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31 Août 2014

« En septembre le même scénario recommence »

rentreeNous sommes la veille de la rentrée scolaire. Des dizaines de milliers de professeurs et instituteurs ont préparé leur cartable et se réjouissent à l’idée de retrouver leurs élèves.

« Le plus difficile dans ce métier c’est de trouver du travail »

Le 1er septembre, jeunes et moins jeunes reprendront le chemin de l’école. Il y aura les décontractés, les blasés, les stressés, les étonnés… tous un peu (ou beaucoup) motivés. Et puis, bien sûr, il y aura ceux qui devront encore attendre un peu avant d’éprouver ce petit frisson lorsqu’on pénètre dans une salle de classe. Des profs, comme Cécile, qui prendront leur mal en patience. Bruxelloise, elle cherche un poste d’enseignante dans le maternel dans le Brabant wallon. Son métier, c’est sa passion. En fidèle lectrice d’Enseignons.be, elle nous a livré son témoignage et nous explique pourquoi ces derniers jours sont particulièrement difficiles pour elle…

« On dit que les jeunes enseignants quittent l’enseignement durant les 5 premières années de carrière. On se demande pourquoi!

Je suis sortie en 2010 après mes études d’institutrice maternelle. J’ai repris mes études tardivement alors que j’étais déjà maman, mais ce choix fut d’abord une passion (je souhaitais exercer ce métier depuis l’enfance.) Lorsque je suis dans une classe, c’est là que je m’épanouis vraiment. Voir les enfants s’émerveiller lorsqu’ ils se rendent compte qu’ils sont capables de bien plus qu’ils ne le pensent.

Dans une classe, nous sommes en présence d’enfants bien différents. Des élèves en difficulté qui vous font le plus beau sourire quand ils sont arrivés à faire quelque chose qui leur semblait inabordable, vous en avez certains qui s’émerveillent de la moindre découverte, et d’autres qui sont en demande de nouveaux savoirs. C’est cette richesse que j’aime dans mon métier. Ces sourires sont tellement gratifiants.

« P.O. après P.O., vous recommencez chaque fois ailleurs »

Le plus difficile dans ce métier c’est de trouver du travail. Quand j’ai commencé mes études, nos enseignants nous disaient que nous trouverions facilement du travail. C’est faux. La rumeur veut que dans l’enseignement nous sommes des planqués. Et bien voici ce qu’est l’enseignement quand vous sortez de la Haute Ecole. Vous envoyez des centaines de lettres, de mails pour postuler. Parfois vous recevez une réponse où l’on vous dit qu’on garde votre CV au cas où. Et puis plus rien, plus aucune nouvelle. Vous regardez sur les sites du Forem et Actiris et vous répondez aux offres. Tout à coup un remplacement de 2 semaines arrive. Vous prenez tout de suite. Vous faites votre travail. La direction et les parents vous trouvent très bien, ils sont contents de votre travail. Avec un peu de chance, un autre remplacement arrive. Et c’est comme cela jusqu’en juin. Et puis plus rien.

En septembre le même scénario recommence, on attend janvier car avant le deuxième trimestre, il n’y a rien. Et puis pour une fois un directeur vous réclame car il aimait votre remplacement dans son école. Vous voilà parti pour un remplacement plus long. Ça y est : enfin un emploi plus long. La bonne nouvelle. Vous savez que vous vous approchez des jours d’ancienneté pour être prioritaire et donc prétendre à un emploi plus correct. Fin juin arrive et vous espérez vite un nouveau remplacement.

Et voilà que le Pouvoir organisateur (P.O.) ne veut plus vous reprendre (Bien que votre travail soit très bon, c’est un service administratif qui décide de ne pas vous garder). Vous recommencez donc à zéro ailleurs. P.O. après P.O., vous recommencez chaque fois ailleurs. Dans une école, il y a déjà trop de prioritaires et pas de disponibilité.

En outre, le travail à domicile n’est pas mal non plus avec les préparations, l’achat du matériel, le journal de classe (fort élaboré). Il n’est pas rare de travailler jusqu’aux petites heures. Il vous revient de payer avec votre argent le matériel que vous utilisez en classe car l’enseignement n’a pas de moyens.

Vous en arrivez un jour à vous poser la question : dois-je quitter l’enseignement? Si je veux vivre, nourrir, loger, habiller mes enfants, il me faut un salaire. La question est : l’enseignement ou vivre? Alors voilà pourquoi beaucoup d’enseignants abandonnent dans les 5 premières années. »

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