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13 Oct 2014

Budget 2015 : que fera la FWB du saut d’index?

SyndicatsL’information est tombée ce matin : l’exécutif communautaire a arrêté son budget 2015. « Un budget sérieux et rigoureux, respectueux des francophones », précise la Ministre de l’Enseignement obligatoire, dans un communiqué.

Les DPPR sont épargnés

Et lorsqu’on découvre les mesures d’économies prévues, on peut constater que l’enseignement est globalement épargné. Du moins, pour le moment. Joëlle Milquet semble avoir pris la mesure du coup de colère poussé la semaine dernière par les syndicats, qui ont décrété des arrêts de travail les 22 et 23 octobre prochains.

Mais que sait-on aujourd’hui? D’abord que la Communauté épargnera un total de 140 millions d’euros, en ligne avec ce qui avait été annoncé en juillet dernier lors la mise sur pied du nouveau gouvernement. Cet effort devrait permettre de limiter le déficit de l’entité à quelque 170 millions d’euros l’an prochain. « Les mesures prises ne remettent nullement en cause les droits des enseignants. Le statut et les conditions de travail des enseignants sont totalement préservés« . Les DPPR sont aussi épargnés. La ministre souligne que les mesures annoncées par le Gouvernement fédéral affectent déjà lourdement les perspectives de fin de carrière des enseignants. « Ceux-ci ne peuvent être pénalisés deux fois et méritent des aménagements de fin de carrière spécifiques. » Bien… Mais va-t-on laisser la possibilité aux agents de débrayer à 58 ans ou faudra-t-il reculer quelque peu l’âge des premiers départs? La pression venue du fédéral forcera les agents à rester en place, au risque d’y laisser un bonne part de leur traitement. D’autant que – alors qu’il s’agissait d’un incitant pour garder les profs plus longtemps devant leur classe – la FWB supprimera la biennale de 57-58 ans… et la repoussera à 61-62 ans. Le signe qu’elle ne craint pas trop de voir ses enseignants se faire la belle avant d’avoir cotisé suffisamment pour espérer une pension digne.

On reporte les dépenses prévues

Nous notons ensuite que les économies sont, pour une grosse part, issues de dépenses et politiques prévues qui seront remises à plus tard, comme l’engagement de conseillers en prévention (6,9 millions) ou le paiement de la dernière tranche de revalorisation budgétaire prévue par l’accord de la Saint-Boniface qui sera, lui, étalé sur trois ans, ce qui permettra un gain de quelque 15 millions d’euros.

Le gouvernement entend aussi optimaliser la gestion des options « en vue de limiter la concurrence entre établissements, assurer une meilleure coordination de l’offre et limiter les dérogations excessives aux normes actuelles entraînant un nombre trop bas d’élèves par option en garantissant le maintien des options dans les métiers en pénurie et une offre suffisamment diversifiée par bassin. » Gain? 2,8 millions d’euros.

Enfin, la Ministre fait le pari que la réduction du taux de redoublement (au 1er degré secondaire notamment) aura un impact positif sur le budget de l’enseignement. La réduction du maintien dans l’enseignement maternel – grâce au projet « Décôlage » – est aussi à prendre en compte.

L’autonomie… pour faire des économies

On épinglera tout de même que ces mesures en optimalisation seront compensées par l’engagement de 350 nouveaux enseignants, en 2015, afin de renforcer la remédiation et la lutte contre l’échec… et par l’autonomie accrue pour engager pour les établissements. Quelle autonomie? « Il a été décidé de permettre aux établissements de pouvoir décider d’affecter un maximum de 30% de leurs moyens de fonctionnement à l’engagement de personnel d’entretien, mais également de personnel administratif, de conseillers pédagogiques ou d’enseignants. Le minimum obligatoire restera fixé à 20%, mais sans obligation d’affecter, comme c’est le cas actuellement, ces emplois à du personnel d’entretien, là où le contexte ne nécessite pas d’y consacrer 20%. »

Cela semble généreux… Mais le hic, c’est que les budgets de fonctionnement alloués aux écoles sont gelés depuis déjà un petit temps… On aurait pu travailler sur l’autonomie et la responsabilisation des acteurs de l’école, tout en donnant davantage de moyens aux écoles qui accueillent les élèves les plus faibles… Mais il n’en sera rien.

Nous ne consacrons déjà pas assez de moyens à la créations de nouvelles écoles et à l’entretien de nos bâtiments. Notre pays alloue une part très importante de son budget « enseignement » aux dépenses salariales : 90% approximativement! Un record européen. Le solde, très logiquement, est alloué aux dépenses courantes dans les écoles (les fameux moyens de fonctionnement : personnel d’entretien, de cuisine, chauffage, etc.) et aux rafraichissements/rénovations bien nécessaires parfois. Devoir y puiser de quoi engager des enseignants n’arrangera pas les affaires des établissements qui tirent déjà le diable par la queue.

On rappellera aussi que le budget 2015 adopté aujourd’hui n’intègre pas le saut d’index annoncé par la nouvelle majorité fédérale. Si celui-ci est confirmé, il permettra tout de même à la Fédération d’économiser un peu moins de 100 millions d’euros sur base annuelle, dont 77 millions rien que dans l’enseignement. Sur les plateaux télés, ce dimanche, aucun représentant PS ou cdH n’a souhaité répondre à la question des animateurs, qui auraient aimé savoir si cette manne providentielle allait être réinjectée au profit des élèves et des enseignants. C’est pourtant une demande fort légitime… Quitte à être privés d’une part de leur traitement, les profs aimeraient que cet argent soit réinvesti dans l’enseignement. Voilà qui serait un beau signal…

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