22 Oct 2014

Succès pour les arrêts de travail dans les écoles

retraiteLes enseignants ont été nombreux à manifester leur mécontentement ce matin, en participant aux arrêts de travail programmés par leur syndicat. Ils ont ainsi pu prendre connaissance des mesures budgétaires conclues par les gouvernements fédéral et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des mesures qui impacteront directement leurs traitements, leurs pensions… et leurs conditions de travail.

Une baisse minimum de 22% de nos pensions

Parlons des pensions, dans un premier temps. C’est « le » gros morceau qui ne passe pas. L’âge légal de la pension sera, à terme, porté à 67 ans. Dans la pratique, la pension anticipée ne sera plus possible avant 63 ans. Si les DPPR sont maintenus à 58 ans, il y a fort à parier que rares seront les enseignants qui pourront lever le pied si tôt. Un signe qui ne trompe pas : la super-biennale autrefois offerte aux profs de 57-58 ans qui « s’accrochaient » sera repoussée à 61-62 ans. Preuve que le Ministère de l’Enseignement n’a pas trop peur de voir ses agents prendre la poudre d’escampette. On touche ici à un acquis qui impactera le traitement de ceux qui, bientôt, pouvaient légitimement y prétendre.

Il faudra ainsi travailler plus longtemps… pour obtenir la même pension que nos aînés? Hélas non… Ce serait un petit sacrifice, supportable pour certains. Mais la garantie de profiter d’une retraite honorable, en travaillant quelques années de plus, n’est pas encore acquise. Pourquoi? Parce que le gouvernement fédéral envisage aussi de mettre fin à ce que l’on appelle la « bonification pour diplôme », c’est-à-dire la prise en compte de leurs années d’études comme années de travail. Un collègue qui avait passé six années à l’université pour boucler son master et son agrégation pouvait déjà profiter de six années d’ancienneté au compteur, en démarrant sa carrière.

Autres coupes sombres : la modification du traitement de référence, calculé sur la moyenne des… 20 dernières années de carrière (contre dix actuellement) ainsi que la rectification du mode de calcul de la pension (faisant passer le tantième de 60 à 55). Là où un fonctionnaire devait accumuler 45 ans de carrière pour obtenir la pension maximum, un enseignant pouvait se contenter de 41 ans et 3 mois. Si ce qu’on nous annonce ici se confirme, il faudra se préparer à travailler 3 ans et 9 mois de plus, rien que pour rattraper cette suppression du « tantième favorable ». Et lorsqu’on cumule toutes ces mesures, on note que les enseignants devront prester jusqu’à 8 années de plus (on travaillera donc pour rattraper les années d’études « perdues ») s’ils veulent prétendre à une retraite complète. Et « complète » signifiera tout de même une perte de 22% par rapport aux pension d’aujourd’hui… ce qui fait dire aux syndicats que « les enseignants se préparent à travailler plus… pour gagner moins ».

La voie est donc bien ouverte pour des carrières jusqu’à 67 ans… ou davantage.

Les syndicats invitent les enseignants à poursuivre le combat

Après les pensions, les conditions de travail. Et ici, c’est la Communauté française qui impose l’austérité aux écoles. L’engagement des conseillers en prévention est une nouvelle fois reporté. Les écoles seront invitées à consacrer une partie de leurs budgets de fonctionnement à l’engagement d’enseignants ou de personnel administratif. Moyens de fonctionnement qui, faut-il le rappeler, sont gelés depuis longtemps. Les aides allouées à l’encadrement différencié seront converties en emplois… 350 nouveaux enseignants seront bientôt engagés. Enfin, la Ministre de l’Enseignement obligatoire, Joëlle Milquet, s’est engagée à traquer les options-doublons dans les écoles.

L’avenir est bien sombre pour nos jeunes collègues. Des enseignants qui travaillent plus longtemps, c’est moins de places ouvertes et vacantes. Des options supprimées, c’est des pertes d’emplois ou des déplacements entre plusieurs écoles pour compléter son horaire.

Le front commun syndical appelle les enseignants à participer aux grèves nationales des 6 novembre et 15 décembre ainsi que celles organisées au niveau provincial les 24 novembre, 1er et 8 décembre.

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