06 Juin 2014

Marie-Martine Schyns rempilera-t-elle à l’Enseignement?

MMSC’est désormais entendu : le PS et le cdH formeront la prochaine majorité en région wallonne. A Bruxelles, le FDF les accompagnera au pouvoir. Exit Ecolo – qui n’espérait plus la reconduction de l’Olivier après sa cuisante défaite électorale. – et le MR, qui rate son pari de revenir aux affaires, après dix longues années dans l’opposition au niveau régional.

Une bipartite… traditionnelle

La fureur des libéraux est à la mesure de l’espoir qu’ils pouvaient légitiment entretenir, au lendemain du dernier scrutin, d’intégrer les exécutifs régionaux et communautaire. Leur bon score en Wallonie (ils avaient gagné 6 sièges à Namur) les rendait incontournables, croyaient-ils. « Je constate le choix d’une coalition des perdants. Ils ont choisi d’exclure le vainqueur des élections. C’est une gifle pour les électeurs » a réagi Charles Michel, Président du MR. Pour Ecolo, Emily Hoyos a dénoncé le choix de « coalitions centristes du passé », faisant ainsi référence à la majorité PS-cdH au pouvoir entre 2004 et 2009. « Le PS écarte la possibilité de constituer de nouvelles majorités progressistes et visionnaires ».

Quelle « Marie » à l’Enseignement?

Reste que les deux partis partenaires se connaissent bien… et que leur majorité – en région wallonne comme à Bruxelles – sera confortable. Mais il reste maintenant à définir des programmes de gouvernement et à se répartir les maroquins. Mais qui sera à la tête du gouvernement wallon et francophone? L’actuel ministre-président, Rudy Demotte (PS), a déjà répété qu’il souhaitait continuer à exercer cette fonction. Les noms de Jean-Claude Marcourt, Paul Magnette et même Elio Di Rupo (qui a peu de chances de voir son bail au « Seize » prolongé), circulent également. A Bruxelles, on pense bien sûr à Rudi Vervoort ou… Joëlle Milquet, qui serait ainsi récompensée pour sa loyauté à l’égard des socialistes. Dix ministères devraient être à pourvoir, étant entendu que certains cumuleront des responsabilités à la Région et à la Communauté. Mais qui héritera de l’Enseignement obligatoire? Si c’est le cdH, Marie-Martine Schyns pourrait rempiler. La Hervienne n’a pas démérité, après avoir remplacé Marie-Dominique Simonet dans les circonstances que l’on sait. Cependant, elle n’est restée ministre que dix petits mois… et Marie-Do est revenue dans le jeu! Si les humanistes – qui avaient trois ministres lors de la précédente législature – doivent cette fois se partager quatre portefeuilles, Benoit Lutgen devra peut-être faire un choix entre les deux femmes, issues de la province de Liège. Un subtil équilibre géographique : le cdH ne pourra pas non plus oublier le Luxembourg (où il est le plus performant), le Brabant wallon (avec André Antoine) et le Hainaut (Carlo Di Antonio ou Véronique Salvi semblent incontournables). Et il restera à régler le cas de Melchior Wathelet, qui n’est pas assuré de poursuivre l’aventure au fédéral, tant le dossier du survol de Bruxelles a pourri l’ambiance au sein du gouvernement (et du parti) avant les élections. Melchior Wathelet? Encore un élu issu de la province de Liège… décidément!

Les écoles offertes au FDF : peu crédible!

Marie-Dominique Simonet pourrait cependant préférer une fonction moins exigeante qu’un ministère. Celle qui fut directrice générale du Port autonome de Liège lèverait ainsi le pied, après ses ennuis de santé.

Du côté du PS, les candidats au poste ne se bousculent pas. Les Ministres Paul Furlan et Eliane Tillieux seront vraisemblablement de l’aventure à Namur. Mais leurs compétences seront exercées à la région. Jean-Claude Marcourt, lui, a le profil… seulement s’il ne décroche pas la ministre-présidence. Une surprise du chef? Ce n’est jamais à exclure… Di Rupo et Lutgen ont déjà prouvé qu’ils aimaient ça, tous les deux.

Et au FDF? Le parti comptait deux élus au sein du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pendant la dernière législature : Didier Gosuin, Bourgmestre d’Auderghem, et Caroline Persoons. Le premier était membre de la Commission de l’Éducation… mais, peu présent, il n’a pas brillé par ses interventions. Le 25 juin, douze députés bruxellois ont été plébiscités sur la liste FDF… Mais aucun format susceptible de prendre les rênes de l’éducation pendant les cinq prochaines années.

Le poste pourrait en tout cas revenir à un Bruxellois. La Capitale concentre des enjeux terribles (pénurie de places, conséquence du boum démographique et de l’état de certains bâtiments, départ massif des jeunes enseignants…) qu’il convient de prendre au sérieux. Le MR – s’il n’avait pas valsé dans l’opposition – aurait certainement offert le ministère à sa chef de file au Parlement de la FWB, Françoise Bertieaux. Une manière de remettre Bruxelles au centre du jeu. Car si on excepte Laurette Onkelinx (Liégeoise parachutée à Bruxelles), il faut remonter à l’année 1987-1988 pour trouver trace d’un Ministre de l’Éducation nationale bien « Brusseleir » : le libéral Antoine Duquesne. Un petit mandat d’un an seulement.

Alors? Qui du PS ou du cdH s’installera bientôt dans les hauteurs du ministère, Place Surlet de Chokier? Nous le saurons bientôt… Encore un peu de patience…

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