14 Juin 2014

Deviens instit et rejoins l’élite!

InstitOn connaissait les neknominations (se filmer en buvant de l’alcool), le défi « à l’eau ou au resto », qui consiste à se jeter dans l’eau glaciale, tout habillé… ou le plus téméraire « Viole 1 loup ou… paye ton coup ! » qui implique de se filmer en pleine saillie non consentie avec un loup, de publier ensuite la vidéo sur Facebook et nommer trois nouvelles personnes qui devront à leur tour accomplir « l’exploit ». Lorsqu’il s’agit de propager des défis absurdes, les réseaux sociaux ont de la ressource. Mais heureusement, tout n’est peut-être pas perdu. Ici et là, il est encore possible de trouver sur la toile l’un ou l’autre défi plus subtil, sur le mode du « cap ou pas cap » que nous avons tous connu lorsque nous étions plus jeunes. Aujourd’hui, nous vous présentons le « Deviens instit et rejoins l’élite ». Sympa, non? A la base, un constat : 35% des jeunes enseignants quittent le métier dans les cinq premières années. A Bruxelles, le taux d’abandon est même de 40%! Plus de la moitié de ces sorties précoces (19,1 %) se déroulent lors de la première année.

Difficile de trouver des intérimaires en cette période de l’année

Parmi les facteurs qui peuvent expliquer cet état de fait, il y a bien sûr la délicate question des conditions de travail… mais aussi du diplôme obtenu par ces enseignants. On constate que le taux de sortie au cours des cinq premières années est près de trois fois plus important parmi ceux qui ne possèdent pas de diplôme pédagogique (61 % pour 21 %). Or, il faut savoir qu’un tiers des enseignants débutants ne possèdent pas de diplôme pédagogique.

Conséquence : nos écoles peinent à recruter des instituteurs qualifiés… et à les garder. Si la pénurie ne touche pas encore toutes les fonctions, dans toutes les régions et tous les réseaux, elle est néanmoins une réalité. A ce stade de l’année scolaire, les directeurs d’école ne trouvent plus d’intérimaires pour remplacer les professeurs absents. Les examens ne sont pourtant pas encore terminés et des milliers d’élèves devront encore passer, la semaine prochaine, le Certificat d’études de base (CEB) en 6e année primaire.

Devenir instit, en cours du soir

Puisque le nombre d’étudiants dans les filières pédagogiques ne cesse de diminuer ces dernières années, en particulier chez les futurs instituteurs préscolaires et primaires, la Haute école Léonard de Vinci (Louvain-la-Neuve) a eu l’idée d’ouvrir une formation de bachelier instituteur primaire en horaire adapté dès septembre prochain. Une première en Wallonie! « Le programme est mis sur pied pour tous ceux qui souhaitent devenir instituteur dans l’enseignement primaire mais qui ne peuvent s’engager dans une formation la journée en raison de leur activité professionnelle ou pour des raisons personnelles » peut-on lire sur le site Internet de l’école normale. Chez nos voisins flamands, en revanche, de telles études existent déjà depuis longtemps.

Chaque candidat aura accès à une solide formation puisque qu’il bénéficiera du même programme que celui proposé en cours de jour et des mêmes professeurs. « Ils partageront leur expertise en terme de contenu, de pratique professionnelle, de réflexion pour proposer une formation à la fois exigeante et de qualité. » La durée des études sera de 3 ans (voire 4 si l’étudiant souhaite un aménagement de son horaire) avec des modules distincts proposés les mardi et jeudi soir de 18h à 21h et le samedi de 9h à 16h. Pour réussir, il faudra suivre et décrocher les 180 crédits de formation (répartis en 3*60 crédits). « Des personnes possédant déjà une formation préalable dans l’enseignement supérieur pourraient bénéficier de dispenses pour certaines unités de formation. Dans ce cas, le parcours pourrait être allégé. Il en est de même pour ceux qui pourraient valoriser une expérience dans des domaines proches de la formation que nous proposons. »

Voilà qui tombe à pic pour tous ceux qui espèrent devenir enseignant, mais que leur engagement professionnel empêche de s’engager dans une formation à temps plein.

Notez que la Haute École n’ouvrira cette nouvelle filière que si elle enregistre un nombre suffisant d’inscriptions. Ce qui ne devrait pas poser trop de problèmes, dans la mesure où la demande est réelle. Si vous souhaitez des informations, vous pouvez toujours contacter le secrétariat des étudiants.

Alors… A celui qui vous dira demain « C’est la planque d’être prof, vous êtes toujours en vacances, vous travaillez vingt heures par semaines. Un boulot de rêve et vous râlez tout le temps ». Répondez simplement : « Deviens instit et rejoins l’élite! ». S’il n’est pas cap, c’est que c’est une poule mouillée! Nananèèère!

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