03 Sep 2014

Expérience pilote à Champion : les « maths inversées »

Math maisonLes mathématiques restent la bête noire de nos enfants. Et c’est au secondaire que l’échec frappe le plus durement. Pourquoi? Peut-être parce qu’on attend de l’élève qu’il utilise un langage abstrait, auquel il n’a pas été habitué lors de ses études primaires, où les maths sont davantage concrets : on « choisit« , « calcule » ou « trace »…  alors que, plus grands, il doit davantage « justifier » et « construire ». Le cours ex-cathedra, que nous avons tous subi jadis, semble avoir vécu. De nouvelles pédagogies naissent ici et là et portent en elles le projet de faire de l’élève l’acteur principal de son apprentissage. Le professeur n’est plus au centre du jeu et accepte son rôle de « coach », au côté de l’enfant.

On libère du temps pour les élèves en difficulté

A l’Institut de la Providence de Champion (en région namuroise), quelque 200 élèves testeront une nouvelle méthode appelée les « mathématiques inversées ». Porté par une jeune enseignante, Valérie Béguin, en partenariat avec Luc Viatour de l’Institut St-Joseph de Ciney. « L’année dernière je me suis posée beaucoup de questions car j’avais pas mal d’échecs en juin. J’ai cherché une façon de rendre le cours de mathématiques plus agréable. J’ai fait pas mal de recherches sur internet…et la solution de la Kahn Academy (du nom de ce mathématicien américain qui, pour aider des enfants de sa famille, avait réalisé en 2004 des vidéos didactiques sur Youtube, rencontrant un immense succès) me semblait une bonne idée, c’est à dire la pédagogie inversée. »

Le projet est très simple : on apprend les nouveaux concepts sur son ordinateur ou sa tablette, grâce à des vidéos réalisées par le professeur. « Le but est que l’élève regarde des capsules vidéos sur internet, qui expliquent la matière et qu’ensuite il revienne en classe pour faire des exercices. Cette année, nous avons décidé d’ajouter des quizz après chaque séquence, histoire de vérifier que l’élève avait bien visionné la vidéo. »

L’élève avance à son rythme

Sans surprise, à l’idée d’utiliser l’ordinateur ou la tablette, les enfants sont très motivés. Mais le gros point fort de cette nouvelle pédagogie (pourtant déjà bien pratiquée aux États-Unis ou au Québec) est qu’elle libère du temps pour l’enseignant, qui peut ainsi se concentrer sur les élèves en difficulté.

Autre avantage : l’élève avance à son rythme« S’il n’a pas compris, il peut revoir la vidéo plusieurs fois à la maison, explique Valérie Beguin. Or en classe, je pense que beaucoup d’élèves qui n’ont pas compris n’oseront pas redemander des explications. »

Bien sûr, derrière cet outil, il y a énormément de travail. « Le temps consacré à préparer les vidéos, le site et les quizz est assez important, reconnait le professeur. L’année dernière, j’y ai consacré toutes mes vacances scolaires. Mais le résultat en vaut la peine. Quand un élève vient me dire « madame, je suis un peu réconcilié avec les maths car la méthode est plus chouette », ça me va! »

L’école espère maintenant pouvoir étendre cette pédagogie à d’autres matières comme le français ou les langues étrangères. Sans oublier les futurs enseignants, étudiants en régendat ou à l’université, qui seront ravis de venir assister à l’un de ces cours peu ordinaires.

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