Les profs en arrêt de travail les 22 et 23 octobre

ProfLe gouvernement fédéral est finalement né cette semaine. L’accord signé par les quatre partis au pouvoir (MR- Open VLD- CD&V et NV-A) prévoit une réforme des pensions qui verra l’âge-clé pour le départ à la retraite passer de 65 aujourd’hui à 66 ans en 2025, pour culminer à 67 ans en 2030. Un saut d’index est également prévu… mais, assure le futur gouvernement, « il épargnera les bas revenus et les allocataires sociaux ».

La pension calculée sur la base des 20 dernières années

La pilule est difficile à avaler pour les travailleurs… et bien sûr les enseignants. Comme les autres, ils devront, pour jouir d’une retraite pleine et entière, prester  deux années supplémentaires. Cerise sur le gâteau, leur pension ne sera plus calculée sur la base des dix dernières années de carrière… mais des vingt dernières années. La moyenne de ces traitements sera forcément plus faible et impactera le pouvoir d’achat et la qualité de vie de ceux qui partiront bientôt à la retraite. On pourrait résumer ces deux mesures par la phrase suivante : « Travailler plus pour gagner moins ».

Pour prendre sa pension anticipée, il faudra avoir 62,5 ans en 2017 puis 63 ans en 2018, et avoir accumulé 41 années de carrière en 2017 et 42 en 2019. Et « les personnes ayant une carrière inférieure à 45 ans peuvent choisir à 65 ans de prendre leur pension ou de continuer à travailler », lit-on dans l’accord de gouvernement.

Les enseignants,  qu’ils soient licenciés ou régents, ne pourront par ailleurs plus valoriser leurs années d’études supérieures au moment de quitter le monde du travail. C’est déjà trois, quatre ou même cinq ans de carrière qui passeront à la trappe.

La gauche se dit prête à défendre « le progrès social »…

Mais les syndicats, déjà très remontés contre un gouvernement qualifié « d’ultra-droite », ne sont pas plus confiants dans la capacité qu’aura la coalition de gauche (PS-cdH), aux manettes en Fédération Wallonie-Bruxelles, de préserver l’enseignement. Les ténors des partis socialistes et centristes ont beau dénoncer un futur « bain de sang social », il n’en reste pas moins que les mesures qui s’annoncent auront bel et bien la couleur et le goût de l’austérité pour toutes nos écoles.

A quoi faut-il s’attendre? Les DPPR (disponibilités précédant la retraite) seraient épargnées dans un premier temps mais l’indemnité dont profitent les enseignants qui la choisissent serait fortement réduite… histoire de les encourager à rester dans les classes. Paradoxalement, on supprimerait aussi le bonus offert aux agents de 57-58 ans (!) qui s’accrochaient… et étaient heureux de percevoir une dernière gratification barémique.

… mais devra aussi se serrer la ceinture

La rouge-romaine pourrait aussi décider de geler définitivement les budgets de fonctionnement des établissements scolaires et revoir – à la baisse – les normes d’encadrement, tant au fondamental qu’au primaire. Cela signifie ici qu’on toucherait à la taille des classes, en réduisant le capital d’heures NTPP alloué aux écoles en fonction de leur nombre d’élèves (cela signifie aussi des pertes d’heures pour les temporaires).

En conclusion : au fédéral, la Suédoise réformera nos pensions, forçant les citoyens à travailler plus longtemps. En Wallonie et à Bruxelles, PS et cdH ne donnent aucune garantie en matière de protection de l’emploi. Ils « lifteront » les traitements de leurs profs et impacteront durablement leurs conditions de travail.

Le conclave budgétaire n’est pour l’heure pas terminé en Communauté française, qui attendait de lire l’accord du gouvernement « Michel Ier ». Personne ne sait ce qu’il en sortira… mais la perspective de voir la Ministre de l’Enseignement, Joëlle Milquet (cdH), imposer de telle coupes sombres fait frémir les organisation syndicales.

Elles annoncent donc aujourd’hui des arrêts de travail dans les écoles les 22 et 23 octobre, qui suivront des réunions régionales de délégués et militants, qui se tiendront dans la semaine du 13 au 17 octobre. L’idée est de prendre, ici et là, une heure pour informer les enseignants et mettre la pression sur l’exécutif francophone. La riposte s’organise…

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