l’occasion de la rentrée scolaire. Majorité comme opposition vont maintenant profiter des neufs mois qui nous séparent des prochaines élections pour tenter de convaincre un maximum d’électeurs de leur faire confiance pour les quatre et cinq prochaines années.

On n’oublie pas l’enseignement

Les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui effectuaient leur rentrée jeudi avec un premier conseil des ministres, ont souhaité marqué le coup en annonçant le lancement d’un nouveau programme de développement économique, le plan Marshall 2022, après le plan Marshall et le plan Marshall 2.vert. Sa particularité (disent-ils) : l’enseignement sera au cœur de ce nouveau projet de redéploiement de la Région wallonne. « L’amélioration de l’éducation sera donc une priorité absolue. Elle sera orientée vers l’emploi, le développement personnel et collectif. Et ce, afin d’offrir à tous les jeunes un enseignement obligatoire de qualité, leur permettant d’accéder à un enseignement supérieur reconnu internationalement ou directement à un marché du travail axé vers des emplois de qualité et tourné vers l’avenir ».

Pour le Ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS) : « L’enseignement est indissociable de l’avenir de la Wallonie. On a trop longtemps dit que c’était le problème de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».

« L’avenir de notre société passe par l’éducation, a renchéri la Ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Martine Schyns (cdH). Mettre l’enseignement au cœur même du plan Marshall 2022 est une excellente chose, une véritable première en Wallonie. Il est l’occasion unique de créer un lien indéfectible entre le monde de l’école et le monde de l’entreprise ».

Une première? Pas vraiment, non… En gros, ils avaient déjà dit cela en 2009. On se souvient qu’à l’époque, le gouvernement avait  organisé le découpage du territoire wallon en « bassins de vie » au sein desquels les écoles étaient invitées à se parler et à collaborer pour éviter les doubles emplois et optimaliser les moyens : prêt de matériel, échange de professeurs… Objectif : mieux cerner les attentes et les besoins du terrain pour améliorer la formation des élèves/étudiants et garantir ainsi une qualification de haute qualité et des perspectives d’emplois à la fin des études.

« C’est beau les illuminations des novices »

Ce nouveau plan Marshall ne dit rien d’autre. Il n’y a rien de neuf… Cela n’a pas échappé à l’opposition libérale, qui dénonce une « opération d’autofélicitation et de communication à la l’occasion de la rentrée ».

Du côté d’Ecolo – et malgré leur présence dans la majorité – on n’est pas dupe non plus. Le député Yves Reinkin s’est ainsi dit  « émerveillé de lire la nouvelle ministre de l’enseignement toute heureuse de voir que le plan Marshall 2022 est une « occasion unique de créer un lien indéfectible entre le monde de l’école et le monde de l’entreprise ». Tout ceci alors que les bassins scolaires existent depuis 5 ans et n’ont guère suscité le soutien actif du cdH… » Et de conclure : « C’est beau, les illuminations des novices ».

Il est vrai que leur création en 2009 n’a pas apporté grand chose aux écoles. Le taux d’échec de nos élèves reste très (trop) important dans certains bassins sans que l’on envisage des politiques ciblées et l’investissement de moyens supplémentaires là où les enseignants auraient manifestement besoin d’un petit coup de pouce. Depuis cinq ans, nous n’avons pas entendu parler de création de nouvelles filières d’avenir en partenariat avec les entreprises locales, ni de la fermeture de certaines options manifestement peu porteuses d’emplois. A bonne source, voilà longtemps que le projet des bassins scolaires est en veilleuse, faute de réelle volonté politique. Mais peut-être est-ce l’occasion d’y revenir avec les élections… pour, cette fois, aller au bout de la logique qui vise à renforcer l’autonomie des établissements scolaires… pour mieux former et préparer nos élèves à leur(s) futur(es) études/métier.

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