21 Juil 2014

Joëlle Milquet est la nouvelle Ministre de l’Enseignement obligatoire

MilquetC’est officiel, Joëlle Milquet sera la prochaine patronne de l’enseignement. A 53 ans, elle devient la 5e ministre à ce poste depuis… 2004 et remplacera Marie-Martine Schyns, qui se consolera avec la casquette de chef de groupe au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’ex-Ministre de l’Intérieur a également reçu de son parti les portefeuilles de la Culture, de la Petite enfance et des crèches. En outre, elle occupera le poste de vice-ministre-présidente du gouvernement de la Communauté française.

Le cdH fait le choix d’une femme de caractère

La désignation de celle qui a dirigé le PSC, avant de fonder le CDH, il y a douze ans déjà, est une surprise. Certes, Joëlle Milquet n’a jamais caché son intérêt pour les matières liées à l’Éducation (elle a toujours suivi les dossiers pilotés par son amie Marie-Dominique Simonet) mais les observateurs misaient plutôt sur une politique de la continuité. Marie-Martine Schyns n’aura finalement été Ministre que dix petits mois. La jeune femme n’avait pourtant pas démérité, assumant au pied levé un des ministères les plus casse-g***.

Faut-il voir dans ce parachutage une preuve que les humanistes n’espèrent plus intégrer le prochain exécutif fédéral? Si l’informateur Charles Michel parvient à former cette fameuse coalition « kamikaze » (MR, CD&V, N-VA et Open-VLD), le cdH devra se replier sur les entités fédérées. Et en attendant c’est le Verviétois Melchior Wathelet qui remplace Joëlle Milquet comme vice-premier Ministre et Ministre de l’Intérieur.

Une Bruxelloise à l’Enseignement

La désignation de la Bruxelloise est un signal fort pour les écoles : la capitale n’avait plus fourni de ministres à l’Éducation depuis de longues années. Or, Bruxelles concentre des enjeux terribles : pénurie de places disponibles pour les élèves (conséquence du boum démographique et du vieillissement des bâtiments), départ massif des jeunes enseignants, concurrence féroce entre les écoles, etc.

Les centristes ont également fait le choix d’une personnalité hors-norme, populaire au sein du parti, alors que la majorité se prépare à opérer des coupes franches qui toucheront inévitablement les enseignants, leurs conditions de travail… et leurs emplois. La nouvelle législature sera rosse. Mais Joëlle Milquet est une femme expérimentée qui n’aura pas peur de monter au front pour défendre la politique gouvernementale. Les syndicats doivent se préparer à négocier avec celle que les médias avaient surnommée, en 2007, « Madame Non », à l’époque où Yves Leterme tentait désespérément de mettre sur pied une coalition chrétienne-libérale, la fameuse « Orange bleue ».

Attention aux gaffes, bévues et boulettes

Une crainte toutefois : on sait que la dame est une fonceuse, un peu (beaucoup?) brouillonne et obstinée. Un caractère et une façon de travailler qui ne la mettent pas à l’abri des gaffes.

Joëlle Milquet s’est réjouie d’obtenir à nouveau la confiance de ses collègues et de son président, Benoit Lutgen. Elle aura la lourde responsabilité de concrétiser les engagements contenus dans la déclaration de politique communautaire (engagement de 750 enseignants, allongement de la formation initiale des instituteurs et régents, création d’un cours de citoyenneté…) tout en veillant à rester dans les clous budgétaires.

Notons que Mme Milquet n’est pas évidemment pas la seule à faire sa joyeuse entrée dans les exécutifs wallon et communautaire. Passons les troupes en revue…

Pas d’économies sur le nombre de ministres

Paul Magnette sera ministre-président wallon alors que Rudy Demotte prend la tête du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. A Namur, les Ministres sont, pour le PS, Jean-Claude Marcourt (Économie…), Paul Furlan (Pouvoirs locaux…), Eliane Tillieux (Emploi et Formation) et Christophe Lacroix (Budget…). Le cdH renouvèle sa confiance à Carlo Di Antonio (Environnement et Aménagement du territoire…) et adoube Maxime Prévot (Travaux publics, Santé, Sécurité routière…) et René Collin (Agriculture…).

A la Communauté française, André Flahaut sera le nouveau ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. Il quitte donc la présidence du Parlement fédéral. Les autres ministres sont Isabelle Simonis (Promotion sociale, Droit des femmes et Égalité des chances) et Rachid Madrane (Aide à la jeunesse, Maisons de Justice…) pour le PS. Jean-Claude Marcourt conserve son maroquin de Ministre de l’Enseignement supérieur et René Collin gèrera aussi les Sports.

André Antoine passe la main et récupère le perchoir de l’Elysette.

L’opposition n’a pas manqué d’épingler le nombre important de ministres dans ces deux gouvernements : 13! Sans compter les présidents des deux assemblées. L’ancien président du Parlement wallon, l’Ecolo Patrick Dupriez note « qu’avec 3 partis (et donc avec Ecolo…) les gouvernements francophones se satisfaisaient de 11 ministres. (…) Les économies commencent fort! »

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