23 Fév 2014

Ecolo place l’école au centre des priorités

aaaaa1Les Verts se mettent en ordre de bataille pour les prochaines élections. La peur au ventre. C’est que les sondages ne sont pas bons. Ecolo stagne dangereusement autour des 11% en Wallonie et chute sous les 10% à Bruxelles. Tout comme le PS, il souffre de la progression du PTB. Mais ce n’est pas tout : le parti doit aussi gérer des dossiers sensibles comme le photovoltaïque (une communication catastrophique alors que la paternité du projet revenait au Ministre Antoine (cdH), lors de la précédente législature), l’éolien ou la taxe kilométrique.

Un retour aux fondamentaux

Et pour ne pas perdre trop de plumes, Emily Hoyos et Olivier Deleuze n’ont pas hésité à faire appel à quelques figures historiques du parti. Ainsi, on note le retour de Philippe Defeyt à Namur et de José Daras, ancien ministre wallon et sénateur, qui poussera la liste à Liège. A Bruxelles, c’est Isabelle Durant qui fera profiter Ecolo de sa popularité.

Le 22 février, les Verts ont tenu leur unique congrès, consacré à l’enseignement et à la formation. Un retour aux fondamentaux en quelque sorte. En 1999 et 2009, ils avaient obtenu d’excellents scores auprès des enseignants. Face à plus de 400 mandataires et militants écologistes, les présidents du parti ont tenu à présenter leur priorités pour l’école de demain… en rappelant la dure réalité des chiffres.

1) L’ascenseur social est en panne et la dualisation continue à faire des ravages
2) 35% des jeunes enseignants abandonnent leur métier avant d’avoir passé cinq ans dans l’enseignement ;
3) les résultats de nos élèves, mesurés par les études internationales, restent bien en dessous de nos attentes légitimes.

« Face à ces défis sociétaux, pouvait-on se payer le luxe de cinq années de politique éducative en mode mineur? Car qu’on l’appelle la « politique des petits pas » ou des « expériences pilotes », le constat est là. C’est lent, c’est mou », a ainsi dénoncé Emily Hoyos, faisant ainsi référence aux méthodes pratiquées au cours de la dernière législature par les ministres successives de l’Enseignement obligatoire : Marie-Dominique Simonet, puis Marie-Martine Schyns.

Une « alliance pour l’école »

Ecolo appelle les autres partis, mais aussi tous les acteurs du monde de l’enseignement et de l’entreprise, à former une « alliance pour l’école » autour de quatre engagements.

1. L’élaboration d’un véritable tronc commun jusqu’à l’âge de 14 ans, « qui permet réellement à chaque élève de découvrir et développer son potentiel », en s’essayant s’essayer aux matières plus techniques, manuelles, mais aussi à la culture ou aux sports.

2. « Des mesures ambitieuses pour accueillir les enseignants lors de leurs premiers pas dans l’école et dynamiser leur carrière pour qu’ils aient l’envie et l’enthousiasme d’y rester ». Les Verts proposent d’améliorer la formation préalable et continuée.

3. La création de nouvelles places scolaires à Bruxelles mais aussi en Wallonie. « A l’initiative de Jean-Marc Nollet, les moyens affectés aux bâtiments scolaires ont doublé et la créativité a permis de faire face à l’urgence : il faut garder le cap ».

4. La préservation des moyens budgétaires consacrés à l’école. « L’enseignement ne peut être une variable d’ajustement budgétaire. S’il ne devait y avoir qu’un euro, il serait pour l’école. Car investir dans l’avenir de notre jeunesse, c’est investir dans l’avenir de nos Régions. N’asséchons pas la source de notre avenir! »

Pour l’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans

Notons encore qu’Ecolo s’est dit en faveur de l’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans (contre 6 aujourd’hui) et de l’introduction d’un cours de philosophie et de citoyenneté à l’école. L’enseignement qualifiant (technique et professionnel) n’est pas oublié. Les Verts pensent utile de le réorienter vers les « nouveaux métiers » et les « métiers verts », sources de stages et d’emplois.

Enfin, on épinglera la volonté de soulager les directeurs d’école de leurs tâches administratives et de mieux les soutenir dans la coordination de leurs équipes pédagogiques. Une politique globale de réduction des frais scolaires à charge des parents devra également être initiée afin de permettre un accès pour tous à l’école.

* Enseignons.be présentera les programmes et priorités pour l’enseignement de tous les partis démocratiques engagés pour les prochaines élections.

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