Les syndicats font le bilan des années Simonet

Simonet L’école du XXIe siècle a jusqu’ici connu six ministres de l’Enseignement obligatoire : le libéral Pierre Hazette (1999-2004), en charge du secondaire, l’écolo Jean-Marc Nollet (1999-2004), en charge du fondamental, la socialiste Marie Arena (2004-2008), son collègue Christian Dupont (2008-2009), la cdH Marie-Dominique Simonet (2009-2013)… remplacée cet été par Marie-Martine Schyns. Ces hommes et ces femmes ont, à leur façon, marqué de leur empreinte le ministère qui leur avait été confié. Sur le terrain, une idée ou une petite phrase… est généralement retenue par les enseignants. Tout le monde se souvient ainsi du Tous bilingues en 2001 lancé par une Laurette Onkelinx fort peu inspirée.

« Simonet avait un vrai souci du dialogue »

Cette idée ou cette petite phrase reflète d’ailleurs en général très mal la politique qui a réellement été menée par le/la Ministre. Il serait ainsi absurde de réduire l’action du Ministre Hazette à son idée de créer des centres de rescolarisation pour les élèves « turbulents »… ou « écoles des caïds », comme le chantait l’opposition à l’époque. Il serait également stupide de résumer l’action de Marie Arena aux travaux qu’elle fit réaliser dans son cabinet en vue d’y installer des « sanitaires » plus confortables ou de ne retenir que les conséquences – désastreuses – de l’application du décret « inscriptions », première mouture.

Mais que penseront un jour les enseignants de la politique menée par Marie-Dominique Simonet? Nous avons posé la question à deux de leurs représentants : Pascal Chardome, Président de la CGSP-Enseignement et Eugène Ernst, Secrétaire général de la CSC-Enseignement.

Les syndicats regrettent une politique des petits pas

« Marie-Dominique Simonet avait un vrai souci du dialogue, avec les enseignants en général… et avec les organisations syndicales en particulier », confie Eugène Ernst. Même son de cloche du côté de la CGSP où Pascal Chardome souligne que sous cette législature, deux accord sectoriels ont été – bien que partiellement – concrétisés. C’est d’ailleurs la Ministre Simonet qui a associé les pouvoirs organisateurs aux négociations bisanuelles, devenues tripartites, alors qu’elles étaient bipartites (syndicats-gouvernement) depuis 2004.

La Liégeoise avait l’oreille attentive et, c’est également à noter, veillait à faire remonter les bonnes initiatives du terrain (École numérique, Décôlage…). Malheureusement, « la plupart des initiatives prises par ce Cabinet pour améliorer la qualité de notre système éducatif ont été limitées, organisées souvent à titre expérimental mais sans généralisation ». Une politique des « petits pas » qui peut légitimement décevoir ceux qui auraient aimé entendre davantage parler des expériences pédagogiques – pourtant largement subsidiées – menées dans certaines classes. Eugène Ernst : « On a un peu l’impression qu’on touche à tout mais que rien n’avance. A la CSC, nous étions plutôt favorable à ce qu’on mette le paquet sur un projet, par exemple décôlage, qui permet aux enseignants d’entrer dans une autre philosophie de l’évaluation au fondamental et par là de lutter contre l’échec scolaire… Au lieu de ça, on a investit dans la certification par unités, dans la réforme du premier degré… On n’arrive pas à changer les choses de manière profonde ».    

Et si on ne devait citer qu’une seule grande réforme? « Il y a un dossier qui était important pour elle, c’est celui des titres et fonctions, continue le Stavelotain. C’était courageux de rentrer dans une telle réforme, qui doit faciliter la vie des enseignants ».

Les conditions de travail restent pénibles

Et les conditions de travail des enseignants? Aucune avancée significative ne sera épinglée sous cette législature… sans doute plus par manque de moyens que par manque de volonté politique. Et les années à venir ne laissent rien présager de bon. Pascal Chardome : « Nous avons perdu beaucoup de temps à préserver l’enseignement des mesures d’austérité budgétaire. Il n’y aucune marge de manœuvre financière pour améliorer la qualité de cet enseignement ».

« Il y a aussi la réforme des DPPR (Disponibilité pour convenances personnelles Précédant la Pension de Retraite) qui est particulièrement moche, regrette Eugène Ernst. On n’a pas permis aux enseignants de travailler davantage… mais à temps partiel, on a saqué dans leurs fins de carrière… C’est donc quelque chose à mettre au passif du Cabinet Simonet ». Et n’oublions pas la mise en œuvre des dernières version du décret « inscriptions », que le cdH essaya péniblement d’améliorer, essuyant au passage les critiques de l’opposition MR au Parlement… mais aussi des parents et des chefs d’établissement.

Et vous? Quels sont vos souvenirs les plus marquants de ces quatre dernières années?

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