04 Oct 2014

La Ministre luttera contre la concurrence stérile entre établissements

sportLa Fédération Wallonie-Bruxelles devra se serrer la ceinture. Nous l’avons déjà écrit et l’écrirons encore. Parmi les pistes d’économies envisagées par le gouvernement, on retiendra la lutte contre les options et filières peu fréquentées dans l’enseignement technique et professionnel. L’idée est d’inviter les établissements, de tous les réseaux, à collaborer pour éviter de multiplier, au sein d’une même zone géographique, des sections qui sont peu fréquentées… mais qui nécessitent malgré tout l’engagement d’enseignants (et on sait que les bon techniciens ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval) et l’entretien d’un matériel parfois onéreux. Ne seront pas visées les options qui forment nos élèves à des métiers reconnus comme étant en pénurie. Mais les autres…

« Si les élèves se répartissent dans les deux écoles, cette option risque d’être supprimée dans les deux établissements »

Nos écoles, on le sait, se livrent depuis longtemps une véritable bataille aux inscriptions. Une concurrence qui pèse lourd sur les finances de la Communauté… et ne profite à moyen terme ni aux enfants ni aux enseignants. Ancien directeur de l’Institut Saint-Louis à Namur et aujourd’hui député MR, Laurent Henquet s’est inquiété de ce que, encore cette année, certaines écoles ne jouent pas le jeu, ne se parlent pas, ne coopèrent pas dans le but de développer des projets communs, pour avoir des options mieux réparties. En Commission de l’Éducation, il a interrogé la Ministre de l’Enseignement obligatoire. « En septembre 2013, l’Institut technique de Namur (ITN, réseau libre) a ouvert une option sport-études en troisième année en transition technique. Une dizaine d’élèves sont inscrits dans chacune des deux années. C’est le minimum pour que l’option soit maintenue. Quel ne fut pas notre étonnement d’apprendre que, pour la rentrée 2014-2015, une autre école (ndlr : d’un autre réseau) ouvre la même option à quelques kilomètres de là. Si les élèves se répartissent dans les deux écoles, cette option risque d’être supprimée dans les deux établissements. Mes questions sont simples. Pourquoi avoir autorisé l’ouverture de cette option alors que, l’année précédente, sa fréquentation était déjà limitée? N’est-ce pas une belle illustration de ce qu’il faut éviter? N’est-ce pas en totale contradiction avec ce qui vient d’être rappelé? »

Joëlle Milquet a rappelé que l’ouverture ou non d’une option de sport-études (comme n’importe quelle autre option) était régie par le décret de 1992 relatif à l’organisation de l’enseignement secondaire de plein exercice. Ce décret prévoit que « le pouvoir exécutif définit par zone géographique les organes et les obligations de concertation entre établissements de même caractère. Cette concertation porte notamment sur la programmation et sur l’harmonisation de l’offre régionale de formation. » Mais, et c’est important, ce décret ne s’applique que pour les établissements du même réseau. Il ne régule en rien la création anarchique d’options-doublons entre écoles de caractères différents.

« Nous devons dépasser ce qui existe. Il s’agit d’une concertation entre établissements de même caractère. Pour améliorer l’offre d’enseignement et sa gouvernance, nous devons éviter le développement d’options semblables dans des établissements voisins et renforcer les options dont on aurait davantage besoin », a également ajouté la Ministre.

Renforcer les filières les plus porteuses pour l’avenir

« Il s’agit d’optimaliser l’offre, non pour réduire l’emploi ou pour augmenter le nombre d’élèves par option mais pour renforcer les filières les plus porteuses pour l’avenir, outre le critère de fréquentation. Certaines options qui préparent à des métiers en pénurie sont parfois peu fréquentées alors que d’autres options très fréquentées sont désuètes. Par ailleurs, j’aimerais approfondir l’organisation en bassins de vie afin d’améliorer la coordination de l’offre scolaire entre établissements. Il s’agit de développer des spécialisations et de diversifier l’offre tout en évitant les doubles emplois et les doubles financements. Ce chantier est énorme et indispensable d’un point de vue économique. Les budgets dégagés pourraient être réinjectés dans des projets pédagogiques. »

Oser remettre en question l’existence de certaines options, la multitude de filières qui ne débouchent que rarement sur un emploi. Un défi de taille pour Joëlle Milquet. Car, au fond, avons-nous besoin de tant d’éducateurs A2, c’est-à-dire issus du qualifiant? Avons-nous besoin chaque année de centaines de coiffeurs, d’esthéticiennes, de techniciens en bureautique et dactylo? Où finissent ces élèves, une fois leurs études secondaires achevées?

Dans le réseau secondaire technique et professionnel, les diplômes les plus recherchés sur le marché de l’emploi sont ceux liés à la mécanique, l’alimentation, au transport, à la construction au sens large, ou encore à l’Horeca… Dans le supérieur, on manque surtout d’enseignants, d’informaticiens ou d’ingénieurs. La pénurie concerne aussi les langues et les professions paramédicales.

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