31 Mar 2014

Elèves et étudiants, ensemble, pour un enseignement de qualité

FEFC’est ce mercredi que la FEF (la Fédération des Étudiants Francophones), leurs homologues flamands de la VVS (Vlaamse Vereniging van Studenten), les syndicats des enseignants et le CEF (le Comité des Élèves Francophones) devaient manifester à Bruxelles pour le refinancement de l’Enseignement. Il n’en sera rien. Et pour cause, la police n’a pas autorisé la manifestation, en pleine semaine de sommet européen. Compréhensifs mais motivés, les jeunes ont décidé de postposer l’évènement, qui devrait avoir lieu après les vacances de Pâques. A la place, différentes actions seront menées à Liège, Namur, Louvain-la-Neuve, Bruxelles, Anvers et Gand.

Les élections approchent… et avec elles une occasion en or de sensibiliser le monde politique aux difficultés rencontrées par les établissements d’enseignement supérieur. « Depuis les années 70, différentes mesures d’austérité s’appliquent aussi à l’enseignement. Avec les sommes allouées aux communautés, c’est directement le budget des établissements qui est mis à mal. Pour ne rien arranger, l’enseignement est financé par enveloppe fermée. Autrement dit, alors que le volume budgétaire de l’enseignement n’évolue pas d’année en année, le nombre d’étudiant lui ne fait qu’augmenter. En 40 ans, le montant par étudiant à diminué de moitié! »

La FEF plaide pour la fin de l’enveloppe fermée

Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs écoles et universités. « Un financement public à hauteur des besoins de l’enseignement assurerait l’accès à des études de qualité pour tous. Encore à l’heure actuelle le coût des études varie entre 7.000€ et 10.000€, un véritable barrage financier pour les plus démunis. Un refinancement ferait diminuer le coût des études qui pèse sur les étudiants actuellement et permettrait d’avancer vers un enseignement gratuit tel que le stipule l’article 13 du pacte de New York. Pacte ratifié par la Belgique en 1983. »

Pour Corinne Martin, Présidente de la FEF, les problèmes touchent aussi bien les infrastructures avec des locaux délabrés et mal équipés ou un nombre insuffisant de places.

La jeune femme pointe aussi l’encadrement des étudiants avec un nombre insuffisant d’assistants et de professeurs. « Un manque d’ambition concernant l’aide à la réussite où les cours de remédiation sont plus souvent les cas particuliers que la généralité ou l’organisation d’examens blancs. Ou encore les services offerts aux étudiants via des horaires de bibliothèque inadaptés, l’absence de réfectoire ou d’infrastructure sportive. L’enseignement supérieur n’est aujourd’hui pas encore émancipateur et démocratique ».

Retour à un enseignement réellement gratuit

Du côté du CEF – que nous avons aussi contacté – on se montre solidaire des étudiants du supérieur. « Le CEF a décidé de rejoindre les revendications portées par la FEF car nous considérons que l’enseignement n’est pas cloisonné au secondaire ou au supérieur mais qu’il s’agit d’un long parcours durant lequel l’un et l’autre sont totalement liés, explique Logan Verhoeven, porte-parole du syndicat des élèves. Si l’enseignement secondaire coince, ça se répercute à un moment ou l’autre sur l’enseignement supérieur. De plus en cette période électorale, où les promesses des politiques en matière d’enseignement vont bon train, il nous semblait essentiel de mettre les politiques face à leurs responsabilités. Les gouvernements qui se sont succédé ont choisi de couper chaque année un peu plus dans le financement de l’enseignement en Belgique. Nous sommes donc là pour leur rappeler que l’accès à un enseignement de qualité reste un des seuls remparts efficace contre le chômage. »

Les élèves du secondaires ont leurs exigences particulières : « Nous voulons que la Belgique se responsabilise et revienne à un enseignement complètement gratuit comme c’était le cas avant l’arrivée du Décret Missions ».

Il y a aussi l’allocation de rentrée, rabotée cette année de 15% et qui le sera encore de 15 autres l’année prochaine.

« Or cette prime qui est versée en complément aux allocations familiales au mois d’août est essentielle à de nombreuses familles en cette période financièrement chargée. Le CEF s’inquiète pour l’avenir de cette prime et souhaite son retour à 100% dès la rentrée prochaine. La Belgique est régulièrement montrée du doigt par les études PISA comme étant l’un des pays les plus inégalitaires d’Europe ! Il est donc temps que les choses changent et que l’on donne à tous les enfants les mêmes chances de réussite ».

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