20 Déc 2014

Isabelle Simonis présente son plan anti-discrimination 2014-2019

cours philosophiquesAu sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a le Ministre-Président Rudy Demotte, bien sûr… mais aussi Jean-Claude Marcourt, en charge de l’Enseignement supérieur, notamment… et Joëlle Milquet, Ministre de l’Enseignement obligatoire. Moins exposée, on retrouve aussi la bourgmestre de Flémalle (Liège), Isabelle Simonis (PS), Ministre de l’égalité des chances, des droits des femmes, de la jeunesse et de la promotion sociale.

Promouvoir le vivre ensemble

Il y a quelques semaines encore, certains collègues journalistes raillaient les « petites compétences » de celle qui fut, en 2003 et 2004, Secrétaire d’État à la Famille et à la Personne handicapée du gouvernement Verhofstadt II… et une éphémère présidente du Parlement de la Communauté française (elle démissionna après seulement trois mois, ayant laissé entendre que le PS utilisait de l’argent public à des fins de propagande).

Les enseignants vont tout de même faire sa connaissance via son plan anti-discrimination 2014-2019, récemment adopté. Ses collaborateurs ont soigneusement étudié la déclaration de politique communautaire et ont proposé 53 mesures visant à lutter contre toutes les formes de discriminations et ce à travers toutes les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce plan engagera l’ensemble des membres du Gouvernement.

L’ecole est bien sûr au cœur de ce programme. Et c’est pour cela qu’il est important d’en toucher un mot ici. Les priorités défendues par la Ministre Simonis s’imposeront à Joëlle Milquet… même si certaines étaient déjà annoncées depuis l’été.

Vers des cours de citoyenneté?

Que doit-on en retenir? Que le Gouvernement va instaurer des cours de citoyenneté qui encouragent l’apprentissage des valeurs démocratiques, des Droits de l’homme, du Vivre ensemble et abordent une approche historique des philosophies, des religions et de la pensée laïque. Les cours de religion et morale passeraient alors de 2h/semaine à 1h/semaine. La Constitution ne s’y oppose pas. Mais le Pacte scolaire, si… lui qui précise en son article 8 que « dans les établissements officiels ainsi que dans les établissements pluralistes d’enseignement primaire et secondaire de plein exercice, l’horaire hebdomadaire comprend deux heures de religion et deux heures de morale ». La hiérarchie des sources de droit place la Constitution avant la loi de 1959… Mais on imagine que les débats seront vifs entre les défenseurs des cours philosophiques tels qu’ils existent aujourd’hui et les partisans d’une école débarrassée de ses chapelles… religieuses ou laïques.

Un guide pour sensibiliser les élèves à la problématique de la « cyber-haine » sera aussi rédigé, de même que les acteurs scolaires, qu’ils soient éducateurs, professeurs ou directeurs, seront sensibilisés et outillés à la construction d’une école plus inclusive. La Ministre de l’Enseignement a elle-même confirmé qu’elle envisageait de lancer pour début 2015 un plan de lutte contre le cyberharcèlement en milieu scolaire. L’utilisation intelligente et positive de l’outil informatique sera encouragée et les outils pédagogiques développés par des acteurs reconnus du monde de l’éducation seront mis en avant.

La dimension du genre et de la diversité fera aussi bientôt partie de la formation des enseignants. L’évaluation des manuels scolaires, qui devront intégrer ces valeurs, est aussi prévue.

Une société qui n’exclut personne

Les médias, le sport ou la fonction publique sont également concernés par ces nouvelles mesures. « Avec l’adoption de ce plan, l’ensemble du Gouvernement prend un engagement fort de lutter contre toutes les formes de discriminations » s’est réjouie la Ministre Simonis.

Parce que les jeunes représentent un quart de la population de la Fédération Wallonie-Bruxelles, parce qu’ils incarnent l’avenir et constituent nos meilleurs alliés pour endiguer l’intolérance, les jeunes sont au centre de ce plan. Le Gouvernement s’engage à tout mettre en œuvre pour leur donner une égale chance d’émancipation et des outils pour leur permettre de promouvoir le vivre ensemble. A cet effet, les écoles, les universités, les organisations et mouvements de jeunes ou encore les clubs sportifs, etc. constituent des alliés objectifs pour promouvoir une société plus inclusive, qui n’exclut personne, quelle que soit son origine ou prétendue race, ses convictions, son âge, son orientation sexuelle, qu’elle soit porteuse d’un handicap ou non.

Le combat contre les discriminations ne peut être circonscrit à certains champs spécifiques. Il doit toucher le plus grand nombre et, plus singulièrement, les jeunes. Nous devons les soutenir dans leur capacité d’agir et leur donner les clés du changement.

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