Réforme du 1er degré : les syndicats avaient pourtant prévenu

ernst300C’est peu dire que l’annonce du vote par le Parlement de la dernière (nouvelle) réforme du 1er degré du secondaire n’a pas fait plaisir aux enseignants. Si la très grande majorité se félicite de voir ses élus prendre des initiatives en vue de lutter contre la problématique du redoublement, tous s’inquiètent de constater qu’une fois encore, les autorités n’ont prévu aucun moyen supplémentaire qui permettrait une prise en charge immédiate et individualisée des élèves en situation d’échec.

Que fera-t-on des économies générées par la disparition de la 1ère S?

La Ministre de l’Enseignement obligera désormais les professeurs à rédiger un plan individualisé des apprentissages (PIA), sorte de descriptif des actions qui devront être mises en œuvre – à travers un parcours adapté et différencié – pour amener l’élève à dépasser ses difficultés. Mais une fois le constat posé, quelles actions pourront-ils mener? Le texte ne prévoit pas encore de rémunérer les enseignants pour leurs heures supplémentaires… et il ne prévoit pas non plus l’engagement de nouveaux collègues.

Les syndicats avaient senti l’oignon, eux qui avaient adressé un avertissement aux députés qui allaient, la semaine dernière, voter le projet de réforme en commission de l’Éducation. Ainsi, la CSC avait-elle regretté que l’organisation prévue des activités complémentaires de 4 périodes dans le même domaine constitue, dans les faits, une pré-orientation forte, en totale contradiction avec les objectifs précisés dans l’exposé des motifs… à savoir permettre aux élèves de se tester et d’opérer un choix plus réfléchi à l’issue du 1er degré, quand ils s’orienteront vers le général, le technique ou le professionnel.

Et de regretter aussi que les dispositifs prévus – PIA et PAC – reposent sur les épaules des équipes pédagogiques sans qu’aucun moyen spécifique ne soit dégagé pour leur mise en place. « Les propositions faites lors de la négociation (empêcher tout transfert du 1er degré vers les autres, augmenter le nombre de jours blancs, utiliser les économies générées par la suppression de la 1ère S)  n’ont pas été retenues. »

Sans oublier que, selon le syndicat chrétien, « la possibilité laissée d’organiser une grille du 1er degré à 30, 31 ou 32 heures accroît les concurrences entre établissements, concurrences aux effets excessivement négatifs sur le travail pédagogique quotidien. »

Les syndicats ne sont pas opposés à l’objectif

Hier soir, Eugène Ernst, secrétaire national de la CSC-Enseignement, était déçu. « Sans formation, sans moyens, on a précipité les choses. Nous ne sommes pas opposés à l’objectif mais bien à la manière dont on s’y prend. »

Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire machine arrière. Le Parlement a fermé ses portes jusqu’aux élections. « Après les vacances, nous aurons des réunions d’instances, nous déciderons ensemble.  La proximité des élections ne rend pas la situation simple pour réagir efficacement. Nous devons interpeller les candidats et être vigilants dès le 26 mai. »

Aujourd’hui, les partenaires politiques restent peu à l’écoute des interlocuteurs sociaux, vu les difficultés qu’ils éprouvent à assurer la cohésion de la majorité.

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